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2 octobre 2014 4 02 /10 /octobre /2014 04:16
Moi, lui et toi

 

 

 

Ce samedi matin je m'autorise une grasse mat'.

Les émotions de la veille m'ont épuisée.

Mes rêves, reflets de mon désordre intérieur, m'ont emmenés sur des sentiers oubliés.

"J'étais nue sous la douche, dans une salle de bain qui pourrait être la mienne si j'avais une piscine municipale à domicile. Je réfléchissais au sens de ma vie. Quand soudain entre un homme, nu lui aussi. Je sursaute et lance:

-Hey!!! Te gêne pas! Sors de là tout de suite!

Et lui confus mais profitant tout de même du spectacle qui bafouille:

-Oh pardon, mais en fait c'était plus fort que moi, je voulais voir ce que tu cachais.

-Ca va pas la tête? Dégage!!!

Et lui repart comme si de rien n'était.

Et c'est seulement à ce moment que je réalise que cet homme, c'était Julien, l'ex avant l'ex, c'est à dire avant Fabien."

Celui qui traine toujours un peu dans ma tête comme référence de l'homme idéal. Mais bon je m'égare, ceci est une autre histoire.

Aussi, quand je me réveille et que je remet un peu d'ordre dans mes esprits, je ne peux m'empêcher de râler! Comme si j'avais besoin d'un homme de plus pour me compliquer la vie!

Et puis, ce fameux Julien, devenu presque totalement absent de ma vie depuis déjà quelques temps, est le cadet de mes soucis!

Revenons à nos moutons, me dis-je, ou plutôt à nos mecs.

J'allume l'ordinateur, ouvre le traitement de texte et écris ceci:

 

D'abord il y avait Aksel, qui me chamboule le cœur et disparaît aussi vite comme s'il n'avait jamais existé. Puis Fabien qui revient, et me dit exactement ce que je rêvais d'entendre encore un mois avant. Sauf que depuis...

Depuis quoi? Y a rien de vraiment nouveau dans ma vie. Juste un mec qui passait par là mais que je ne reverrais sans doute jamais...Alors que Julien c'est du concret! Heu...Fabien je veux dire. Si je me met à faire des lapsus par écrit je ne vais pas m'en sortir! Hey? Le moi-même plus objectif? Tu voudrais pas m'aider un peu stp?

 

Je guette mes doigts, pensant que ce qui s'est produit une fois ne pourra se répéter que si je reste concentré. Mais rien. Le néant.

Alors mon esprit décroche et s'en va planer quelques minutes dans le cosmos.

Quand mes pieds retouchent terre, je réalise que des mots s'alignent sur l'écran.

 

"Haha, l'histoire se corse n'est-ce pas? Voyons comment tu va réagir...Fabien? Aksel? Julien? Et pourquoi pas le boulanger, le facteur, le voisin? Y a pas un truc qui te choques dans tout ça?"

 

Ce qui me choque c'est que le moi plus objectif puisse être si...

Bon je trouve pas de mots mais tu m'énerves!

 

Et vite, vite, je ferme la page sans l'enregistrer, pour ne pas lui laisser le temps de réagir.

 

Me voilà pas plus avancée...

Mon fils me réclame alors je me secoue et le rejoins pour un petit-déjeuner tardif.

Il m'abreuve de ses histoires de nintendo ds et de animal crossing , mais moi je suis déjà à ce soir, en train de réfléchir à comment je vais m'habiller, est-ce que je vais me faire belle? Pas trop, sinon il va croire que c'est gagné. Mais un peu quand même sinon il va croire que je m'en fous. Au fait? Je m'en fous ou pas?

Pfff...

Et je tourne en rond comme ça dans ma tête, jusqu'au soir.

Fabien m'envoie un texto, me signalant qu'il m'attend en bas, pour éviter de voir Judikaël sans doute.

Cela m'agace, même si je préfère aussi que mon loulou ne se fasse pas une fausse joie.

Je le fais poireauter un peu, puis finis par descendre les 3 étages.

Quand je le rejoins sur le parking, il me brandit un bouquet de fleurs tout en prenant ma main et en y déposant un baiser.

-Mademoiselle, vous êtes charmante. Est-ce que je peux vous emmener quelque part dans mon carrosse?

 

Il accompagne ses mots d'un geste vers son vieux break fatigué.

