Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
13 avril 2012 5 13 /04 /avril /2012 19:24

 

683188009_98721d6945.jpg

 

 

Sans s'en rendre compte, elle lui caressait le torse et sa main descendait de plus en plus bas.

 

Elle vit une réaction, et fut encore plus excitée à la vue de son érection naissante.

 

Cédric semblait toujours endormi, mais une partie de son corps se rebellait !

 

Elle approcha sa bouche de son sexe, passa sa langue sur son gland découvert. Sa main enveloppa ses testicules et les caressa légèrement.

 

Bien sûr il se réveilla à ce contact agréable, et la contempla à l’œuvre, la guidant d'un petit mouvement de hanche.

 

Elle se sentit audacieuse, joua un moment avec son piercing sur la langue,

(les hommes lui avaient souvent fait des remarques grivoises à ce sujet, mais c'était bien la première fois qu'elle s'en servait pour un tel usage !) enfourna son sexe avec force dans sa bouche, pour seulement l'effleurer du bout des lèvres l'instant suivant.

 

En même temps, elle observait les réactions de Cédric. Quand son visage se contractait sous le plaisir, elle ralentissait, et dès qu'il semblait se relâcher un peu, elle remontait d'un cran la température.

 

Elle découvrait et cela était tout nouveau, qu'elle pouvait prendre du plaisir à faire une fellation. Le sexe de Cédric était d'une dimension moyenne mais elle le trouvait beau, dressé ainsi, un chouïa penché vers la droite. Son gland était doux et fragile comme de la soie.

 

Elle était envahie d'un sentiment de puissance et cela fut également pour elle source de plaisir. Tenir cet homme ainsi entre ses mains...

 

Quand il jouit dans sa bouche, elle ne fut pas surprise car elle le voulait.

 

Elle attendit que cesse ses soubresauts, puis se leva et partit cracher dans les toilettes.

 

Son regard s’arrêta sur ce reflet d’elle-même que lui renvoyait le miroir. Elle s’apostropha :

 

« Qu'est-ce qui m’arrive ? Je n'ai jamais fait un truc aussi dingue de toute ma vie...Sauter sur un parfait inconnu, faire l'amour avec lui, lui tailler une pipe et le laisser éjaculer dans ma bouche? Même mon ex-mari n'en a jamais eu le droit ! Et là non seulement j'ai laissé faire, mais en plus j'y ai pris plaisir !

Je ne me reconnais plus... »

 

Pourtant elle était loin de regretter ce qui venait de se passer.

 

Elle se voyait plutôt sous un angle totalement nouveau, et était impatiente de faire la connaissance de ce nouveau "elle-même".

 

C’était la première fois qu’elle se sentait sereine, comme libérée de toutes ces chaines qu'elle portait depuis toujours et auxquelles elle ne pouvait se soustraire. Du moins le croyait-elle.

 

Observant son corps nu dans le miroir, elle se trouva belle.

 

Désirable, entreprenante, sans complexe !

 

Certes, ses rondeurs n'avaient pas bougées, mais elle se sentait voluptueuse plutôt que grosse !

 

Elle sentit une vague d'amour l'ébranler, et l'attribua à son bel Apollon.

 

Puis, elle retourna s'étendre à ses côtés et il la serra dans ses bras.

 

Le train redémarra comme promis à l'aube, Cédric et Faustine s'étaient rhabillés depuis

longtemps.

 

Il était assis côté fenêtre et elle tout contre lui. Ils ne se parlaient pas,

comme si tout avait été dit durant la nuit, mais leurs regards allaient dans la même direction.

 

J'aurais pu vous laisser sur votre fin, croyant qu'ils allaient couler des jours heureux ensemble après moult voyages et sexe à gogo.

 

Ben non…

 

En fait ils descendirent dans la même ville, prirent une chambre d'hôtel qu'ils quittèrent rarement toute la semaine. Vous devinez pourquoi ?

