Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
13 août 2020 4 13 /08 /août /2020 23:37

Judikaël est mon professeur de détachement. C'est lui qui me ressemble le plus, et j'ai besoin de le voir grandir, s'épanouir, s'aimer, malgré moi et tout ce que je ne peux lui donner. J'ai besoin qu'il me montre le chemin de s'aimer lui-même, malgré un père qui l'abandonne et une mère qui le rejette.

Pour l'aimer et lui donner de l'amour, j'ai besoin qu'il s'aime. Bien sur, ça ne devrait pas être comme ça, un enfant grandit et apprend à s'aimer dans le regard de ses parents. Mais son père n'est pas en capacité, et malgré tout ce que j'aimerai croire de moi-même je n'y arrive pas non plus. Je voudrais l'aimer de manière inconditionnelle mais je ne sais pas faire.

J'apprends grâce à lui. Je grandis avec lui. J'ai besoin qu'il se construise indépendamment de moi, qu'il me montre comment s'affranchir du regard des autres. Pas s'affranchir de l'amour des autres, non tout le monde en a besoin.

Mais j'ai besoin qu'il pousse dans l'adversité. Je ne le fais pas exprès, je ne me dis pas, hey, et si je le repoussais quand il veut un câlin, et qu'il attend après des miettes d'attention. Cela agit comme un aimant inversé. Plus il me réclame de l'attention et de l'amour, moins j'en ai à donner. Je me sens prisonnière de cette relation avec mon fils, pendant un temps cela me faisait ressentir de la toute puissance et j'en ai largement abusé. Aujourd'hui j'ai peur de ce pouvoir, et c'est cette peur qui me fait le repousser. J'ai peur de ce qu'il va traverser. J'ai peur de ne pas lui apporter ce dont il a besoin, j'ai peur que la barre soit trop haute pour moi alors je me renferme.

Je préfère (inconsciemment jusqu'à maintenant) saboter mon pouvoir, museler mon amour, de peur de sa dépendance envers moi. J'ai besoin de lui pour me montrer la voie. Comment apprendre à s'aimer, à trouver sa place quand on se sent rejeté quoi que l'on fasse.

Comment construire sa personnalité quand tout ce qu'on veut c'est être aimer et accepté. Moi je ne sais pas faire.J'ai encore tellement besoin de l'amour des autres, du regard de mes amis, de mes enfants, de mon compagnon, pour sentir que j'ai de la valeur. Je travaille dessus depuis longtemps mais je suis consciente comme je suis encore totalement accro à ma dose d'amour.

c'est une obsession. Aider les autres. Me sentir utile. Je ne donne jamais rien gratuitement, j'attends toujours de l'amour en retour. Et quand je me sens rejetée, quand on me fait sentir que je ne donne pas assez. Quand on pointe du doigt mes failles, mes manquements, quand mon compagnon me montre comme je ne suis pas assez présente pour lui, mes enfants aussi. Alors je me sens si mal.

Et j'essaie, j'essaie de me diviser, de m'oublier pour les autres mais sans cesse , comme un boomerang aujourd'hui, si je m'oublie je sombre. Si je commence à trop donner, à m'oublier au profit de ceux que j'aime alors j'étouffe. Je me sens mal. J'ai l'impression que quoi je fasse ce ne sera jamais assez. J'ai l'impression que je dois tout prendre en charge, tout gérer, le quotidien, la maison, les sensibilités de chacun. Que je ne peux jamais vraiment arrêter.

Mes amies, mes piliers, sont celles qui m'aident à garder le cap quand je ne sais plus ou aller. Mais il suffit que je sente l'un de mes piliers vaciller, pour que je vois la tempête se rapprocher de mon esprit. Je demande beaucoup de choses à mon compagnon. Je sais qu'il doit vraiment supporter beaucoup de choses difficiles de ma part. Par exemple que je lui montre peu mon amour.

