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7 janvier 2015 3 07 /01 /janvier /2015 07:18

 

 

 

Je mis quelques instants à revenir de ma surprise.

C'était bien toi, et la scène qui venait de se produire ne sortait pas tout droit de mon imagination.

 

-J'ai reconnu tes chaussures à leurs pointures, m'informes-tu à voix basse, avec une mine de conspirateur. Et si on allait continuer ce conte de fée ailleurs?

 

Tu me lances un clin d’œil et sans me laisser le temps de te répondre, tu fais le tour du bar pour prendre ta veste.

 

Tu reviens ensuite me prendre le bras gentiment pour me faire descendre de mon perchoir sur lequel je semble scotché.

 

Un monsieur en costume, à la mine renfrognée, interrompt la scène en te hélant:

-Tu vas ou comme ça Aksel? Tu n'as pas finis ton travail!

-Si si m'sieur, pour ce soir ce sera tout! Le sauvetage d'une princesse en déroute est prioritaire à toute autre chose!

-Qu'est-ce tu racontes? Tu te remets au boulot immédiatement! Je n'aime pas ce genre de plaisanterie!

 

A ces mots, je sors enfin de ma torpeur et te murmures: Je peux attendre la fin de ton service tu sais? Ce serait bête que tu perdes ton job à cause de moi!

-Comment ça à cause de toi? Tu veux dire grâce à toi!

 

Puis, tu te tournes vers celui qui semble être ton futur ex-patron et lui lance:

-Désolé mais ce sera sans moi! Soit ça vous convient et je vous dis à demain, soit ...non en fait il n'y a pas d'autres options disponibles!

Et sans lui laisser le temps de réagir, nous quittons le restaurant en riant.

Nous marchons quelques mètres en silence, ne sachant plus trop quoi se dire, sans doute intimidé par cette surprenante aventure, qui n'en finit plus de rebondir.

Soudain, tu m'entraîne dans une petite rue, me plaque contre le mur avec douceur mais fermement. Tes lèvres rencontrent enfin les miennes.

Ce baiser m'a semblé duré une seconde et une éternité à la fois, le temps s'est arrêté, mon cœur a sauté un battement...

J'ai tout de même réussi à penser: C'est trop beau pour durer...

Et ça n'a pas loupé...

Il a bien fallu desserrer notre étreinte...

 

 

J'aurais aimé terminer cette histoire sur une belle note, un Happy End, vous dire que depuis ce moment magique, nos mains s'étaient soudés et que nos pas s'étaient accordés pour prendre le même chemin...

Je pourrais aussi vous conter, de nouvelles péripéties, des difficultés à marier nos vies, des embûches sur notre route, peut-être même une chute...

Qu'en pensez-vous chers lecteurs et lectrices?

Je me suis assise devant mon ordinateur ce matin, pour vous raconter la suite de cette histoire qui pourrait être la mienne.

Mais voilà que je me trouve devant un dilemme.

Pas facile d'éclairer un trou noir, de remplir une épuisette de vérité liquide ou même de mensonges ensablés.

Je dois vous avouer cependant, l'idée qui m'a traversée.

Dans cette histoire comme souvent, j'ai placé la quête de l'amour, de la moitié perdue, au centre des évènements.

Mais...

Tout ceci est du vent.

Durant ces quelques mois sans écrire, je me suis confrontée à cette partie de moi, qui croit que l'accomplissement viendra d'entre les bras de ce bel inconnu, quel qu'il soit.

J'ai fais quelques rencontres, mais aucune ne m'a enflammée.

Des histoires, je sais m'en raconter, je tâche aussi de les partager, mais celle-ci pour l'instant me mène à une impasse.

Mon imagination s'arrête aux frontières de mes connaissances.

Et je suis loin d'être un puits de sciences!

Je me suis si souvent abreuver aux fables de mon enfance, et je ne veux surtout pas blesser cette histoire en souffrance...

 

Alors

Je

Ne

Ferme

Pas

Les

Yeux

Sur

Mon

Ignorance.

 

Bien au contraire, je joue le jeu et ouvre grands mes yeux pour ne rien louper de cette aventure qui est la mienne. Vivre ma vie, en amour libre avec moi-même.

 

C'est pourquoi...l'histoire s'arrête la.

 

 

 

Je publie ce dernier texte, puis mets mon ordinateur en veille prolongée.

 

Je m'étale de tout mon long sur le lit en poussant un profond soupir.

Tu viens te coller à moi.

Juste à sentir ton souffle sur ma joue, je sais que tu m'observe et attends que je réagisse.

Quelques minutes s'écoulent ainsi, ce silence nous rapproche encore un peu plus.

Tu craques le premier:

-Et alors?

-Alors quoi?

-Oh allez!

-Mais allez quoi?

-Tu vas pas nous laisser en plan comme ça?

-C'est qu'une histoire!

-C'est notre histoire!

 

-Non non non, c'est la mienne! Et pis d'abord je fais ce que je veux!

 

-Non mais arrête quoi! T'as mis des mois avant de la continuer, tout ça pour nous pondre une fin aussi affamante! Tu peux pas nous faire ça! Ce serait comme...comme...je sais pas moi, c'est presque comme si tu me plaquais!

 

-Mais tu délires! Tu vas pas me dire que tu compares notre relation à ce que j'écris! C'est de la pure fiction! A peine inspirée de faits réels!

 

-T'as beau jeu de dire ça maintenant, toi qui répètes sans cesse qu'on crée ce que l'on vit, que nos pensées dirigent nos paroles puis nos actes et enfin nos vies! Si tu ne sais pas terminer les histoires que tu écris, ou au moins leur laisser l'espoir qu'elles nous survivent, alors ça ne m'étonne pas que ta vie ressemble à ces esquisses...inachevée!

 

Je me redresse d'un bond, furieuse et te repousse sans ménagement.

-Non mais pour qui tu te prends? Tu crois que tu peux te permettre d'atterrir dans ma vie comme une fleur, sorti de je ne sais quel jardin d'éden, et prétendre me montrer la route du paradis!

 

Je quitte la chambre avec fracas. J'enfile ma veste, prends mes fichus chaussures de pouf-princesse, qui n'auraient jamais dû quitter leur boite, et claque la porte de son appartement.

 

Et c'est à ce moment-là bien sur, que je réalise que j'ai laissé mon sac contenant mes clés,entre autres, à l'intérieur.

Je n'ai même pas pris mes clopes. C'est dire si je suis énervée!

Je fulmine en faisant les cent pas devant sa porte, je ne sonnerai pas, il en est hors de question, mais je ne peux pas non plus partir.

Je finis par me laisser glisser par terre.

Assise contre le mur, je tente de retrouver mon calme en mon concentrant sur ma respiration.Au bout de quelques minutes je ne sais même plus pourquoi je me suis mise dans cet état.

C'est le moment qu'Aksel choisit pour entr’ouvrir la porte timidement.

Il brandit ce qui ressemble à un mouchoir blanc.

-Je viens en paix, chuchote-t-il d'un air contrit.

 

Je ne peux pas m'empêcher d'éclater de rire.

Il me tend la main, pour m'aider à me relever, et nous rentrons dans l'appart' en gloussant comme des gosses.

Faut dire que depuis 6 mois qu'on s'entraîne, on est devenu performant à ce petit jeu.

C'est une espèce de sas de décompression, chacun son tour on tape notre esclandre, pour mieux en rire et se retrouver.

Pas facile de faire co-exister deux personnalités aussi éprises de liberté.

Autour d'un thé tu embrayes de nouveau sur le roman.

-Tu veux pas au moins raconter comme on s'est retrouvé à Hawaï, après cette première nuit ensemble? Quand tu m'avais laissé en plan au petit matin, avec un petit mot qui disait: C'était chouette, merci pour tout, je te souhaite un beau chemin... Si t'avais vu ma tête en lisant ça! J'avais l'impression que je venais de rencontrer mon double maléfique!

-Est-ce que tu crois que ça va intéresser les lecteurs? Ça ne passera jamais! On tombe dans le pur roman à l'eau de rose, le truc dégoulinant comme je déteste! C'est pas crédible cette histoire, comment imaginer que tu te rendes à l'autre bout de la planète pour me retrouver? Alors que tu me connaissais à peine et que j'avais tout fais pour te décourager?

-Et que si c'était à refaire même pas j'hésiterai?

-Chiche!

-Ah non, la prochaine fois c'est ton tour d'être le chat.

-Haha, ok, tu pars, n'importe ou, mais tu me laisses quand même quelques indices!

-Parfait, mais promets-moi que tu vas me chercher.

 

Je me jette à ton coup en criant: Trouvé!