 

Mais à la suite de cela, ils reprirent chacun leur chemin respectif.

 

Faustine avait compris que ce n'était pas de cet homme, aussi merveilleux soit-il, dont elle était éprise, mais bien d'elle-même.

 

Après des années à la recherche de qui elle était, il avait suffi de ce moment-là, magique en quelque sorte, pour qu'elle se découvre.

 

Et comme elle n'était qu'au début de cette mise à jour, elle ne sentait pas prête à la partager avec quelqu'un. Elle devait d'abord prendre le temps de faire sa propre connaissance.

 

Elle avait encore beaucoup de questions en elle et se savait en bonne voie pour y répondre.

 

Quant à lui, il aurait bien aimé construire une relation avec elle, mais il avait compris ce besoin de solitude.

 

Il ne désespérait pas cependant de la croiser à nouveau, ici ou ailleurs. Peut-être cette fois dans un train sans escale...

 

FIN

Partager cet article
Repost0
12 avril 2012 4 12 /04 /avril /2012 19:09

2254098179_d43c6c5172.jpg

 

Il lui sourit puis lui demanda :

 

« Connais-tu le yi King ? »

 

« J'en ai entendu parler, c'est un art divinatoire non ? »

 

Il eut l'air agréablement surpris par sa réponse. Elle remercia intérieurement sa copine Michelle qui était fan de ces trucs-là et l'avait prise comme cobaye lors de ses différentes tentatives de divination. Tarot de Marseille, de Beline, yi King, chiromancie...

 

D'ailleurs, en y repensant, elle lui avait prédit une rencontre insolite dans un endroit inattendu.

C'était il y a plusieurs mois mais elle ne s'en souvenait que maintenant.

 

Elle en parla à Cédric qui eut l'air intrigué et lui répondit d’un ton sérieux :

 

« C'est drôle, on m'a déclaré la même chose il y a 2 mois. Un ami de ma mère m’a fait un tirage du yi King et selon son interprétation, il m'a dit que j'allais bientôt rencontrer une femme... différente. »

 

« Vraiment ? »

 

Elle leva les sourcils et poursuivit d'un ton ironique :

 

« Serions-nous victime d'un complot ? »

 

« Haha ! Surement ! Et ils ont les moyens ! Réquisitionner un train entier rien que pour nous ! Mais tu sais, je ne plaisante pas. J'allais justement t'en parler avant que tu ne me racontes ton histoire. C'est tout de même bizarre ! »

 

Ils se regardèrent un long moment en silence, un ange passa mais ne les gêna pas le moins du monde.

 

Elle fut la première à détourner le regard.

 

Elle aimerait maintenant lui dire que d'ordinaire elle est coincée, froide et distante avec les inconnus, mais que pour une fois, elle veut se lâcher, oublier sa carapace de femme inaccessible.

 

Elle ne sait pas pourquoi mais il lui inspire confiance, et puis, songe-t-elle, après cette nuit dans le train, leur chemin se sépareront... Alors, elle peut se permettre de se réinventer, juste pour un soir...

 

Elle se mord la lèvre, et ce geste anodin est une invitation. Ses lèvres réclament les siennes.

 

C'est le moment que choisit le chauffeur du train pour mettre la lumière en veille, les plongeant ainsi dans une pénombre propice au rapprochement.

 

Elle retire son gilet posé près d'elle puis ose…ose lui proposer de s'y installer.

 

Il fait semblant d’hésiter  un court instant puis s'assied tout près d'elle et lui offre son épaule.

 

« La journée a été longue, je te propose de te servir d'oreiller jusqu'à 2h du matin, ensuite ce sera ton tour ! »

 

Le clin d’œil qu'il lui lance achève de la mettre à l'aise, elle pose sa tête et allonge ses jambes sur le siège.

 

Au bout de 5mn, elle trouve la position inconfortable, alors elle relève la tête et son regard croise à nouveau le sien.