Je dis que je l'aime et j'y crois, mais en vrai j'ai peur d'aimer. Peur de me laisser aller et d'être trahie. Peur de lui montrer mes failles et qu'une fois mise à nue...Il me laisse tomber...comme d'autres avant lui. Alors d'une certaine manière, je le teste, je teste son amour pour moi, je lui fais vivre de mauvais moments juste pour être sûre qu'il ne me lâchera pas même dans mes pires états.

Mais je lui fais à peine profiter de mes bons!

Bien sûr tout est plus compliqué que cela mais m'abandonner à la confiance de l'amour de l'autre me semble tellement inatteignable. Pourtant, on en a traversé des épreuves, et grâce à cela, ma confiance grandit et je sais que c'est quelqu'un de fiable.

Mais j'ai peur qu'en me laissant aller à être trop joyeuse et enthousiaste il me casse. Je lui donne un tel pouvoir sur ma vie, sur ma vision de moi-même que ça me fait peur.J'ai peur que si je suis heureuse et enthousiaste, il m'attende au tournant de ma prochaine déprime.

Mais je sais aujourd'hui que je suis cyclique, J'apprends moi-même petit à petit à me comprendre, à m'écouter, et le côté spirituel que je ne peux pas partager avec lui me pose beaucoup de barrière. Alors je m'adapte, je navigue à vue, je me raconte des histoires, j'apprends à m'occuper de moi, même si je sens qu'on me le reproche, qu'il me le reproche car lui-même ne sait peut-être pas trop comment si prendre.

Et moi tout ce que j'espère, tout ce que je veux, c'est que chaque avancée sur moi-même serve aux autres! A mes enfants bien sur,à l'homme qui partage ma vie, à mes amis, à chaque personne croisé sur ma petite route, je veux être une petite lumière.

J'ai besoin d'un roc à mes côtés, j'ai besoin qu'il soit fort pour m'accompagner, j'ai besoin qu'il prenne soin de lui pour ne pas avoir à le faire à sa place, j'ai besoin qu'il soit pleinement investi dans la famille même si j'ai du mal à lui laisser de la place. J'ai besoin qu'il la prenne. J'ai besoin qu'il soit un homme. Qu'il s'affirme, qu'il me renvoie chier mais pas en mode pourrissement psycho, plutôt en mode: STOP!

Tu n'es pas toute seule, je suis là tu peux compter sur moi. Je suis solide, je tiens la route.Je suis là pour la famille, la maison, les enfants, les parents, et tout ceux qui ont besoin.

Mais nous... nous se perd. Le couple, Mathieu et moi est difficile à exister dans tout ça. La sexualité est pour moi ennuyeuse. Il faudrait qu'il y ait tout le temps(souvent en tout cas) du renouveau, de l'aventure, mais je ne sais pas l'insuffler.Alors je me réfugie dans un non besoin.

Mais ce n'est pas vrai! Je suis un corps, j'aime les caresses, j'aime l'intensité du sexe, mais j'aime aussi tout ces petits moments qui ne sont pas sexuels mais qui sont comme des préliminaires, même si à priori totalement dénué de connotation sexuelle.

Des petites attentions. Un café préparé avec amour, un petit geste de rien du tout qui montre qu'il a pensé à moi, à ce que je ressentais. Ranger le poulet dans une boite pour le mettre au frigo plutôt que de le laisser dans le four. Etendre le linge que je n'ai pas encore eu le temps de m'occuper.Lever ses yeux d'une partie d'échec et me dire, hey! viens on fait un truc tout les deux? Et pas juste une sieste crapuleuse.... Me prendre dans ses bras.

Me chuchoter à l'oreille : Je t'aime. Et pas seulement pour vérifier que moi aussi. Parce que moi pas toujours moi aussi. Moi des fois je ne m'aime tellement pas que je ne suis plus capable d'aimer qui que ce soit. Et chaque personne qui me donne de l'amour en attendant mon retour m'agresse. Alors qu'un : Ma chérie, je t'aime. Je suis là pour toi.

Et c'est tout. Pas de reproche parce que je n'arrive pas à déléguer, ou parce que je n'arrive pas à me reposer, je ne veux pas être contrôlée!!!! Juste aimée. Qu'on me fasse confiance. Qu'on voit que jamais, jamais je n'ai l'intention de faire du mal à qui que ce soit.; même si ça m'arrive d'en faire.