 

 

 

 

 

 

Un peu de nous?
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11 décembre 2014 4 11 /12 /décembre /2014 01:12

 

 

 

Je suis désolée

 

Si je ne réponds pas à tes attentes, à tes espoirs, à tes désirs

 

Je suis désolée

 

Si tu te sens blessée, trahie ou humiliée, faible ou méprisée

 

Je suis désolée

 

De ne pas toujours te satisfaire, de parfois te taire ou pire de ne pas t'écouter

 

Je suis désolée

 

Pour toutes ces fois ou je t'ai détestée, négligée, harcelée

 

Je suis désolée

 

Car je sais que je recommencerai

 

 

 

S'il te plaît pardonne-moi

 

Je fais de mon mieux pour m'améliorer

 

S'il te plaît pardonne-moi

 

Car c'est ensemble qu'on peut avancer

 

S'il te plaît pardonne-moi

 

C'est ainsi qu'on apprend

 

S'il te plaît pardonne-moi

 

Car je sais que tu me comprends

 

S'il te plaît pardonne-moi

 

Même quand tu m'en veux

 

S'il te plaît pardonne-moi

 

Ça fait partie du jeu

 

 

Je t'aime

 

Envers et contre tout, et surtout contre moi

 

Je t'aime

 

Avec tes travers et même ta mauvaise foi

 

Je t'aime

 

Les jours de colères, les jours de nuit, les jours sans joie

 

Je t'aime

 

Et pourquoi plaire si ce n'est d'abord à toi

 

Je t'aime

 

Quoi qu'il arrive et même s'il n'arrive pas

 

Je t'aime

 

De plus en plus, de mieux en mieux, du cœur au corps

 

Je t'aime

 

Pourquoi le nier, à raisons comme à torts

 

Je t'aime

 

C'est un mystère que je veux percer mais sans combat

 

Je t'aime

 

Car de toute les manières, celle que je préfère c'est toi

 

 

Merci

 

De me supporter, vaillamment et sans faillir

 

Merci

 

Même si souvent j'ai pas les mots pour le dire

 

Merci

 

De ton soutien, de ta loyauté exemplaire

 

Merci

 

D'entretenir ta part de mystère

 

Merci

 

Des lendemains, de l'aujourd'hui, de ton sourire

 

Merci

 

Et même de rien, juste pour le plaisir...

 

 

Cecyle

 

Chère moi,
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22 octobre 2014 3 22 /10 /octobre /2014 02:47

 

 

 

Je suis dans mon appartement, je discute calmement, posément, avec celui qui pendant 3 longues année me fit vivre un calvaire.

Il est avec une jeune femme, qui l'a visiblement convaincu de venir ici. Un copain est à mes côtés et je me sens protégée.

Nous discutons de notre enfant, je lui apprends comme il a grandit, qu'il est en CE1, que tout va bien à l'école, et à côté aussi, c'est un petit garçon plein de joie de vivre, épanoui, mais à qui il manque un personnage essentiel dans sa vie...Son père.

 

Je guette les réactions de cet homme qui a partagé ma vie, que j'ai cru connaitre et qui, du jour au lendemain, m'a fais basculer dans un cauchemar. Je me demande, ce n'est pas à ce moment-là qu'il pète un plomb? Ce n'est pas là qu'il me dit que tout est de ma faute, que je suis la pire des connasses? Ce n'est pas là qu'il se lève et me tape dessus, comme si j'étais un punching ball et que ma seule fonction vitale était de le défouler?

Non.

Il ne bronche pas.

Il reste stoïque, mais je sens qu'il bout intérieurement.

Je me méprend. Peut-être a-t-il appris à discipliné ses émotions? A ne plus se laissé dominer par elles?

La jeune femme demande: Son papa lui manque?

Et moi j'embraye: Bien sur qu'il lui manque! Il lui manque un homme fort qui assume ses faiblesses. Il lui manque un confident quand maman déconne ou est la source du problème. Il lui manque un modèle qui lui montre la voie. Il lui manque des bras musclés et poilus qui chasse ses chagrins en l'enlaçant tendrement. Il lui manque le regard bienveillant posés sur ses pas, celui qui ne le juge pas mais l'accompagne sans lui barrer la route. Il lui manque tellement de toi. Bien sur j'essaie de combler les trous, comme je peux. J'ai tenté de trouver des remplaçants mais rien à faire, ils assurent un moment puis taillent la route et adieu.

Assis en face de moi, sur un fauteuil il fuit mon regard. Il semble tout petit, un petit garçon que sa mère serait en train de gronder.

Je me rends compte que je parle avec un peu trop de véhémence.

Je baisse d'un ton et change un peu de sujet.

Je lui demande comment vont les chiens, ils sont là près de nous, ils ont vieillis, comme nous, mais sur eux ça se voit plus.

Il me répond qu'il vont bien, oh bien sur ils trainent la patte, ne sont plus aussi fringants que dans le temps, Pista est presque aveugle et Chucky presque sourd. Il en profite pour placer une pique contre moi, insistant comme, heureusement, il a eu la merveilleuse idée de le récupérer après que je l'ai donné à un fermier.

J'encaisse le coup bas, je ne veux surtout pas rentrer dans le jeu des reproches.

D'ailleurs j'enchaine. Je lui répète combien notre enfant le réclame. Combien lui aussi a besoin de lui. Je le flatte comme je peux. Je lui dis qu'avant ses conneries, il était un excellent père, soucieux du bien-être de son enfant, qui savait prendre du temps pour lui, pour jouer, pour le câliner...

Je sens qu'en face de moi, imperceptiblement, il se referme. Mon copain prend alors le relais, il lui dis comme sa place auprès de son fils est préservé, qu'il ne tient qu'à lui de la reprendre. Il lui dis qu'il a de la chance, car d'autres mères n'auraient eu aucun scrupule à le descendre plus bas que terre, ce que je n 'ai jamais fais.

C'est alors qu'il se lève, en colère, subitement, sa copine tente de le faire se rassoir, d'ailleurs elle surenchérit sur ce que nous venons de dire, lui disant: Tu vois? Tu peux reprendre ton rôle de papa, il n'attend que ça!

Mais non, la trêve est finie, il prend ses chiens et gagne la sortie.

Sa copine le suit et mon ami aussi.

Il tente encore une fois de le raisonner, je les entends négocier sur le palier.

C'est alors que tout bascule.

Je le sens, je le sais.

Ma porte d'entrée s'est refermée derrière eux mais elle est vitrée sur toute la moitié supérieure et je vois mon ex au travers.

Son regard est rempli de haine et son sourire ressemble plus à une grimace. Une peur panique s'empare de moi.

Sa copine a également changé de comportement et même de faciès.

Elle qui tout à l'heure exprimait la douceur, se met maintenant à ricaner méchamment.

Ils restent tout deux devant la porte, à échanger des messes basses avec des mines de conspirateurs.

Je comprends que ça ne va pas en rester là.

Ils montrent à plusieurs reprises mon appartement du doigt, et ils passent des coups de téléphone, les bribes de conversations qui me parviennent, me laissent entendre qu'ils projettent de rentrer chez moi, de me défoncer la figure et de voler tout ce qu'ils peuvent.

Je perds pied, je commence à éteindre tout les appareils électriques qui fonctionnent dans la pièce principale, et je réalise à ce moment que j'ai au moins ou 4 ou 5 chaînes Hi-fi, sans pouvoir me l'expliquer. Peu importe, je les fais taire les unes après les autres.

Je me dis aussi qu'il faudrait que je ferme la porte à clé, mais je n'ose pas tant qu'ils sont devant.

A un moment il s'éloignent un peu, et je vois que c'est à cause de mon voisin qui rentre chez lui. Je vais pour en profiter et me boucler à double-tour mais quelque chose m'arrête net. Je vois mon fils, en bas des marches, qui discute avec son père. Il est souriant, ravi de le revoir après tout ce temps. Il montent ensemble les escaliers et entre dans mon appartement.

Une fraction de seconde j'espère que tout est réglé, que le père de mon fils, par sa présence, va se calmer. Mais il n'en est rien.

Mon fils me lance: Regarde qui est là maman!

Son père lui répond, t'inquiète, on s'est déjà vu, mais j'en avais pas fini avec ta salope de mère.

Notre fils rigole un peu, surpris d'entendre pareille grossièreté dans la bouche de son géniteur.

L'homme s'avance vers moi, menaçant.

J'ai tout juste le réflexe d'attraper une chaise, que je met devant moi en bouclier, et je dis d'une voix sourde à mon fils: Monte dans ta chambre, tout de suite!

Mon ex s'avance encore, mais mon fils m'obéit sur le champ.

Je lève la chaise au-dessus de ma tête, et contre toute attente, je m'avance, rageuse, avec l'énergie de celle qui se moque de la peur, qui choisit de la transformer en colère protectrice.

Il hésite un peu, recule en riant pour se donner une contenance.

Je parviens à le repousser jusqu'au sommet des marches, et grâce à cela, je lui claque la porte au nez et ferme tout les verrous possibles.

Ses yeux lancent des éclairs de haine et je sais qu'il ne va pas en rester là.

Je me rue sur le téléphone, compose le numéro de la police et m’agrippe au combiné en attendant une réponse, tout en surveillant les mouvements de l'extérieur.

Une femme me répond, me dit qu'elle est désolée mais qu'actuellement toute les patrouilles sont en service, que peut-elle faire pour moi?

Affolée, je parviens au prix de gros efforts à maîtriser ma voix chevrotante et à articuler de manière audible: S'il vous plait, je suis au 6 rue des ajoncs, à saint nazaire, mon ex est devant ma porte, il cherche à rentrer chez moi pour m'agresser, il a déjà été condamné pour violence contre moi, et il a fait de la prison pour ça. S'il vous plait, il faut que quelqu'un vienne au plus vite.

Pendant ce temps il me regarde à travers la vitre et se moque de moi, me fait des gestes obscènes, esquisse même des pas de danse, comme si tout cela l'amusait au plus haut point.

La secrétaire me répond gentiment, tente de me calmer.

Je vois mon ex faire demi-tour, descendre les marches à toute allure.

Il monte dans une voiture qui vient d'arriver, fait hurler le moteur et entreprend de défoncer le portail extérieur avant de commencer à gravir les marches.