 

Il se passe un fragment de seconde ou encore une éternité avant que leurs lèvres se frôlent, se reconnaissent, s'apprivoisent, puis se soudent. Un baiser de cinéma, un de ceux qui semble irréel, mais le courant qui les traverse lui, ne l'est surement pas.

 

Il ouvre ses bras. Elle s'y blottie d’avantage. Leurs langues dansent sur une musique qui ne joue que pour eux.

 

Elle reprend ses esprits un long moment plus tard, allongée aux côtés de Cédric, à même le sol recouvert de leurs vêtements.

 

Sa tête est posée sur la poitrine du jeune homme. À sa respiration régulière elle comprend qu'il dort profondément.

 

Elle se remémore la scène :

 

Sans cesser de s'embrasser, ils se sont mutuellement déshabillé, puis il s'est levé, et s'est débrouillé pour leur faire un mince matelas sur le sol.

 

Elle s'est levée à son tour, l’a fait s'allonger et est montée sur lui, en amazone. Dès la première pénétration, elle a connu un orgasme incroyable.

 

Lui s'étant retenu, n’avait pas hésité à retourner la situation. Sa bouche avait glissé entre ses jambes et ses doigts l’avaient pénétrée en rythme. Il avait excité son clitoris jusqu'à la limite du supportable.

 

Puis il s'était étendu sur elle, et doucement, dans une cadence lente et profonde, ils étaient montés ensemble au 7ème ciel.

 

Rien que d'y penser, elle sentit une rougeur lui monter aux joues, et en passant sa main entre ses jambes, elle sentit qu'elle mourait d'envie de recommencer !

 

Pourtant, le sexe n’était pas une de ces activités préférées. Elle voyait l’acte plutôt de manière pragmatique, presque mécanique, elle avait déjà ressentie du plaisir bien sur, mais jamais à ce point.

 

Et puis, elle s'était plus souvent sentie gênée dans ces situations. Même avec son mari, elle ne parvenait pas à se détendre complètement, à s'abandonner au plaisir.

 

Il y avait toujours une pensée parasite pour venir l’embrouiller, des trucs aussi stupides que : Faut pas que j'oublie de mettre le linge à sécher -ou encore- J'ai mon pied qui me démange !

 

Alors que là...

 

à suivre...

Partager cet article
Repost0
11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 21:57

 

2441072445_391894b763.jpg

 

 

 

Il est drôle, pétillant, cultivé.

 

Et voilà qu'elle se surprend à fantasmer sur cet homme qu'elle connait depuis 10mn à peine!

 

Elle s'imagine posant ses lèvres sur les siennes et s'abandonnant dans ses bras...

 

Elle secoue la tête, comme pour se réveiller. Il lève un sourcil intrigué.

 

Elle répond à sa question silencieuse par ce sourire mystérieux dont elle a le secret et qui fait chavirer les cœurs.

 

Un grésillement se fait entendre et de nouveau la voix du conducteur leur parvient.

 

« La panne est plus sérieuse que prévue et ne pourra être résolue

avant demain matin, explique Faustine à son compagnon de voyage.

Je crois qu'on est bon pour dormir ici ! »

 

Il ose une plaisanterie : « Je ne pensais pas passer une nuit avec toi si vite... »

 

Le tutoiement s’est glissé dans sa phrase tout naturellement.

 

Elle le regarde, surprise, voit son sourire et éclate de rire.

 

« Moi non plus, tu sais ! Ne va pas t'imaginer que je suis une fille facile pour autant !»

 

Elle lui lance un petit clin d'œil complice, puis allonge un peu ses jambes, le frôlant légèrement.

 

Cela suffit à l'émoustiller. Elle réprime un bâillement puis plante son regard dans le sien.

 

« T'es-tu déjà dit que rien n'arrive jamais par hasard ? » demande-t-elle d'un ton qui se veut banal.