Un peu comme quand Kleber renverse la carafe. Ça ne viendrait à l'idée de personne de penser qu'il l'a fait exprès! Tout ce dont il a besoin à ce moment, c'est d'aide pour ramasser les morceaux et éponger les dégâts, et éventuellement être rassuré que cela ne changera rien à notre relation future...

J'aimerais qu'il voit toutes les petites attentions que j'ai pour lui sans avoir besoin de les dire, j'aimerais qu'il voit l'amour que je lui donne même si ce n'est pas de la façon que lui le reçoit. A chaque petit cadeau acheté, j'aimerais que mon amoureux, les enfants soient conscient que quand j'ai choisit cette objet, ce livre, cet outil de cuisine peu importe. J'étais en plein amour. Je pensais à eux, j'imaginais leur procurer de la joie, du bonheur, et que juste ça me remplissait d'amour pour eux...pour moi aussi.

J'aimerais que Mathieu me donne des occasions de lui apporter cela. Je suis tellement frustrée de ne jamais savoir quoi prendre pour lui faire plaisir. Je sais que l'amour ne s'achète pas, ce n'est pas ce que je veux faire, je suis bien consciente que c'est ma façon à moi d'aimer. Les cadeaux, donner de mon temps, me prendre la tête avec un problème qu'il a pour essayer de l'aider à trouver une solution. Essayer de retenir tout ce qu'il attend de moi pour ne pas le décevoir et recevoir comme un uppercut chaque fois qu'il pointe du doigt une erreur de ma part....l'impression de ne jamais en faire assez et finalement. De ne jamais avoir le droit d'être aimer..

Killian me montre l'indépendance à l’extrême. Il croit pouvoir s'affranchir des autres et de leur affection il se coupe totalement de ses sentiments pour se protéger, mais se rend par la même beaucoup plus vulnérable et distant.

Je connais cette technique. Je la pratique aussi à ma mesure. Le problème c'est qu'on se ment à soi-même. Personne ne peut être à ce point indépendant sans en souffrir tôt ou tard et sans courir le risque d'être seul. Très seul. Même au milieu de la foule. Ne rien dévoiler de soi, rester à la surface des choses et des gens , cela protège un temps mais cela empêche aussi toute possibilités de se surprendre à s'abandonner...et voir que finalement. On a besoin d'être aimer. Que les autres ne sont pas simplement des pions sur notre échiquier. Qu'ils ont des sentiments et que si on joue avec...on a soi-même à se perdre.

Je ne sais pas comment l'aider, si ce n'est en essayant moi-même d'être le plus authentique possible, lui partager mes doutes, mes questions. Même si cela semble vain, je ne désespère pas de le toucher. Et je serais là, envers et contre tout, et contre lui, pour l'accompagner vers le lâcher prise si effrayant et nécessaire à la fois. Je prendrais sur moi de le bousculer, quitte à risquer de perdre son amour. Car ce qui m'importe le plus au monde c'est son bonheur, son bien-être, dut-il me détester pour cela.

Et je crois qu'il faudra qu'il en passe par là. Mais il est trop occupé à en vouloir à son père pour le moment. Il a besoin de moi alors il me ménage, mais moi je vais devoir me bousculer, le bousculer pour sortir de cette zone ou il risque de se perdre et s'encrouter. Il mérite tellement mieux! Il pourrait transformer la capacité de dissimulation de ses sentiments, et de mensonges! pour être quelqu'un de vrai, d'honnête, d'intègre. Et alors...il rayonnerait et inspirerait beaucoup de gens. Moi, ses frères ...et son père y compris.

Je l'accompagnerai coûte que coûte sur ce chemin, je crois en lui, je sais qu'il y arrivera, il est intelligent, et courageux, il apprendra à affronter ses démons. et les transcender. Il acceptera ses failles, il se regardera dans la glace et se dira: Ok, je suis pas parfait mais je m'aime bien et je crois même que je pourrais aimer les autres et que les autres pourraient m'aimer, sans chercher à me blesser ou me contrôler. Et puis j'ai confiance en moi. Je m'entoure des bonnes personnes, celles qui m'aideront quoi qu'il arrive, et qui m'aimeront tel que je suis.