Mon fils descend me rejoindre, apeuré, nous traversons la salle du côté opposé, sortons côté jardin et refermons soigneusement derrière nous, conscient que ces deux pauvres portes vitrés sont de bien maigres remparts entre nous et ce taré.

J'entends un déclic au téléphone et on me met en relation avec une patrouille, la femme qui me parle maintenant me dit que tout va bien, qu'ils sont en route et ne devraient plus tarder, elle me demande de répéter la raison de mon appel et le lieu ou je suis.

C'est alors que je vois la voiture de mon ex surgir dans le salon, démolissant tout sur son passage.

Le chaos total, des pans de murs chutent de tout les côtés, je m'entends hurler, un son inhumain sort de ma bouche et j'ai du mal à l'arrêter.

Je colle ma bouche au combiné, tout à coup persuadé de m'être trompé dans l'adresse que je leur ai donné...

Je suis plongé dans le noir et murmure: Allo madame?

J'ouvre alors les yeux, il fait nuit, j'entends ma respiration saccadée, je réalise que je suis dans mon lit, chez mon amie à Avignon. Ce n'était qu'un cauchemar et pourtant je répète: Allo madame?

Il est 03h30 du matin.

 

Le retour de celui dont on ne dis pas le nom
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2 octobre 2014 4 02 /10 /octobre /2014 04:16
Moi, lui et toi

 

 

 

Ce samedi matin je m'autorise une grasse mat'.

Les émotions de la veille m'ont épuisée.

Mes rêves, reflets de mon désordre intérieur, m'ont emmenés sur des sentiers oubliés.

"J'étais nue sous la douche, dans une salle de bain qui pourrait être la mienne si j'avais une piscine municipale à domicile. Je réfléchissais au sens de ma vie. Quand soudain entre un homme, nu lui aussi. Je sursaute et lance:

-Hey!!! Te gêne pas! Sors de là tout de suite!

Et lui confus mais profitant tout de même du spectacle qui bafouille:

-Oh pardon, mais en fait c'était plus fort que moi, je voulais voir ce que tu cachais.

-Ca va pas la tête? Dégage!!!

Et lui repart comme si de rien n'était.

Et c'est seulement à ce moment que je réalise que cet homme, c'était Julien, l'ex avant l'ex, c'est à dire avant Fabien."

Celui qui traine toujours un peu dans ma tête comme référence de l'homme idéal. Mais bon je m'égare, ceci est une autre histoire.

Aussi, quand je me réveille et que je remet un peu d'ordre dans mes esprits, je ne peux m'empêcher de râler! Comme si j'avais besoin d'un homme de plus pour me compliquer la vie!

Et puis, ce fameux Julien, devenu presque totalement absent de ma vie depuis déjà quelques temps, est le cadet de mes soucis!

Revenons à nos moutons, me dis-je, ou plutôt à nos mecs.

J'allume l'ordinateur, ouvre le traitement de texte et écris ceci:

 

D'abord il y avait Aksel, qui me chamboule le cœur et disparaît aussi vite comme s'il n'avait jamais existé. Puis Fabien qui revient, et me dit exactement ce que je rêvais d'entendre encore un mois avant. Sauf que depuis...

Depuis quoi? Y a rien de vraiment nouveau dans ma vie. Juste un mec qui passait par là mais que je ne reverrais sans doute jamais...Alors que Julien c'est du concret! Heu...Fabien je veux dire. Si je me met à faire des lapsus par écrit je ne vais pas m'en sortir! Hey? Le moi-même plus objectif? Tu voudrais pas m'aider un peu stp?

 

Je guette mes doigts, pensant que ce qui s'est produit une fois ne pourra se répéter que si je reste concentré. Mais rien. Le néant.

Alors mon esprit décroche et s'en va planer quelques minutes dans le cosmos.

Quand mes pieds retouchent terre, je réalise que des mots s'alignent sur l'écran.

 

"Haha, l'histoire se corse n'est-ce pas? Voyons comment tu va réagir...Fabien? Aksel? Julien? Et pourquoi pas le boulanger, le facteur, le voisin? Y a pas un truc qui te choques dans tout ça?"

 

Ce qui me choque c'est que le moi plus objectif puisse être si...

Bon je trouve pas de mots mais tu m'énerves!

 

Et vite, vite, je ferme la page sans l'enregistrer, pour ne pas lui laisser le temps de réagir.

 

Me voilà pas plus avancée...

Mon fils me réclame alors je me secoue et le rejoins pour un petit-déjeuner tardif.

Il m'abreuve de ses histoires de nintendo ds et de animal crossing , mais moi je suis déjà à ce soir, en train de réfléchir à comment je vais m'habiller, est-ce que je vais me faire belle? Pas trop, sinon il va croire que c'est gagné. Mais un peu quand même sinon il va croire que je m'en fous. Au fait? Je m'en fous ou pas?

Pfff...

Et je tourne en rond comme ça dans ma tête, jusqu'au soir.

Fabien m'envoie un texto, me signalant qu'il m'attend en bas, pour éviter de voir Judikaël sans doute.

Cela m'agace, même si je préfère aussi que mon loulou ne se fasse pas une fausse joie.

Je le fais poireauter un peu, puis finis par descendre les 3 étages.

Quand je le rejoins sur le parking, il me brandit un bouquet de fleurs tout en prenant ma main et en y déposant un baiser.

-Mademoiselle, vous êtes charmante. Est-ce que je peux vous emmener quelque part dans mon carrosse?

 

Il accompagne ses mots d'un geste vers son vieux break fatigué.

 

Son air emprunté me donne envie de rire et à la fois il me gave. Il sait, ou en tout cas devrait le savoir maintenant que je n'aime pas les fleurs. Ou plutôt si, je les aime! Mais dans un jardin, reliées à la terre. Pas à l'agonie dans un vase!

Bref, je choisis la diplomatie, ce qui n'est pas mon fort je l'avoue.

 

-Oh, ce mois passé avec ta Julie t'a fais oublié mes goûts en matière de cadeaux? T'inquiète pas, je crois qu'il offre des cours de rattrapages à la maison de quartier.

 

Pour lui c'est la douche froide.

 

-Tu plaisantes?

-A moitié...Bref, merci. Tu as remis tes boucles d'oreilles et ton collier à ce que je vois.

 

Il sourit un peu gêné.

 

-Oui, ça me manquait aussi.

 

Il les avais retiré pour plaire à sa Julie. En effet, cette femme, bien plus conventionnelle que moi, trouvait sans doute que cela n'était pas très sérieux ou viril pour un homme.Et comme il avait décidé de rentrer dans le rang...

 

Il baisse les yeux vers mes pieds, puis relève la tête, contrarié.

 

-T'as mis tes chaussures à talons? Tu sais que je me sens tout petit à côté de toi avec ça.

-Mais c'est le cas mon cher! Haha! Et bien oui, sache que tu as l'honneur de les sortir pour la première fois. Mais ne t'en fais pas, je ne sais absolument pas marcher avec, aussi je ne devrais pas être longue à les retirer. Bon. Où allons-nous?

-Le restaurant où nous avions été la première fois tu te souviens? A la Baule.

 

Il est sans doute soulagé de ma tenue, sobre mais assez classe pour ce restau bon chic, bon genre.

Je feins l'enthousiasme:

-Super! C'est parti alors.

 

Pendant le trajet on parle peu, je monte volontairement le son de la radio, afin de me concentrer sur autre chose que le fait que je n'ai déjà qu'une envie: rentrer chez moi!

Nous entrons dans le restaurant, lui devant, moi derrière, le dépassant d'une bonne tête avec le mètre 90 que m'apporte mes superbes escarpins.

Je tâche de garder mon équilibre jusqu'à la table, avec succès je dois dire, et les regards des clients dans la salle qui accompagnent mon périple, m'encouragent à éviter tout incident.

Fabien remarque aussi ces yeux braqués sur nous et il en est fier. Il se redresse et lance un sourire généreux à l'assemblée. Nous formons un beau couple de star...imaginaire.

La serveuse nous installe à la terrasse en arrière-salle, un peu plus intime que la salle principale et où on a l'avantage de pouvoir fumer.

A peine assise et débarrassée de mes douloureuses chaussures de princesse, je me roule une cigarette, histoire de me donner une contenance.

Nous commandons rapidement et entrons dans le vif du sujet.

C'est Fabien qui commence.

 

-Tu as réfléchis?

-Je n'ai fais que ça!

-Et alors?

-Alors je ne sais pas trop.

-Tu as besoin de plus de temps?

-Non.

-Alors quoi?

-Ce que je ne sais pas trop, c'est comment j'ai pu ne pas remarquer jusqu'ici à quel point tu étais fade et sans intérêt. Tu m'as séduite avec des apparats , mais une fois cette couche enlevée, je vois l'homme que tu es et je me dis: quel ennui!

Il me fixe avec des yeux ronds, le pauvre, j'ai presque pitié de lui.

-Tu es tellement influençable, tu es mignon, certes, tu cherches à plaire à tous, mais tu es totalement dénué de personnalité. Tu es malléable comme de la pâte à modeler. Mais tu as le même inconvénient qu'elle. Tu colles aux doigts et ton parfum devient vite écœurant.

Il en avale de travers sa gorgée de vin.

Je me lève pour lui tapoter le dos avec condescendance.

-Ça va aller?

-Hum. Merci! Tu peux me dire pourquoi on est là alors? Pourquoi tu as accepté mon invitation? Tu aurais pu me dire tout ça avant non?