 

Il la fixe étrangement et prend son temps pour lui répondre.

 

« Crois-tu que notre rencontre ici était prévue ? »

 

« Tu réponds toujours à une question par une autre question ? »

 

« C'est juste que je me demandais la même chose au même moment, curieux non ? »

 

Elle se tourne vers la fenêtre et voit les premières étoiles apparaître.

 

L'air est lourd, elle retire son gilet, le pose à ses côtés puis rétorque :

 

« Je crois qu'il y a des coïncidences qui n'en sont pas. Le fait que nous soyons tous les deux du même pays, bloqués dans le même wagon dans un coin paumé de la planète me semble assez étrange. Je me demande si tu n’es pas un genre de taré ayant flashé sur moi et m’ayant suivie jusqu'ici dans l'espoir de se trouver dans une situation propice à l'abordage. »

 

Elle reprend son souffle après sa longue tirade et tente de déchiffrer l'expression de son interlocuteur.

 

Elle se souvient d'un de ses anciens jobs, qui consistait à récolter de l'argent pour des associations.

Elle accostait les gens dans la rue et devait lire sur leur visage s'ils accepteraient d’être des donateurs ou pas.

 

Elle était plutôt douée à l'époque. Mais là, elle ne parvenait pas à l'analyser. Elle supposa donc qu'elle avait perdue la main.

 

Quant à lui, il prit la sienne, déposa un baiser du bout des lèvres et lui murmura :

 

« Et si c'était cela que ferais-tu ? »

 

Son sourire était affectueux, sans moquerie aucune. Elle ressentit une vague de tendresse pour cet homme qu'elle connaissait à peine et eut une envie impérieuse de se blottir dans ses bras.

 

Il se leva, s'excusa, puis partit en direction des toilettes.

 

 

À peine la porte s'était-elle refermée que Faustine se précipita sur son sac pour en sortir un miroir de poche et une brosse.

 

Elle se scruta, sans pitié pour ses moindres défauts, puis peigna ses cheveux et les attacha avec une pince.

 

Ils étaient longs et lisses, d'une couleur indéfinissable entre le blond et le châtain.

 

Elle se rasait toujours l'arrière de la tête, se disant que c'était son côté rebelle, reste d'une époque où elle avait le crâne rasé.

 

Elle ajusta sa coiffe, jeta un dernier regard à son reflet. Perfectionniste, elle regarda ses dents, pour vérifier qu'aucun morceau de salade ne viendrait gâcher son magnifique sourire. Enfin, elle replaça le tout dans son sac prestement.

 

Il était temps ! Cédric reprenait place.

 

 

à suivre...

Partager cet article
Repost0
10 avril 2012 2 10 /04 /avril /2012 21:47

3244014009_7cc84ed754.jpg

 

 

Le décor :

 

Un wagon.

 

Une destination exotique, un pays lointain.

 

Ne nous embarrassons pas de détails inutiles.

 

Elle voyage seule.

 

Lui aussi, mais il ne devrait pas être là.

 

Il a raté son avion et a décidé de rester quelques jours de plus pour le plaisir.

 

Elle vient de quitter son mari et s'est offert pour l'occasion un voyage en solitaire. Cela fait 3 semaines qu'elle se promène, sans but précis. Elle repart dans 8 jours.

 

Personne ne l'attend chez elle.

 

Elle n'a pas d'enfant, pas d'amant, peu d'amis et pas vraiment de contact avec sa famille éparpillée aux 4 coins du monde.

 

Son boulot n’est qu’alimentaire.

 

Physiquement elle ne « casse pas des briques ». Ni grosse ni mince, toujours en train de tester des régimes, sans trop de volonté...

 

Son visage expressif est harmonieux. Sa bouche est d’un rose pâle touchant. Sa lèvre supérieure est si fine qu'elle disparait presque quand elle sourit, ce qui est pourtant son principal atout. Ce sourire qui remonte jusqu'à ses yeux lorsqu’elle est heureuse et qui les fait scintiller de mille feux. Sur ses joues se forment deux jolies fossettes qui font craquer les hommes.