 

Son air emprunté me donne envie de rire et à la fois il me gave. Il sait, ou en tout cas devrait le savoir maintenant que je n'aime pas les fleurs. Ou plutôt si, je les aime! Mais dans un jardin, reliées à la terre. Pas à l'agonie dans un vase!

Bref, je choisis la diplomatie, ce qui n'est pas mon fort je l'avoue.

 

-Oh, ce mois passé avec ta Julie t'a fais oublié mes goûts en matière de cadeaux? T'inquiète pas, je crois qu'il offre des cours de rattrapages à la maison de quartier.

 

Pour lui c'est la douche froide.

 

-Tu plaisantes?

-A moitié...Bref, merci. Tu as remis tes boucles d'oreilles et ton collier à ce que je vois.

 

Il sourit un peu gêné.

 

-Oui, ça me manquait aussi.

 

Il les avais retiré pour plaire à sa Julie. En effet, cette femme, bien plus conventionnelle que moi, trouvait sans doute que cela n'était pas très sérieux ou viril pour un homme.Et comme il avait décidé de rentrer dans le rang...

 

Il baisse les yeux vers mes pieds, puis relève la tête, contrarié.

 

-T'as mis tes chaussures à talons? Tu sais que je me sens tout petit à côté de toi avec ça.

-Mais c'est le cas mon cher! Haha! Et bien oui, sache que tu as l'honneur de les sortir pour la première fois. Mais ne t'en fais pas, je ne sais absolument pas marcher avec, aussi je ne devrais pas être longue à les retirer. Bon. Où allons-nous?

-Le restaurant où nous avions été la première fois tu te souviens? A la Baule.

 

Il est sans doute soulagé de ma tenue, sobre mais assez classe pour ce restau bon chic, bon genre.

Je feins l'enthousiasme:

-Super! C'est parti alors.

 

Pendant le trajet on parle peu, je monte volontairement le son de la radio, afin de me concentrer sur autre chose que le fait que je n'ai déjà qu'une envie: rentrer chez moi!

Nous entrons dans le restaurant, lui devant, moi derrière, le dépassant d'une bonne tête avec le mètre 90 que m'apporte mes superbes escarpins.

Je tâche de garder mon équilibre jusqu'à la table, avec succès je dois dire, et les regards des clients dans la salle qui accompagnent mon périple, m'encouragent à éviter tout incident.

Fabien remarque aussi ces yeux braqués sur nous et il en est fier. Il se redresse et lance un sourire généreux à l'assemblée. Nous formons un beau couple de star...imaginaire.

La serveuse nous installe à la terrasse en arrière-salle, un peu plus intime que la salle principale et où on a l'avantage de pouvoir fumer.

A peine assise et débarrassée de mes douloureuses chaussures de princesse, je me roule une cigarette, histoire de me donner une contenance.

Nous commandons rapidement et entrons dans le vif du sujet.

C'est Fabien qui commence.

 

-Tu as réfléchis?

-Je n'ai fais que ça!

-Et alors?

-Alors je ne sais pas trop.

-Tu as besoin de plus de temps?

-Non.

-Alors quoi?

-Ce que je ne sais pas trop, c'est comment j'ai pu ne pas remarquer jusqu'ici à quel point tu étais fade et sans intérêt. Tu m'as séduite avec des apparats , mais une fois cette couche enlevée, je vois l'homme que tu es et je me dis: quel ennui!

Il me fixe avec des yeux ronds, le pauvre, j'ai presque pitié de lui.

-Tu es tellement influençable, tu es mignon, certes, tu cherches à plaire à tous, mais tu es totalement dénué de personnalité. Tu es malléable comme de la pâte à modeler. Mais tu as le même inconvénient qu'elle. Tu colles aux doigts et ton parfum devient vite écœurant.

Il en avale de travers sa gorgée de vin.

Je me lève pour lui tapoter le dos avec condescendance.

-Ça va aller?

-Hum. Merci! Tu peux me dire pourquoi on est là alors? Pourquoi tu as accepté mon invitation? Tu aurais pu me dire tout ça avant non?

-Non, je n'étais pas encore sûre.

-Qu'est-ce qui a changé depuis tout à l'heure?