-Non, je n'étais pas encore sûre.

-Qu'est-ce qui a changé depuis tout à l'heure?

-Quelques trucs. Le fait que tu passes deux plombes à choisir un vin, histoire d'épater la serveuse par tes connaissance œnologiques. Et puis que tu n'assumes pas d'être avec la femme géniale que je suis, à moins que j'ai le déguisement qui te mettes le plus en valeur possible. Et puis j'avais besoin de vérifier.

-Vérifier quoi?

Son ton monte un peu, mais il se maîtrise, histoire de ne pas trop attirer l'attention.

-Vérifier que mon cœur ne battait pas plus pour toi que pour le nain de jardin, là, derrière toi. Non, excuse-moi, je suis vilaine mais j'exagère à peine.

 

Il reste silencieux quelques instants puis:

 

-Franchement, je ne m'attendais pas à ça de toi.

-C'est bien le problème, tu le sais. Tu attends toujours quelque chose de ma part et comme cela correspond rarement à ce que je te donne, tu es déçu. Mais tu rates aussi pleins de choses! Je crois que ce que tu m'auras vraiment appris c'est ça. Aimer ce n'est pas attendre quelque chose de l'autre. C'est offrir, s'offrir et prendre ce qu'on nous donne avec joie. Et si ce n'est pas le cas. Alors next.

-Next?

-Oui next. Suivant quoi. Désolée Fabien, mais cette parodie de couple est bel et bien finie.

 

Je commence à me lever, il tente de me retenir.

-Tu te venges c'est ça? Et toi qui me saoulait de belles paroles comme quoi tu n'étais pas rancunière, blablabla...

-Si je m'étais vengée mon chou, t'aurais eu bien plus mal que ça. Là je ne fais qu'énoncer des évidences, je ne comprends même pas que tu sois surpris. Je crois qu'il est temps que tu cesses de te mentir à toi-même sur qui tu es et sur ce que tu désires.

Je me penche à son oreille et ajoute:

-T'inquiète pas, y aura toujours une Julie ou une autre pour te consoler et te rassurer en attendant que tu deviennes un homme.

 

Sur-ce je sors du restaurant, tête haute et sourire aux lèvres.

Ce n'est qu'une fois dehors que je réalise que je suis à pieds. Nus qui plus est car j'ai oublié mes chaussures sous la table et qu'il est hors de question que je retourne les chercher. Ma fierté me l'interdit. Ma sortie était trop belle!

Cependant j'y tiens à mes escarpins roses! La première paire que j'ai trouvé à ma taille, du 45 je le rappelle, ces vrais chaussures de fille qui m'ont toujours fais envie sans que je puisse m'en offrir jusqu'à maintenant, ou avec la magie d'internet, tout devient possible!

 

Je décide de m'asseoir à l'écart et d'attendre que Fabien s'en aille, je pourrais alors les récupérer.

Heureusement pour moi, il ne tarde pas. Une demi-heure plus tard il monte dans sa voiture et démarre en trombe, ne s’apercevant même pas de ma présence.

 

Je finis ma cigarette puis rentre dans le restaurant, un peu gênée. J'aborde la serveuse qui vient à ma rencontre l'air surprise.

-Excusez-moi mais j'ai oublié mes chaussures sous la table en partant.

-Ah oui, allez voir le barman, je crois que c'est lui qui les a.

 

Allons bon, peut-être que c'est un drag-queen. Et voilà que je rigole toute seule. Je m'approche du bar mais je ne vois personne. C'est déjà la fin du service et il reste deux personnes qui finissent leurs cafés.

Je me perche sur un tabouret, et profite de ce temps pour réfléchir à comment je vais rentrer chez moi. Il y a bien 15 km à marcher et ça me semble beaucoup! J'envisage le stop et tente de calculer par où il serait plus judicieux de passer, quand quelque chose attire mon attention.

Le barman est agenouillé devant moi et est en train d'enfiler les talons à mes pieds!

Je n'ai même pas le temps de réagir qu'il se relève et me voilà si surprise que je manque de basculer en arrière sur mon siège.

-Aksel?

-Bonsoir princesse, ou puis-je t’appeler Cendrillon directement?

 

La nuit réserve encore quelques surprises...

 

Moi, lui et toi
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29 septembre 2014 1 29 /09 /septembre /2014 01:57
Lui et moi

Le réveil est brutal.

Mon petit loulou toque à ma porte:

-Maman il faut se lever!

Puis, sans attendre ma réponse il entre dans ma chambre et viens se blottir contre moi.

-Mmmmh?

-Maman?

-Moui...

-Est-ce que je peux appeler Fabien?

-...

-Steuplé!

-Heu, ola, attends j'émerge!

 

Depuis plusieurs jours déjà il me pose la question régulièrement.

Pour que vous compreniez, je dois vous expliquer deux-trois détails.

Mon loulou, qui a maintenant 7 ans, n'a pas de papa.

Ou plutôt, techniquement, il en a un, mais il est en grève depuis quelques années.

Alors, quand Fabien est arrivé dans notre vie, mon fils s'est empressé de s'attacher à lui! Et puis Fabien lui a mâché le travail, il s'est impliqué rapidement et de plus en plus, jusqu'au point ou Judikaël, mon petit loup, en parlait en utilisant le terme "beau-papa". Ce qui n'est pas rien. Même avec le fils de Fabien, ils se considérait comme demi-frères.

Donc, mon fils a beau savoir que la relation entre Fabien et moi est terminée, il ne comprend pas pour quelles raisons il en serait privé. D'autant que Fabien lui a assuré qu'il serait toujours là pour lui...

Bref, on fait des promesses en l'air et ensuite on s'étonne qu'on nous demande des comptes.

Je n'ai aucun droit de m'interposer dans ce désir de mon fils. Malheureusement, Fabien n'assume pas cet engagement et il m'a clairement fait comprendre qu'il ne voulait plus entendre parler de nous...

Mais comment expliquer ça à mon fils, qui vit déjà mal l'abandon de son père...

Pour ce matin encore, je botte en touche.

-On verra ce soir mon loulou, pour l'instant va t'habiller et prendre ton petit-déj’.

Il s'exécute mais je sens qu'il ne sera plus dupe longtemps sur ce sujet.

 

Donc, la journée commence mal, dans ma tête ça tourne toujours pas rond, entre mes délires de la veille et ce matin, je suis plus trop sûre de rien.

La journée s'écoule lentement, les heures se trainent, et à vrai dire, je ne sais pas ce que j'attends.

Arrive enfin le soir, je suis épuisée, j'ai comme le sentiment d'être totalement vide et inutile.

Je traine ma couenne jusqu'à mon lit et tente de trouver un échappatoire sur la toile.

 

Soudain, un bruit léger en provenance de ma porte d'entrée me sort de ma torpeur.

Je regarde l'heure, il est 22h22, je n'attends personne.

Je tends l'oreille pour vérifier si le bruit se répète.

Le son est ténu mais distinct, quelqu'un frappe!

 

Je me lève d'un bond, ouvre la porte de ma chambre le plus doucement possible et me faufile en silence dans le couloir.

Je colle mon œil au judas, tout en retenant ma respiration. Il m'est déjà arrivé qu'un voisin bourré se trompe d'étage, et je n'ai aucune envie de signaler ma présence.

Mais ce n'est pas un voisin. C'est pire!

 

Je vois la silhouette faire demi-tour et repartir en direction de l'escalier.

C'est plus fort que moi. Je déverrouille la porte et l'ouvre en grand.

-Fabien?

Il s'arrête net. Se retourne lentement et revient vers moi, et la vision qui se superpose dans ma tête est celle d'un chien rampant vers son maître, la queue entre les jambes, conscient qu'il a fait une connerie.

 

-Tu dormais?

-Non, pas vraiment. Tu veux entrer?

-Oui à moins que cela te dérange? T'es peut-être pas toute seule?

 

C'est Fabien tout craché. Il me largue pour une autre et il me soupçonne de l'avoir remplacé aussi vite que lui.

 

-Mon amant vient de partir t'inquiète, il reste jamais toute la nuit.

-Ok ok en fait je vais repartir, c'était pas une bonne idée...

-Je plaisantais! Allez, entre.

 

Je le précède et me dirige instinctivement vers la cuisine, je sens sa présence comme une intrusion dans mon intimité, et c'est bien la première fois.

Je lui propose à boire, il décline.

Il reste planté là, l'air coupable, sa nervosité commence à me contaminer.

-Qu'est-ce qu'il t'arrive? Je ne m'attendais pas à ce que tu te pointes. Dans ton dernier message, tu me signalais que mon univers immature et déséquilibré ne t’intéressais plus. Si je me souviens bien tu finissais même par: "Adieu".

 

Il se décompose encore un peu plus mais reste muet.

 

-"Bon ben je vais essayer de deviner ce qui t'amène alors! Comme première option je verrais bien une brusque crise existentielle que ta nouvelle copine n'aurait pas su gérer, et tu t'es dis, tiens! Et si je retournais voir ma psy préférée? Haha. Non? Je me trompe?"

 

Il se déride un peu mais on a vu mieux!

 

"Ok, deuxième option, la faute à pas de chance, t'es en panne de voiture juste en bas de chez moi et comme par hasard ton portable n'a plus de batterie, donc t'as juste besoin de mon téléphone? Hum, non ça colle pas, je pense que t'aurais choisi d'aller demander de l'aide n'importe où plutôt qu'ici. Bon, je crois que le plus simple c'est encore que tu t'exprimes tu crois pas?"