 

Émane d'elle une attraction mystique. Elle ne passe jamais inaperçue. Séductrice sans le vouloir, elle attire tous types d’hommes.

 

Son regard est souvent ailleurs. Si l’on parvient à le croiser, on se perd dans sa pupille, tantôt bleu, verte ou grise, pailletée d'or.

 

Ce voyage elle le vit comme un chemin initiatique au tréfonds de son être.

 

Après 3 ans de vie de couple, elle a la sensation de partir à sa propre recherche. Retrouver enfin celle qui s’était perdue dans les méandres du quotidien de la vie à deux, croyant bien faire…à tort !

 

Il est 22h quand elle réalise que le train est arrêté en pleine voie, quelque part dans la cambrousse.

 

Les haut-parleurs chuintent et une voix masculine annonce qu'il y a une panne. Les passagers sont priés d'attendre dans le calme que le problème soit résolu.

 

Enfin, c'est ce qu'elle croit comprendre, car elle n'est pas encore complètement familiarisée avec la langue locale.

 

Elle s'enfonce dans son siège, en songeant qu'elle devrait dormir un peu en attendant.

 

Ses nuits sont courtes et peuplées de rêves plus incompréhensibles les uns que les autres.

 

C'est alors qu'elle distingue un mouvement sur sa gauche. Un jeune homme qu'elle n'avait pas remarqué se lève et s'approche d'elle.

 

« Excusez-moi, dit-il en français, est-ce que vous avez compris ce que le chauffeur disait ?»

 

Elle lui traduit d'une voix distante, tout en se redressant un peu.

 

Elle n'aime pas cette situation car ils sont seuls dans le wagon...

 

Il parait soulagé quant à lui de voir qu'elle est française, elle aussi. Il l'a remercie, s'apprête à retourner s'assoir puis se ravise :

 

« Je ne veux pas vous importuner, mais il se trouve que j'avais prévu des sandwichs pour le trajet. Puis-je vous en proposer? Nous pourrions peut-être en profiter pour faire connaissance ?»

 

Il parait tout intimidé en disant cela, bien qu’il tente de le dissimuler.

 

Elle s'apprête à décliner son invitation, par automatisme, mais perçoit sa gêne. Elle prend alors le temps de l'observer avant de lui répondre.

 

Son estomac décide au même moment de lui rappeler son existence. Elle n'a guère mangé depuis le début de son voyage ; la nourriture du pays n'est pas à son goût.

 

Elle le dévisage.

 

Il est plutôt grand et élancé. Il a fait une queue de cheval de ses cheveux bruns mi- long.

 

Il est beau.

 

Son regard est très doux. Son nez est un peu grand mais droit (ce qu'elle apprécie toujours chez un homme, car il lui semble que c'est le signe d'un fort caractère....).

 

Quelques secondes à peine se sont écoulées quand elle lui répond :

 

« Pourquoi pas? C'est gentil, je vous remercie. »

 

Elle sent qu'elle est assez froide mais c'est plus fort qu'elle. Depuis sa séparation elle garde une distance de sécurité avec les hommes qu'elle croise.

 

Elle ne se sent pas prête pour un nouveau flirt.

 

Il sourit, parait soulagé mais se reprend bien vite.

 

Il s’assied finalement en face d'elle.

 

Ils échangent d'abord quelques banalités. Elle apprend ainsi qu'il s'appelle Cédric, qu’il est âgé de 30 ans et qu’il travaille dans le tourisme. Cela explique sa présence ici.

 

Elle déguste son sandwich en le bouffant des yeux, car au fur et à mesure qu'il parle, elle tombe sous son charme...

 

 

 

à suivre...

Partager cet article
Repost0
16 juillet 2011 6 16 /07 /juillet /2011 02:14

 

 

A onze ans, on croit en tout!