Même quand moi j'y arrive pas tout à fait.J'ai des handicaps de départ qui deviendront mes forces, un père sur qui je ne peux pas compter et qui m'utilise et me réduit au rang d'objet. Une mère trop jeune, trop dure, trop autoritaire et imprévisible, ce qui explique que j'ai besoin de me rassurer et de contrôler le plus de choses possibles. Une grand-mère aimante mais contrôlante aussi, étouffante parfois, infantilisante souvent. Et qui ne me connaît pas vraiment et que j'ai la trouille de décevoir. Alors je me fais petit, je ne fais pas de vagues, du moins en apparence.

Mais à l'intérieur ...je bout! Je me bride en permanence, je prends sur moi. Jusqu'au jour ou je n'y arriverai plus. Et alors j'ai peur. Peur que tout ce sur quoi je me suis construit s'effondre. Même si les fondations sont pourris et le système bancal, c'est tout ce que je connais pour le moment ça fonctionne..On verra après. Quand les coups de soleil seront si douloureux que je devrais vivre à l'ombre...

 

Et pour finir.. Alyxandre, mon professeur d’indépendance et d'inter-dépendance! J'ai besoin de vous mais je veux dire que je me débrouille quand même! Je veux m'affirmer, c'est pas facile d'exister dans cette famille avec autant de caractères forts et différents!

Il faut que je fasse ma place, petit bonhomme que je suis, en criant haut et fort que j'existe! En vous montrant comment exprimer clairement ses besoins, en m'autorisant à crier à votre place toute vos frustrations! Vous croyez que je ne les sens pas? Toutes ces brides que vous vous mettez? Et bien moi je ne les mettrai pas! Et cela va me rendre fatiguant, voire même détestable sur certains aspects.

Guidez-moi vers la lumière, guidez-moi pour que toute cette énergie en moi serve à bon escient, il n'y a que vous, mes parents, mes frères, mes proches, qui pouvez m'accompagner sur cette voie. Car oui, je suis clairement à la limite du bien et du mal, je peux être le pire des tyrans comme le plus aimant et généreux des enfants.

Voyez mes facettes, aidez-moi à en travailler plus certaines que d'autres, et surtout surtout...ne me laissez pas prendre toute la PLACE! Aidez-moi à être à la fois le musicien et le chef d'orchestre, et le spectateur... l’émetteur et le récepteur de toute cette énergie et ne pas la gaspiller en épuisant les autres. Montrez-moi que je suis digne d'être aimé, que j'ai le droit d'exister, d'être qui je suis mais pas en écrasant les autres. En faisant attention à eux. Et à moi par la même occasion.

 

Voilà...juste une nuit et quelques réflexions...

Partager cet article
Repost0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Cecyle
  • : Quelques moments de ma vie en poésie, les bons, les mauvais...tout ce qui me passe par la tête!
  • Contact

 

Hey salut!

Bon à savoir

 

 

Entre CE QUE JE PENSE,

CE QUE  JE VEUX DIRE ,

CE QUE JE CROIS DIRE,

et CE QUE JE DIS,


et CE QUE VOUS VOULEZ ENTENDRE,

CE QUE VOUS ENTENDEZ,

CE QUE VOUS CROYEZ COMPRENDRE,

CE QUE VOUS VOULEZ COMPRENDRE,

ET CE QUE VOUS COMPRENEZ,

il y a au moins neuf possibilités de

NE PAS S'ENTENDRE. 


 
Bernard Werber

Ma fil aux os phy

 

 

  

      Un but ne parait

 

  jamais

 

plus loin  

 

que lorsqu'on

 

n'essaie pas

 

de l'atteindre          

 

 

 

 

 

 sceau1

http://www.copyrightdepot.com/cd12/00048921.htm

bonial – horaires et promos – moins de co2