 

-Je pensais que tu trouverais toute seule.

-Ben tu vois non, j'ai désactivé le programme: lecture des pensées de Fabien, ça prenait trop de giga dans ma mémoire vive.

-T'es en colère?

-Pas du tout, mais j'étais sur un jeu passionnant avant que t’arrive et il me restait plus que 4 carottes à obtenir pour finir le niveau. Tu comprends, c'est important pour mon déséquilibre intérieur de conserver mon immaturité...

-Un point pour toi. Pourquoi tu m'as laissé entrer alors?

-Parce que je suis curieuse avant tout! Alors abrège mes souffrances s'il te plaît, et explique-moi ce que tu fais là!

 

Il prend une grande respiration et commence:

"Tout d'abord, je suis désolé d'arriver à l'improviste, mais je me suis dis que c'était mon tour, que j'avais le droit. Dans nos précédentes ruptures, c'est toujours toi qui a débarqué, pour recoller les morceaux, avec succès d'ailleurs.

Je suis venu te présenter mes excuses. J'ai été idiot, j'ai agis dans la précipitation comme je sais si bien le faire. Je pensais que nous étions dans une impasse, que tu n'étais pas la bonne personne pour moi, que je n'étais pas celui qu'il te fallait également. Quand Julie s'est pointée dans ma vie j'ai cru que c'était elle. J'ai alors choisis de couper totalement les ponts avec toi car je craignais de ne pas réussir à t'oublier sans cela. Mais je me suis planté! Même ainsi je ne parviens pas à te sortir de ma tête, tu ne me lâches pas.

Et puis, Judikaël me manque aussi, je m'en veux de le laisser tomber, je me rends compte que ce n'est pas vous que je voulais quitter mais moi, je ne me reconnaissais plus.Depuis quelques jours, j'ai compris que vous fuir était une erreur, car non seulement je ne me sens pas mieux mais en plus je culpabilise. Je sais bien que ça ne suffira sans doute pas à réparer mes conneries et à vous retrouver mais je me suis dis que je devais essayer."

 

-Et ta Julie dans tout ça?

-C'est terminé depuis hier.

-Hé ben, tu perds pas de temps toi! Franchement, je sais pas quoi en penser. C'est si...surprenant!

-Tu sais que je n'aime pas jouer les girouettes, même si c'est ce que je fais le mieux en ce moment...Écoute, je ne reste pas, mais je ne pouvais pas attendre plus, il fallait que je te vois...tu m'as tellement manqué...

 

Il s'avance vers moi en tendant les bras, j'accepte l'étreinte mais mon corps est tendu comme un bout de bois.

Il le sent, accuse le coup et adopte un repli stratégique vers la sortie.

Je le raccompagne à la porte, l'esprit plus embrouillé que jamais.

Il se retourne un peu brusquement, me prend de nouveau dans ses bras et m'embrasse.

Je me laisse faire 3 secondes puis le repousse gentiment.

 

-Excuse-moi, j'aurais pas du...

-Non, non c'est bon t'inquiète. J'ai juste besoin de reprendre mes esprits.

-Et si on se faisait un restau demain soir et qu'on en parlait à tête reposé?

 

Je le laisse un peu mariner puis:

-Ouais, ça me va. A demain alors.

-Bonne nuit.

-Toi aussi.

 

Je ferme la porte un peu trop vite à mon goût.

Je retourne me glisser sous ma couette, j'ai le cœur qui bat à toute allure, et je réalise que je suis glacée.

Je fixe le plafond et me dis tout haut:

-C'est de plus en plus le bordel dans ma vie...

 

Et voilà qu'un nouveau jour se lève.

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24 septembre 2014 3 24 /09 /septembre /2014 00:41
Moi et moi 4

 

 

 

 

31 jours.

J'ai tenu 31 jours à tromper l'ennui.

Soit 44640 minutes environ.

Oui je compte aussi les minutes de sommeil, parce que même dans mes rêves je ne faisais qu'esquiver ton souvenir.

Et ce matin, va savoir pourquoi, je sors de ma léthargie.

Sans doute est-ce la faute de Nono.

Et je dis pas ça méchamment, non non, même si je sais qu'il va râler en voyant que je braque les projecteurs sur lui.

Il m'a juste dit:

-Bonjour. Enfin, pour la forme hein, car depuis un mois on dirais qu'il n'y a plus que le jour sans le bon. Tout ça pour un mec sorti de ton imagination. Qu'est-ce que ça aurait été s'il avait été réel! Même ta rupture avec l'autre a été moins chiante que ça!

 

Je vous passe la suite car j'ai peur qu'il finisse par me réclamer des droits d'auteur...

Bon, je ne sais pas pourquoi, mais ses mots m'ont réveillés.

J'ai relevé les manches de mon pull imaginaire et je suis allé bosser pleine d'un entrain surjoué.

 

Tout d'abord, je suis allée voir mes collègues, deux pour commencer, je savais que l'une ou l'autre allait pouvoir m'aider.

Je leur ai expliqué le topo sans entrer dans les détails.

Je voulais savoir qui était le fils de Julie. La seule info que j'avais pour le trouver était que c'était un garçon, qu'il était en CM1 et que sa mère était un canon. Bien sur, je m'en foutais de son fils, je voulais surtout obtenir son nom de famille afin de remonter jusqu'à toi.

Ça me paraissait plus simple que de sonner à tout les appartements de son bâtiment, d'autant que je n'avais absolument aucune envie de tomber sur elle.

Je suis pas rancunière mais j'ai mes limites.

Mes collègues se prirent au jeu de cette petite enquête et en quelques jours c'était réglé.

Sauf que pas de bol, on n'avait que son nom d'épouse, ou plutôt de divorcée, et ça ne m'avançait guère!

J'ai bien tentée d'appeler en me faisant passer pour une société de sondage, je me suis dis qu'en bonne ex, elle corrigerait son nom par automatisme, comme moi j'ai pu le faire parfois. Mais non, elle s'est contentée de me raccrocher au nez sans plus de formalités.

 

 

J'étais sur le point de baisser les bras à nouveau.

J'étais là, devant mon pc, à scruter la page vierge comme si elle se plaisait à me torturer.

Mais, voilà que mes doigts m'échappent!

Et je regarde, fascinée, ce qui s'écrit:

"Il avait raison. Tu n'étais pas prête, et tu ne l'est toujours pas. Tu n'y crois pas! Tu ne pense pas honnêtement mériter une belle histoire d'amour. Tu penses toujours que quand c'est trop beau ça cache quelque chose. Que si le ciel est bleu c'est que l'orage approche. Que le calme annonce la tempête. Qu'après les moments de joie, la déception te guette... Ton esprit est embrouillé d'un tas de déchets émotionnels et tu voudrais que ça change sans changer toi-même! Au boulot! Entraine-toi. Tel Jean Claude Van Damme dans Kickboxer, comprend qu'il ne dépend que de toi de vivre un rêve éveillé ou un cauchemar de mille et une nuit."

 

Je reste quelques minutes à lire et relire ces lignes. Je me demande si c'est une blague, si un virus est responsable d'un tel prodige, mais je n'ai jamais entendu parler d'un qui serait capable de contrôler mes doigts!

Alors je tente un truc.

 

J'écris:

"T'es qui toi? Et comment fais-tu pour m'utiliser? Et pourquoi tu me parles de Jean Claude Van Damme???"

 

Comme la fois précédente, mes doigts reprennent vie, indépendamment de mon esprit:

 

"Qui, comment, pourquoi? Autant de questions inutiles. Je pourrais te répondre ce que je veux tu ne me croirais sans doute pas. Tu n'as qu'à te dire que je suis une partie de toi plus objective. Tu as enfin décidé de me laisser m'exprimer. Et si je te parle de JCVD, c'est parce que dans tes archives mentales il fut un jour une référence pour toi. Je ne peux rien t'apprendre que tu ne saches déjà. Fais ce que je te dis, qu'as tu à perdre?"

 

-Ma santé mentale?

 

Mes doigts restent figés au-dessus du clavier. Aurais-je vexé ma prétentieuse moitié?

 

-Ok, admettons que j'assume ma folie et que je décide de t'écouter, comment je fais pour m'entrainer? T'as un programme à me proposer?

 

-C'est ça, voilà que maintenant tu me demandes le mode d'emploi. Bon, comme je suis sympa et que de ta réussite dépend la mienne, je vais de donner un indice. Comment as-tu fais pour cumuler ces croyances négatives sur tes capacités amoureuses?

 

-Je crois que j'ai fais un peu comme tout le monde. J'ai cumulé des mauvaises expériences et j'en ai tiré des leçons. Rien d'extraordinaire quoi!

 

-Cesse de juger ton vécu. Comment savoir si cela était mauvais ou non? Et si on remontais le temps? Tu penses que c'était une mauvaise chose qu'il t'ait largué pour une autre. Mais sans cela, tu n'aurais peut-être jamais rencontré Aksel? Et la fois précédente, si Julien et toi étiez resté ensemble, tu n'aurais jamais rencontré Fabien. Tu n'aurais pas chanté sur scène, tu ne serais pas parti à la Réunion...tu n'aurais pas eu la chance de vivre toutes ces belles aventures si il y a 10 ans tu n'avais pas divorcé. Bien sur, tu aurais vécu d'autres choses, mais quand à savoir si cela aurait été mieux...