Où en rien mais au fond c'est la même chose.

 

Alors, quand ce beau garçon vient s'asseoir près d'elle, lui décoche un sourire éclatant en la saluant, elle veut croire qu'elle ne rêve pas.

Il lui demande une cigarette qu'elle s'empresse de lui offrir.

En cachette, car en réalité elle est en cours, sortie de classe avec le collège, ils ont fait une genre de chasse au trésor dans le plus grand parc de la ville, puis ont échoués sur une grande place pour une pause déjeuner et un foot.

Les profs encadrant sont assis à l'autre bout et ne s'occupe pas d'elle pour le moment, ils boivent un café, sûrement en s'échangeant des anecdotes sur leur taf pourri.

Elle s'est posée 5 minutes, pour s'en griller une en douce, quand cet ange sorti de nul part a débarqué.

"Je m'appelle Tarek et toi?"

Elle bafouille son prénom, doit répéter car comme toujours, on le confond avec un autre.

 

Merde!

Une prof l'a repéré, elle doit retourner jouer.

Elle se lève à contre-coeur et rejoint les autres qui se disputent le ballon.

Adrien, le beau gosse de la classe (qu'elle aime en cachette, mais chut hein!) lui lance un regard mauvais et crie dans sa direction:

"Et si on faisait un foot massacreur?"

Le but de ce jeu débile est de faire passer la balle entre les jambes de quelqu'un, un petit pont quoi, si on réussit, toute l'équipe doit aller "massacrer" le malchanceux....

Pas de bol, c'est sur elle que ça commence, Adrien ne rate pas son tir, et en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, elle se retrouve à terre, rouée de coups de pieds et poing.

Elle n'a rien vu venir, 3 secondes plus tard, elle ne sent presque plus la douleur, tellement elle la submerge.

 

Bien sur les profs réagissent à peine et avec lenteur, Tarek est plus rapide, il attrape Adrien par son sweat et le soulève (il mesure bien 20 centimètre et 5 ans de plus) lui crache au visage et lui dit: "Mon gars, si je te chope dans la rue, je vais te faire ta fête..."

Puis il le pousse et vient aider la jeune fille à se relever.

Il l'a ramène sur le banc, pendant que les profs engueulent mollement ses camarades.

Elle remercie son sauveur, qui lui promet de s'occuper du cas d'Adrien, dès qu'il en aura l'occasion.

Puis, il lui donne rendez-vous le lendemain sur la place.

 

Quand elle rentre chez elle, elle ne marche pas, elle vole, ne sent même pas les bleus qui viennent fleurir sur son corps.

Son coeur bat la chamade à la seule évocation de ce prénom, qu'elle murmure comme une formule magique.

Elle ne dort pas cette nuit-là, imaginant un million de scénarios possibles et comptant les minutes qui la séparent de son prince...

 

Le lendemain c'est samedi, elle part de chez elle le plus tôt possible, prétextant un rendez-vous avec des copines.

Elle chausse ses rollers car la place est à l'autre bout de la ville, puis file rejoindre Tarek à tout allure.

Elle l'attend toute l'après-midi mais il ne vient pas.

Dès lors, tout les mercredi et les week-end, elle y retourne, espérant le revoir.

 

Elle se lie d'amitié avec un mec, Harry, 24 ans, avec qui elle passe ses journées sur un banc, à fumer des pétards et à philosopher.

Les grandes vacances approchent, elle les attends avec impatience, car elle pourra venir tout les jours.

 

Un matin, au bahut, Adrien se pointe après 2 jours d'absences. Il a la gueule en vrac, un beau cocard lui cerne l'oeil droit, ce qui ne l'empêche pas d'être le chouchou des filles, au contraire...

 

Elle apprend par lui qu'il s'est fait agresser dans la rue, bombe lacrymo et pétage de tronche en règle, par Tarek et un pote à lui. Elle a du mal à y croire, mais Adrien semble sérieux, il dit même qu'il a déposé plainte.