-Quelques trucs. Le fait que tu passes deux plombes à choisir un vin, histoire d'épater la serveuse par tes connaissance œnologiques. Et puis que tu n'assumes pas d'être avec la femme géniale que je suis, à moins que j'ai le déguisement qui te mettes le plus en valeur possible. Et puis j'avais besoin de vérifier.

-Vérifier quoi?

Son ton monte un peu, mais il se maîtrise, histoire de ne pas trop attirer l'attention.

-Vérifier que mon cœur ne battait pas plus pour toi que pour le nain de jardin, là, derrière toi. Non, excuse-moi, je suis vilaine mais j'exagère à peine.

 

Il reste silencieux quelques instants puis:

 

-Franchement, je ne m'attendais pas à ça de toi.

-C'est bien le problème, tu le sais. Tu attends toujours quelque chose de ma part et comme cela correspond rarement à ce que je te donne, tu es déçu. Mais tu rates aussi pleins de choses! Je crois que ce que tu m'auras vraiment appris c'est ça. Aimer ce n'est pas attendre quelque chose de l'autre. C'est offrir, s'offrir et prendre ce qu'on nous donne avec joie. Et si ce n'est pas le cas. Alors next.

-Next?

-Oui next. Suivant quoi. Désolée Fabien, mais cette parodie de couple est bel et bien finie.

 

Je commence à me lever, il tente de me retenir.

-Tu te venges c'est ça? Et toi qui me saoulait de belles paroles comme quoi tu n'étais pas rancunière, blablabla...

-Si je m'étais vengée mon chou, t'aurais eu bien plus mal que ça. Là je ne fais qu'énoncer des évidences, je ne comprends même pas que tu sois surpris. Je crois qu'il est temps que tu cesses de te mentir à toi-même sur qui tu es et sur ce que tu désires.

Je me penche à son oreille et ajoute:

-T'inquiète pas, y aura toujours une Julie ou une autre pour te consoler et te rassurer en attendant que tu deviennes un homme.

 

Sur-ce je sors du restaurant, tête haute et sourire aux lèvres.

Ce n'est qu'une fois dehors que je réalise que je suis à pieds. Nus qui plus est car j'ai oublié mes chaussures sous la table et qu'il est hors de question que je retourne les chercher. Ma fierté me l'interdit. Ma sortie était trop belle!

Cependant j'y tiens à mes escarpins roses! La première paire que j'ai trouvé à ma taille, du 45 je le rappelle, ces vrais chaussures de fille qui m'ont toujours fais envie sans que je puisse m'en offrir jusqu'à maintenant, ou avec la magie d'internet, tout devient possible!

 

Je décide de m'asseoir à l'écart et d'attendre que Fabien s'en aille, je pourrais alors les récupérer.

Heureusement pour moi, il ne tarde pas. Une demi-heure plus tard il monte dans sa voiture et démarre en trombe, ne s’apercevant même pas de ma présence.

 

Je finis ma cigarette puis rentre dans le restaurant, un peu gênée. J'aborde la serveuse qui vient à ma rencontre l'air surprise.

-Excusez-moi mais j'ai oublié mes chaussures sous la table en partant.

-Ah oui, allez voir le barman, je crois que c'est lui qui les a.

 

Allons bon, peut-être que c'est un drag-queen. Et voilà que je rigole toute seule. Je m'approche du bar mais je ne vois personne. C'est déjà la fin du service et il reste deux personnes qui finissent leurs cafés.

Je me perche sur un tabouret, et profite de ce temps pour réfléchir à comment je vais rentrer chez moi. Il y a bien 15 km à marcher et ça me semble beaucoup! J'envisage le stop et tente de calculer par où il serait plus judicieux de passer, quand quelque chose attire mon attention.

Le barman est agenouillé devant moi et est en train d'enfiler les talons à mes pieds!

Je n'ai même pas le temps de réagir qu'il se relève et me voilà si surprise que je manque de basculer en arrière sur mon siège.

-Aksel?

-Bonsoir princesse, ou puis-je t’appeler Cendrillon directement?

 

La nuit réserve encore quelques surprises...

 

Moi, lui et toi
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commentaires

D
On n'a effectivement pas besoin d'un homme dans sa vie pour être heureux...la preuve je m'en passe aisément. LOL Bises Dan
Répondre
C
:D Et oui, quand à moi, ma propre masculinité me suffit amplement! hihi<br /> Contente de ne pas t'avoir perdu en route mon petit Dan! Bisous!

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