 

-En clair? Je dois oublier tout le négatif et ne voir que le positif?

 

-Tu dois sortir de cette dualité. Rien n'est positif ou négatif en soi. Il n'y a que ce que tu crées qui est réel pour toi. Si tu veux croire que toutes ces histoires t'ont rendu malheureuse et que ce sera toujours pareil, alors c'est ce qui se produira encore et encore. Mais si tu décides qu'aujourd'hui tu es riche de ces expériences, que chacun d'eux t'as guidé à sa manière à découvrir qui tu étais et ce que tu désirais profondément alors tu pourras choisir ce que tu désires vivre à présent.

 

-Est-ce comme cela que je retrouverais Aksel?

 

-Ça se pourrait. Mais ça ne doit pas être ton but. Car si cela n'était pas le cas tu pourrais de nouveau te morfondre. Ta vie est déjà parfaite, tu as tout en main pour être heureuse, mais tu ne veux pas le voir. Il te semble plus simple de croire qu'il te manque quelque chose, un homme, un voyage, une voiture, une silhouette plus svelte...

 

-Je serais pas contre quelques kilos en moins! hihi

-...

-Est-ce que la partie plus objective de moi-même est totalement dénuée d'humour? Non parce que là je vais franchement douter de notre parenté!

 

-Le problème c'est que ta blague n'en est pas une. Bon, maintenant que tu sais ou me trouver, je te laisse muriner* sur cet échange. A bientôt.

 

Je reste quelques minutes à attendre un nouveau texte. Mais mes doigts restent inertes.

Est-ce que j'ai rêvé? Le texte est pourtant sous mes yeux, je l'enregistre en brouillon et décide de m'endormir sur cette réflexion: et si j'avais vraiment le pouvoir de modifier mon histoire et de l'écrire telle qu'elle me chante?

 

Une nuit blanche se prépare...

 

 

*Muriner: Verbe encore ignoré des sources traditionnelles, signifiant à la fois ruminer et murir un sujet de réflexion. ;)

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20 septembre 2014 6 20 /09 /septembre /2014 03:01
Toi et moi 3

La semaine la plus longue de ma vie s'achève enfin.

 

Je me suis formellement interdit de retourner à la plage durant ces quelques jours.

Non pas parce que je ne voulais pas te revoir. Oh non, au contraire! Je voulais juste y voir plus clairs dans mes élucubrations mentales.

Faut dire que j'avais à peine digéré ma rupture que tu te pointais comme une fleur dans mon désert sentimental en construction. J'avais pas choisi d'aimer. J'avais décidé de me rouler encore un peu dans mon célibat imposé.

Je sais que la vie nous réserve des surprises, parfois bonnes et d'autres moins. J'avais tiré comme conclusion hâtive et confortable, que mon chemin sortait définitivement des sentiers amoureux.

Quelle blague! Même moi je savais que j'étais pas crédible, mais qu'importe, on est capable de se convaincre d'un tas de connerie, pourquoi pas celle-ci?

Alors voilà, dans mon planning désenchanté, je ne voyais pas quel horaire t'accorder.

Pense, pense, pense! Que je me suis dit tout d'abord.

Puis, une nuit blanche plus tard: Arrête de penser malheureuse! Tu vois pas que ça te bouffe la tête! Concentre ton esprit sur n'importe quoi d'autre! T'y verras plus clair ou tu oublieras. Et ce sera peut-être mieux comme ça.

Mais, étrangement, Alzheimer ne se déclenche pas comme on le veut.

Le jour d'après je me suis résignée, tu inondais mon esprit même si je ne t'y avais pas invité.

Alors je m'en suis remise aux signes!

Haha, la belle affaire! Tu sais, le jeu du pile ou face, pile : je te revois, face: je te zappe.

Bon, sauf qu'à la place d'une pièce de monnaie, j'ai remis notre destin entre des mains amies...

J'ai commencé à écrire notre histoire.

Ou plutôt notre brouillon d'histoire.

Je me suis dit qu'il y avait deux issues. Soit mes amis l'approuvaient, et voulaient connaître la suite (le nombre de lecteurs nécessaires et intéressés était fixé à une personne minimum), soit...tout le monde s'en foutait, le texte passait totalement inaperçu sur la toile et dans ce cas je nous précipitais aux oubliettes des amourettes avortées.

 

Tu te doutes du résultat obtenu.

Et tu penseras à les remercier. (Ou pas!)

Ce n'est qu'après le deuxième épisode que je me suis rendue compte que l'histoire m'échappait. A peine née, voilà qu'elle prenait son autonomie, et que je ne faisais déjà plus qu'attendre la suite avec autant d'impatience que les autres! Quelle étrange sensation d'être à la fois auteur et spectateur de sa vie.

Ça m'a fait flipper! Je l'ai déjà dis je crois, mais j'aime contrôler! Pas tout non plus bien sur, l'imprévu est passionnant aussi mais dans ce domaine particulièrement, j'ai besoin de savoir, ou plutôt de me persuader de savoir, où je vais.

Bref.

Toujours est-il qu'après cette semaine de jeûne de toi, je n'ai plus eu qu'une seule idée en tête: le rompre! (le jeûne)

Alors me voilà, toute pimpante, il est midi, j'ai joué le scénario dans ma tête mille fois.

Je me dirige vers ma plage...

Lentement, et de manière tout à fait nonchalante, je descend les marches comme sur un tapis rouge, droite et altière, c'est tout juste si je n'entend pas la foule en liesse m'acclamer.

Heu, j'en rajoute peut-être un peu trop là...

Et comme une princesse carabossée, je rate la dernière marche et agrippe de justesse la rambarde.

Je jette un coup d’œil affolé de tout côté en croisant les doigts pour que tu ais loupé la dernière scène.

Je suis rassurée mais de courte durée car tu n'es pas là...

Je reprends de l'aplomb, et décide d'agir comme si tu n'avais jamais été que le fruit de mon imagination.

Je m'allonge donc sur le sable comme si mon unique objectif de la journée était de peaufiner mon bronzage.

Mais c'est plus fort que moi, toutes les deux minutes je me redresse et guette tes pas.

Au bout de 10 minutes je m'impatiente patiemment.

Au bout de 20 minutes je stresse gentiment.

Au bout de 30 minutes j'angoisse carrément.

Bon au bout de 40 minutes je l'avoue j'ai dû m'endormir!

Je me réveille la mine enfarinée, un peu de bave séchée au coin des lèvres et les yeux collés, je suis la fille la plus glamour de la planète!

Pas le temps de piquer une tête, je suis déjà en retard.

Je file à mon école, non sans faire un détour par l'immeuble de notre premier regard.

Mais évidemment, pas trace de toi.

Et voilà, je me dis, encore une fois j'ai loupé le coche.

A trop ruminer dans ma bouillabaisse mentale, tu t'es lassé de moi.

Tu m'as zappée, oubliée, effacée, désagrégée, atomisée, dématérialisée, désacralisée, démystifiée...

Et puis moi, ben, j'ai plus qu'à me maudire pour l'éternité.

 

Un mois s'est écoulé...

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15 septembre 2014 1 15 /09 /septembre /2014 19:54
Toi et moi 2

 

 

Le lendemain, je décide de ruser.

Puisque tu aimes faire des mystères, t'es bien tombé!

J'échafaude un plan rapide: Je sors de mon école, enfourche mon vélo et remonte par une autre rue jusqu'à la côte. Là, j'accroche mon vélo et remonte la côte à pied par la route. J'ai décidé d'arriver par l'opposé à ma plage, et tenter de t'espionner!

Comme ça, si tu es au même endroit qu'hier, ce sera à mon tour de te surprendre!

Gniark gniark gniark...

OK, ce plan est pourri mais je ne peux quand même pas me laisser manipuler l'esprit par le premier mec venu!

Il faut que je reprenne les choses en main...

 

Et je ne me suis pas trompée, tu es bien là.

Sauf que je tombe des nues encore une fois!

Tu es assis, à MA place attitrée (oui oui j'ai écris mon prénom dans le sable une fois), mais tu n'es pas seul!

Une nymphette aux jambes interminables est à tes côtés et vous riez à gorges déployées!

 

Je me traite de tout les noms possibles et imaginables pendant au moins 10 minutes.

Tu ne me remarque même pas, alors que je suis à 50 mètres à peine de toi.

Tout mes films mentaux, que je n'avais pas manqué de faire depuis la veille s'écroulent.

Si seulement je n'avais pas fait ce plan stupide, je serais peut-être arrivée avant cette grognasse!

Ou bien, au pire, si elle t'accompagnait déjà, j'aurais au moins garder ma place!

Mais non, me voilà pauvre petite chose misérable, échouée sur le sable, à te regarder lui prendre la main et lui octroyer ton sourire de cinéma.

Abattue comme jamais, je m'esquive discrètement de cette scène intime ou je ne suis vraisemblablement pas invitée...

Le temps de faire le détour jusqu'à mon vélo, ma peine s'est transformée en rage, et je fulmine tellement que je me heurte de plein fouet à un imbécile qui passait devant ma roue.

Je fais un vol plané par dessus mon bolide et atterris dans la posture la plus ridicule jamais tentée (même par le plus pitoyable des clowns...) .

Je n'ai rien de blessé heureusement, si ce n'est mon égo.

Je me relève péniblement et voilà que tu es près de moi, me soutenant le bras et me murmurant tendrement:

- Je m'appelle Aksel, mais je t'en prie, ne te sens pas obligé de le doubler!