Son coeur qui s'était calmé depuis ce long mois sans nouvelles, reprend sa course effrénée!

 

Quelle ne fut pas sa surprise, un soir en sortant du collège, de tomber nez à nez avec Tarek, au coin de la rue, avec des grands de 3ème!!!

Il la reconnaît, l'a fait s'asseoir près de lui, et , sans prévenir, la renverse en arrière et lui dévore la bouche!

Elle ne pense même pas à fermer les yeux, comprenant à peine ce qui ce passe.

Les autres se marrent en la voyant.

Quand enfin elle reprend son souffle, elle est rouge de honte, de joie, et de tellement d'autres choses...

Il s'excuse pour le dernier lapin, lui redonne rendez-vous le samedi suivant, en promettant d'être là cette fois.

Les étoiles dans ses yeux se rallument plus brillantes que jamais.

 

Elle! Il l'a embrassé, elle?!

Elle que tout le monde (elle la 1ère) trouve moche, bête, trop grande, trop ronde, trop mal habillée pour ce collège bourgeois, trop inintéressante pour cet univers superficiel, elle, ce garçon veut la revoir, elle!

 

Les jours suivants, elle ne s'en souvient pas, elle n'est pas vraiment là...

Et quand il arrive sur la place, à l'heure dite, elle se pince pour être sur de ne pas rêver.

Il l'embrasse, elle se décompose, en lumière, en fumée, en quelque chose de doux, vaporeux...

Elle ne s'est jamais sentie aussi vivante!

 

Il l'entraîne quelques rues plus loin, dans des escaliers menant à un parking, peu utilisé.

Il l'enlace, l'embrasse, se fait de plus en plus pressant, ses mains deviennent baladeuses.

Dans sa tête, les pensées fusent à toute vitesse!

Elle se souvient d'un article, dans son magasine préféré, Girls! , où un sexologue expliquait que pour une fille, il fallait attendre d'avoir ses règles, pour faire l'amour avec un garçon.

Elle s'affole, n'ose pas lui dire qu'à onze ans elle ne les a toujours pas eu!

D'ailleurs, comme beaucoup d'autres personnes, il ne la croit pas sur son âge, avec ses 1m70, on lui donne toujours 16 ans ou plus.

Elle finit par trouver une excuse, la communion d'une copine, à laquelle elle est invitée, et s'enfuit comme une voleuse, lui promettant de revenir le lendemain.

Déboussolée, elle n'y retourne pas et pleure longtemps sur son lit, sur sa jeunesse qui tarde à passer et sur sa bêtise de s'être défiler...

 

A l'époque, pas encore de portable, alors elle squatte la place tout l'été, avec ses nouveaux potes de là-bas, des jeunes de 16 à 25 ans avec qui elle glande et refait le monde.

Elle a toujours une boule au ventre, ne sachant si elle a peur ou envie de revoir Tarek...

Il hante ses jours et ses nuits.

Un jour bien sur, elle finit par le croiser...

 

 Lui, comme si de rien n'était, lui fait la bise comme à une copine.

Elle part en mission argent, avec sa copine Marie, et il les accompagnent.

Elles essaient chez la mère de Marie, dans un quartier chic de la ville, mais pas de chance, non seulement elle refuse de leur filer des sous, mais elle interdit à Marie de ressortir.

Tarek et elle se retrouve tout les deux sur le palier.

Il se tourne vers elle, une méchante lueur dans le regard.

"Au fait, pourquoi t'es pas revenu la dernière fois, tu sais que je t'ai attendue?"

Elle sent monter une sorte d'angoisse qui lui assèche la gorge, l'air semble soudain manquer.

Elle lui répond qu'elle était interdite de sortie, qu'elle n'a rien pu faire.

Puis elle tente de le contourner pour prendre les escaliers.

Il lui bloque le passage.