A voir ma mine déconfite, et mes yeux abasourdis, je crois que tu as pitié de moi et je n'ai même pas le réflexe de rire à ton jeu de mots pourtant bien placé.

Je ne réponds pas, je te repousse un peu brusquement et m'avance vers mon vélo en serrant les dents.

Du coup, tu perds de ta superbe, tu me rattrapes et me demandes:

- Est-ce que tout va bien? Tu n'es pas venue sur la plage?

- Tiens? Tu n'a plus un quota de questions à respecter?

La colère est remontée dans ma gorge et je n'ai plus que de la bile à cracher:

- Tu sais quoi? Va donc retrouver ta starlette et oublie-moi!

 

Sauf que ta réaction n'est pas du tout celle que j'imaginais.

Tu éclates de rire, un de ceux incontrôlable et habituellement communicatif.

Mais moi j'hésite surtout entre te coller une gifle (que ma non-violence réprouve) et tourner les talons sans commentaires.

Mais ma curiosité l'emporte.

- Ben quoi? Qu'est-ce qui te prends?

 

Tu pouffes encore un peu mais parviens à retrouver ton calme avant que je perde le mien.

-Mais enfin Cecyle, c'était ma sœur! Je squatte chez elle depuis une semaine et aujourd'hui elle est venue avec moi pour te rencontrer!

-Quoi? Non mais c'est une blague? Et puis d'abord...d'où tu connais mon prénom? Et pourquoi ta sœur voulait me rencontrer?

Tu baisses les yeux, semblant chercher la réponse adéquate à ma rafale de question.

-Heu, tu ne veux pas qu'on se pose quelque part pour en parler? Il te reste un peu de temps?

Je jette un œil sur mon portable et te demande si 1h suffit ou si je dois déposer un arrêt maladie pour comprendre enfin cette histoire de dingue.

 

Tu saisis mon vélo et m'entraîne vers un banc, non loin de là.

- Excuse-moi, je te dois des explications. Je n'avais pas prévu que ça se passe comme ça.

Ça va sans doute te sembler fou, mais je te connais depuis quelques jours déjà.

 

Je m'apprête à t'interrompre, pour que tu abrèges, mais l'intensité de ton regard m'en empêche. Alors je t'écoute sans broncher.

 

- J'étais parti de la région depuis 2 ans, j'ai voyagé, en Australie, à Bali, et puis en Thaïlande. Je suis plongeur professionnel, je travaille la plupart du temps avec des associations environnementales. Je suis rentré à Saint Nazaire il y a 10 jours, et comme je n'ai plus de logement ici, ma grande sœur a gentiment proposer de m'héberger, le temps que je trouve quelque chose. Depuis que j'étais parti on s'était eu 2-3 fois au téléphone, mais quand on s'est retrouvé on avait plein de choses à se raconter! Elle surtout...

Bref, il lui arrive une superbe histoire, elle a revu à la kermesse de l'école de son fils, un mec avec qui elle était au lycée. Ce fut le coup de foudre remember, et réciproque avec ça. Elle a largué son mec...lui sa copine...

 

A voir mon visage se décomposer, tu comprends que j'ai compris.

Avant que j'ai pu réagir tu enchaînes:

- Laisse-moi terminer s'il te plaît, ensuite tu décideras à quelle sauce tu va me manger.

Alors voilà, elle me raconte tout ça. Je rencontre le mec en question, on sympathise, et puis je l'avais déjà croisé il y a 15 ans. Avec ma sœur, Julie, on a que 2 ans d'écarts.

 

Si j'avais encore un doute, ce prénom l'a balayé.

 

" Donc on discute, il me parle de toi et de cette étrange rupture. On boit quelques bières et, ma sœur étant sortie, j'en profite pour lui poser des questions sur toi, je ne sais pas pourquoi mais ton prénom a résonné dans ma tête comme un coup de tonnerre. Il me parle de la musique que vous avez fait ensemble, de vos différences, de ton côté bohème qu'il n'a jamais su gérer... Finalement, je comprends que ce gars est paumé, qu'il ne sais pas qui il est et que ma sœur est tombée à point nommé dans sa vie.

Je le juge pas, j'ai juste l'impression qu'il avait besoin d'une nana comme elle, qui le cadre et l'encense, et que de son côté, elle l'avait toujours gardé dans un coin de sa tête, en l'idéalisant sûrement avec le temps.Mais c'est que mon avis.

Bon, toujours est-il que depuis cette soirée où j'ai découvert ton existence, je n'ai pas cessé de penser à toi. J'en rêve même la nuit! Oh bien sur je ne sais pas tout de toi, mais quand j'écoutais ton ex parler, je voyais qu'il était toujours sous ton emprise, et cela m'a fasciné car je crois qu'à travers lui, eh bien, tu m'as ensorcelé aussi.

Avant-hier, j'ai accompagné mon neveu à l'école et en repartant, je suis passé devant la maternelle. Tu étais en train d'accrocher ton vélo. J'ai tout de suite su que c'était toi. Tu ne m'as pas remarqué, tu as sonné à l'interphone et tu es rentrée. A 10h30, je me suis arrangé pour passé devant la cour de récréation, et je t'ai observé parmi les enfants. Tu avais une robe rose avec "La Réunion" imprimé dessus, ce qui a confirmé mon impression première (il m'a aussi parlé de votre voyage) . Tu avais le soleil dans le dos, tu t'es assise près d'une petite fille qui pleurait, tu lui a fais le plus joli sourire que je n'ai jamais vu.

Ne t'inquiète pas, je ne t'ai pas espionné pendant des heures non plus, ces quelques instants m'ont suffit. Quand je t'ai revu hier sur ton vélo, alors que j'étais justement en train de retourner dans tout les sens ce casse-tête, et que tu m'as adressé ton sourire radieux, j'ai cru que la terre s'arrêtait de tourner. J'ai imaginé que tu savais qui j'étais, et...que tu te moquais de moi!

Bien sur c'était impossible. Mais, quand je t'ai rejoint à la plage, et que j'ai enfin osé t'approcher, j'ai un peu paniqué. J'ai cru que tu me trouverais inintéressant, ou encore dérangeant.

Je me suis vite repris, ce que je voulais surtout, c'est que cette rencontre soit aussi renversante pour toi que pour moi.

Pour finir, Julie m'a accompagnée aujourd'hui car elle se sentait un peu coupable et qu'elle voulait s'excuser du mauvais rôle qu'elle a eu dans cette histoire. Elle voulait m'aider, je crois qu'elle a ressentie que c'était important pour moi.

Bon maintenant si tu veux me traiter de taré, ou t'enfuir en courant je comprendrais. Mais je t'assure que je n'ai probablement jamais été aussi sincère de toute ma vie."

 

Je ne sais pas quoi répondre. Moi qui avais craint de t'avoir saoulé de parole la dernière fois! Tu m'as battu.

Ma tête me fait un mal de chien et j'ai l'impression de sortir d'une cuite de 6 semaines. Je me lève, un peu chancelante, monte sur mon vélo et m'apprête à mettre les voiles.

Tu restes assis sur ce banc, l'air navré.

Moi j'ai dans la gorge un truc qui coince. Je repars sans me retourner.

 

C'est juste que j'ai la trouille de t'avoir rêver.

 

Une semaine plus tard...

 

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10 septembre 2014 3 10 /09 /septembre /2014 23:49
Toi et moi

 

 

Qui es-tu?


Qui suis-je?


Quelle relation vivons-nous?

 


Je suis sur mon vélo, je prends le chemin pour la plage, c'est ma pause-déjeuner et j'ai deux heures devant moi pour peaufiner mon bronzage.


Je te vois sortir d'un bâtiment, l'air en colère, tu marches en marmonnant.
Tu lèves les yeux et nos regards se croisent.
Je ne peux pas m'empêcher de sourire, c'est plus fort que moi, ces derniers temps, je ne cesse de me dire que le ciel est trop bleu pour se fâcher.
Ton visage se fait interrogateur, mais qu'importe, j'ai déjà traversé la rue et je m'engage sur le chemin côtier.


Je longe le sentier des douaniers, et je m'arrête en haut des escaliers qui mènent à mon petit paradis du midi.
Après avoir attaché mon vélo, je descends d'un pas léger, je t'ai déjà oublié.
Je grignote un fruit en lisant mon roman du moment, un chouette bouquin de David Safier: Sacrée famille!


Puis, je ressens l'envie d'un break de l'esprit, je range le livre, m'étend confortablement sur le sable, allume mon mp3 et " L'harmonisation des chakras " emplit mes oreilles.
Je ne suis pas vraiment sûre que ce truc fonctionne, d'ailleurs, je ne parviens pas pour le moment à "visualiser" les ballons de couleurs suggérés. Mais je m'en fiche, c'est relaxant.
Alors que j'arrive au chakra du coeur (celui qui m'intéresse le plus je dois l'avouer), une ombre passe et me fait ouvrir les yeux.


Et je te vois, accroupi à 2 mètres de moi.
Ta bouche me dit des mots que je n'entends pas.
Je me redresse sur un coude tout en retirant mes écouteurs.


-Oui?


Et toi:


-tu me réponds oui sans même savoir de quoi je parle! Ce n'est pas une réponse en l'air que je veux!


-Heu, excuse-moi mais j'ai dû louper un épisode en effet!


-D'abord tu te moques de moi, ensuite tu ne m'écoutes pas. Notre histoire commence mal!


-De quelle histoire tu parles au juste?


Et là tu me fais un sourire à faire se pâmer Cléopâtre elle-même.


-De la notre, bien sur! Perso je suis prêt, mais j'ai un doute sur toi!

 

Là, je suis tout à fait réveillée, je jette un coup d'oeil à gauche et à droite, des fois que j'ai besoin d'appeler à l'aide d'urgence...
Mais, tu ne sembles pas dangereux.
Tu t'assois à côté de moi et tu ne cesses de me regarder avec une telle intensité que je devrais me sentir mal à l'aise. Mais non, pas du tout.
Je rentre même dans ton jeu.


-En même temps, les histoires se terminent souvent comme ça alors pourquoi ne pas faire l'inverse pour une fois? Peut-être cela changerait-il le cours du monde? Et puis...je n'aime pas faire comme les autres.


-Ok, un bon point pour toi. Bon. J'ai une question, et ce sera la dernière que je m'autoriserais avec toi pour aujourd'hui, car je pense que si l'on en pose un trop grand nombre par jour, on ne fait plus attention aux réponses.


-Je t'écoute.


-Tu en es sure?


-Oui, oui, si je te le dis! Tu ne me fais pas confiance, on peut dire que tu es aussi doué que moi pour un démarrage!


-Ok.


...


Au bout d'une minute de silence, je m'impatiente.


-Alors, et cette question?


-Eh bien ça y est!


-Comment ça?


-Je t'ai demandé si tu étais sûre et tu m'as répondu que oui. Visiblement tu n'es pas limitée dans tes interrogations, toi!


Bon, là je me dis que t'es vraiment trop bizarre, et que même si j'aime l'originalité, il faut que je maîtrise un minimum la situation et là, je patauge carrément.
Je voudrais bien me lever et prendre mes affaires, te dire "merci pour ce court et agréable moment mais je dois retourner travailler" ou un truc dans le genre.


Seulement...
Seulement, il me reste 1h30 de pause encore et je n'ai aucune envie de bouger de là!
Je tourne la tête vers toi, tu sembles absorbé par la contemplation de mes pieds.
Faut dire qu'ils sont justes parallèles aux tiens et que...ils font la même taille!
Eh oui, une fille qui chausse du 45 ça court pas les plages!
Ça nage plutôt...
J'attends un commentaire de ta part, j'ai l'habitude.
Mais non, tu ne dis rien.

Tout de suite, j'essaie de reprendre le dessus, ma langue me démange, alors je me lance dans ce que je maîtrise le mieux: le monologue.


Je te parle de cette tempête solaire qui perturbe actuellement pas mal de gens, d'autant qu'on s'était pas encore remis de la dernière pleine lune. Et puis cet été indien qui réchauffe les coeurs, le mien en premier. Je te raconte l'anecdote de ma matinée, ma petite Louna qui, tout en me faisant un câlin a coincé ses doigts dans mes cheveux et j'ai bien cru qu'on resterait collé ensemble toute la journée., mais c'était compter sans Valérie qui s'est avancée vers nous l'air menaçant avec une paire de ciseaux dans la main. Je ne sais pas si Louna a cru que c'était pour ses doigts mais toujours est-il qu'en 1 seconde elle a réussi à se démêler! Je te parle aussi de mes fichus chakras qui semblent désireux de croupir pour l'éternité dans la 3 D, et puis aussi de mon chat qui a décidé de nous quitter. Je parle, je parle, je ne pose plus de questions, j'enchaîne des sujets insignifiants ainsi que d'autres plus profonds.


Tu ne dis rien, mais tu sembles m'écouter avec une grande attention. Tu ne fais pas comme tous ces gens, (moi y compris) qui hochent la tête, ou encore disent "Mmmmhhmhh" pour montrer qu'ils suivent. Tu ne fais rien de tout ça mais tu me regardes dans les yeux à chaque fois que je me tourne vers toi, et je sens bien que ton regard ne me lâche pas.


Viens le moment ou, à force de jacter, j'ai soif. Je reprends donc mon souffle et bois une gorgée d'eau. J'en profite pour regarder l'heure sur mon téléphone: 13h50!
Il me reste 10 minutes pour retourner à l'école.
C'est vraiment limite!


Je bondis sur mes pieds, rassemble mes affaires et, voyant que tu ne bouges pas:


-Je dois repartir bosser! Alors heu...salut!


Tu ne réponds rien, je commence à m'éloigner mais je reviens sur mes pas.


- Au fait, je ne connais même pas ton prénom?


Tu me fais un clin d'oeil et me lances:


- Alors ça fera un sujet pour demain!

Je pique un fard et tourne les talons.

Et là dans ma tête ça fuse!
Est-ce que c'était une façon de me dire que je parlais trop?
Mais enfin, s'il avait voulu parler il aurait pu! J'ai respirer quelques fois quand même, et il n'a pas saisi l'occasion de prendre la parole!
Pfff, trop nul ce mec, avec son petit air mystérieux, mais enfin, on a passé l'âge des gamineries! S'il me drague, encore pourrait-il bien s'y prendre!

Bon, zut, qu'est-ce que je dois faire? Si je veux éviter de recroiser ce mec chelou, ça veut dire que je dois trouver un autre endroit pour me poser...mais j'aime bien cet endroit!
Mon mental mouline en roue libre comme ça jusqu'à l'école, mais lorsque je passe la porte d'entrée, je décide de laisser mon inconnu sur le palier.

Le lendemain...

 

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2 septembre 2014 2 02 /09 /septembre /2014 16:42

Il se trouve que je vis actuellement un moment-clé de ma vie.

 

Une remise en question effroyable doublé d'un sentiment de bien-être mélangé à une bouillabaisse de sentiments contradictoires dans lesquels je ne veux même pas me risquer à mettre une narine par peur d'y perdre mon odorat...for ever.

 

Là ou je devrais sentir un manque je ressens de la plénitude et là où je devrais être comblée je sens mon cœur rempli d'un vide insupportable.

Je drague les fonds de tiroirs parce que ça je sais faire, mais le reflet du miroir n'est qu'un lapsus éphémère...

 

Et là un sursaut, mon ego bousculé, qui me prend aux tripes et me donne envie de gerber.

La faim insatiable qui me taraude, est stoppé par la mentalement désagréable sensation de déjà-vécu...

 

Hey! Je pourrais pas passer à autre chose non?

Je pourrais pas juste, simplement, définitivement, joyeusement, fermé ce qui me fait office de cœur, à tout jamais?

Je veux dire, sans résignation, je ne suis pas faite pour ça!

 

Mon être ne supporte plus la moindre once de souffrance. Je suis devenue allergique! Ça me donne des boutons, envie de bouffer jusqu'à plus faim alors qu'en vrai j'avale plus rien...

 

Je vais me faire opérer, prochainement, ablation du cœur et de tous ses senti-ments encombrants.

 

Alors voilà, j'ai voulu éviter le cafard, parce que je voyais pas bien l'intérêt qu'il pouvait m'apporter, il a bien essayé de squatter mon esprit 2-3 fois, et gentiment je l'ai recalé.

Je lui ais dis non merci, tu tombes mal, franchement je vois pas de quoi te nourrir, et puis t'es plus le bienvenu.

Il est reparti sur la pointe de ses pattes macabres, râlant un peu dans sa barbe, mais ne trouvant pas de prises dans ma sérénité.

Et voilà qu'il repointe le bout de son museau funeste, un rictus malveillant contagieux comme la peste, et moi innocente, "Ben? Qu'est-ce tu fous là? Je t'ai dis, je veux pas de toi!"

 

Mais là, ce salaud, il m'a eu!

 

"Ha ouais...tu veux pas de moi? Même si je te dis que cette grognasse pour qui il t'a quitté est un canon? Qu'il est dans ses bras, à l'heure où je te parle, que ses sentiments pour toi ont déjà retourné leurs vestes? Que depuis cette kermesse où ils se sont revus, il n'aspirait plus qu'à lui prendre le ...? Il appelle pour savoir comment s'est passé la rentrée de ton fils, mais t'aurais bien aimé qu'il prenne aussi de tes nouvelles n'est-ce pas? Gniark gniark gniark!

Je vous en passe et des meilleures.

 

Alors voilà, je reprend le clavier pour ne pas me laisser submerger par ce cafard boiteux, prêt à se jeter sur la moindre de mes faiblesses mentales, même les plus absurdes.

Alors je vais annuler le rencard avec ce mec, qui me servirait juste de défouloir, parce que je ressens déjà le malin plaisir que j'aurais de le rendre fou de moi et de le jeter comme une vieille chaussette, juste pour me venger... de l'espèce masculine!

Bien sur que c'est nul comme idée, ça ne m'arrangerait en rien, au contraire, je me sentirais encore plus mal!

Mais qu'est-ce que c'est compliqué de se défaire de ses vieux démons!

 

Bon, maintenant que j'ai vidé un peu mon sac, je vais me prendre un bouquin, me mettre sur mon merveilleux balcon, au soleil, et m’enivrer d'une histoire qui n'est pas la mienne.

 

Et surtout, surtout, qui finira en happy end.

 

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NE PAS S'ENTENDRE. 


 
Bernard Werber

Ma fil aux os phy

 

 

  

      Un but ne parait

 

  jamais

 

plus loin  

 

que lorsqu'on

 

n'essaie pas

 

de l'atteindre          

 

 

 

 

 

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