"On n'avait pas fini, il me semble, susurre-t-il d'une voix étrange, mais ça tombe bien, ici c'est parfait."

Il la plaque contre le mur violemment, colle ses lèvres aux siennes.

Ses mains se glissent sous son tee-shirt avec une dextérité surprenante.

Elle cherche à le repousser, affolée, sentant que la situation lui échappe totalement.

Il lui met alors une énorme baffe, qui résonne longtemps dans ses tympans.

Elle vacille sous sa force, choquée.

Il reprend ses attouchements, comme si de rien n'était, essaie même de lui enlever son haut, mais de nouveau elle se dégage.

Il l'a frappe encore plusieurs fois, en lui disant de rester tranquille sinon ce sera pire, que de toute façon ce n'est qu'un boudin mais qu'il veux juste se vider les couilles.

Elle n'arrive plus à réfléchir, sa tête lui fait un mal de chien, le bourdonnement dans ses oreilles est insupportable.

Elle perd le contrôle, se met à hurler, pas un mot ni un appel au secours, un cri strident de toutes ses forces!

Elle reprend à peine son souffle et recommence, fermant les yeux, se laissant submerger par sa détresse, se concentrant sur sa voix, avec l'impression que sa tête et les vitres alentours vont éclater.

Quand elle rouvre les yeux, après ce qu'il lui semble une éternité, Tarek s'est barré, de peur que des gens les surprennent.

 

Mais personne ne sort. Elle se laisse tomber au sol, épuisée, ne sachant que faire.

Quand elle reprend un peu ses esprits, elle ne pense qu'à déguerpir en vitesse, au cas où il reviendrait.

Elle sort de l'immeuble toute tremblante, terrorisée à l'idée qu'il l'attende quelque part, croyant s'effondrer à chaque pas.

Mais il est parti.

 

Elle erre dans les rues, hébétée de ce qui vient de se passer.

Ses pas l'emmènent non loin de la place, dans le parc de la mairie.

Elle s'affale sur un banc.

Cela fait bien une heure qu'elle sanglote, incapable de bouger, prostrée sur elle-même.

Un de ses potes l'aperçoit, vient s'asseoir près d'elle et tente de comprendre.

Elle lui raconte, pas tout, sa fierté l'en empêche, elle parle seulement des coups.

Il vient de croiser Tarek justement, sur la place, se vantant de s'être taper une gamine pucelle.

Elle nie de suite et il semble la croire.

Il lui promet de rester avec elle et de ne plus jamais le laisser s'approcher.

 

Quand elle rentre chez elle ce soir-là, elle ne dit rien à personne et part se coucher tôt.

 

Allongée sur son lit elle pleure, elle pleure sur la mort de son enfance...qu'elle enterre profondément.

 

angenfant

 

 

Image venant du blog de Dexter

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le blog de Cecyle
  • : Quelques moments de ma vie en poésie, les bons, les mauvais...tout ce qui me passe par la tête!
  • Contact

 

Hey salut!

Bon à savoir

 

 

Entre CE QUE JE PENSE,

CE QUE  JE VEUX DIRE ,

CE QUE JE CROIS DIRE,

et CE QUE JE DIS,


et CE QUE VOUS VOULEZ ENTENDRE,

CE QUE VOUS ENTENDEZ,

CE QUE VOUS CROYEZ COMPRENDRE,

CE QUE VOUS VOULEZ COMPRENDRE,

ET CE QUE VOUS COMPRENEZ,

il y a au moins neuf possibilités de

NE PAS S'ENTENDRE. 


 
Bernard Werber

Ma fil aux os phy

 

 

  

      Un but ne parait

 

  jamais

 

plus loin  

 

que lorsqu'on

 

n'essaie pas

 

de l'atteindre          

 

 

 

 

 

 sceau1

http://www.copyrightdepot.com/cd12/00048921.htm

bonial – horaires et promos – moins de co2