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15 septembre 2014 1 15 /09 /septembre /2014 19:54
Toi et moi 2

 

 

Le lendemain, je décide de ruser.

Puisque tu aimes faire des mystères, t'es bien tombé!

J'échafaude un plan rapide: Je sors de mon école, enfourche mon vélo et remonte par une autre rue jusqu'à la côte. Là, j'accroche mon vélo et remonte la côte à pied par la route. J'ai décidé d'arriver par l'opposé à ma plage, et tenter de t'espionner!

Comme ça, si tu es au même endroit qu'hier, ce sera à mon tour de te surprendre!

Gniark gniark gniark...

OK, ce plan est pourri mais je ne peux quand même pas me laisser manipuler l'esprit par le premier mec venu!

Il faut que je reprenne les choses en main...

 

Et je ne me suis pas trompée, tu es bien là.

Sauf que je tombe des nues encore une fois!

Tu es assis, à MA place attitrée (oui oui j'ai écris mon prénom dans le sable une fois), mais tu n'es pas seul!

Une nymphette aux jambes interminables est à tes côtés et vous riez à gorges déployées!

 

Je me traite de tout les noms possibles et imaginables pendant au moins 10 minutes.

Tu ne me remarque même pas, alors que je suis à 50 mètres à peine de toi.

Tout mes films mentaux, que je n'avais pas manqué de faire depuis la veille s'écroulent.

Si seulement je n'avais pas fait ce plan stupide, je serais peut-être arrivée avant cette grognasse!

Ou bien, au pire, si elle t'accompagnait déjà, j'aurais au moins garder ma place!

Mais non, me voilà pauvre petite chose misérable, échouée sur le sable, à te regarder lui prendre la main et lui octroyer ton sourire de cinéma.

Abattue comme jamais, je m'esquive discrètement de cette scène intime ou je ne suis vraisemblablement pas invitée...

Le temps de faire le détour jusqu'à mon vélo, ma peine s'est transformée en rage, et je fulmine tellement que je me heurte de plein fouet à un imbécile qui passait devant ma roue.

Je fais un vol plané par dessus mon bolide et atterris dans la posture la plus ridicule jamais tentée (même par le plus pitoyable des clowns...) .

Je n'ai rien de blessé heureusement, si ce n'est mon égo.

Je me relève péniblement et voilà que tu es près de moi, me soutenant le bras et me murmurant tendrement:

- Je m'appelle Aksel, mais je t'en prie, ne te sens pas obligé de le doubler!

A voir ma mine déconfite, et mes yeux abasourdis, je crois que tu as pitié de moi et je n'ai même pas le réflexe de rire à ton jeu de mots pourtant bien placé.

Je ne réponds pas, je te repousse un peu brusquement et m'avance vers mon vélo en serrant les dents.

Du coup, tu perds de ta superbe, tu me rattrapes et me demandes:

- Est-ce que tout va bien? Tu n'es pas venue sur la plage?

- Tiens? Tu n'a plus un quota de questions à respecter?

La colère est remontée dans ma gorge et je n'ai plus que de la bile à cracher:

- Tu sais quoi? Va donc retrouver ta starlette et oublie-moi!

 

Sauf que ta réaction n'est pas du tout celle que j'imaginais.

Tu éclates de rire, un de ceux incontrôlable et habituellement communicatif.

Mais moi j'hésite surtout entre te coller une gifle (que ma non-violence réprouve) et tourner les talons sans commentaires.

Mais ma curiosité l'emporte.

- Ben quoi? Qu'est-ce qui te prends?

 

Tu pouffes encore un peu mais parviens à retrouver ton calme avant que je perde le mien.

-Mais enfin Cecyle, c'était ma sœur! Je squatte chez elle depuis une semaine et aujourd'hui elle est venue avec moi pour te rencontrer!

-Quoi? Non mais c'est une blague? Et puis d'abord...d'où tu connais mon prénom? Et pourquoi ta sœur voulait me rencontrer?

Tu baisses les yeux, semblant chercher la réponse adéquate à ma rafale de question.

-Heu, tu ne veux pas qu'on se pose quelque part pour en parler? Il te reste un peu de temps?

Je jette un œil sur mon portable et te demande si 1h suffit ou si je dois déposer un arrêt maladie pour comprendre enfin cette histoire de dingue.

 

Tu saisis mon vélo et m'entraîne vers un banc, non loin de là.

- Excuse-moi, je te dois des explications. Je n'avais pas prévu que ça se passe comme ça.

Ça va sans doute te sembler fou, mais je te connais depuis quelques jours déjà.

 

Je m'apprête à t'interrompre, pour que tu abrèges, mais l'intensité de ton regard m'en empêche. Alors je t'écoute sans broncher.

 

- J'étais parti de la région depuis 2 ans, j'ai voyagé, en Australie, à Bali, et puis en Thaïlande. Je suis plongeur professionnel, je travaille la plupart du temps avec des associations environnementales. Je suis rentré à Saint Nazaire il y a 10 jours, et comme je n'ai plus de logement ici, ma grande sœur a gentiment proposer de m'héberger, le temps que je trouve quelque chose. Depuis que j'étais parti on s'était eu 2-3 fois au téléphone, mais quand on s'est retrouvé on avait plein de choses à se raconter! Elle surtout...

Bref, il lui arrive une superbe histoire, elle a revu à la kermesse de l'école de son fils, un mec avec qui elle était au lycée. Ce fut le coup de foudre remember, et réciproque avec ça. Elle a largué son mec...lui sa copine...

 

A voir mon visage se décomposer, tu comprends que j'ai compris.

Avant que j'ai pu réagir tu enchaînes:

- Laisse-moi terminer s'il te plaît, ensuite tu décideras à quelle sauce tu va me manger.

Alors voilà, elle me raconte tout ça. Je rencontre le mec en question, on sympathise, et puis je l'avais déjà croisé il y a 15 ans. Avec ma sœur, Julie, on a que 2 ans d'écarts.

 

Si j'avais encore un doute, ce prénom l'a balayé.

 

" Donc on discute, il me parle de toi et de cette étrange rupture. On boit quelques bières et, ma sœur étant sortie, j'en profite pour lui poser des questions sur toi, je ne sais pas pourquoi mais ton prénom a résonné dans ma tête comme un coup de tonnerre. Il me parle de la musique que vous avez fait ensemble, de vos différences, de ton côté bohème qu'il n'a jamais su gérer... Finalement, je comprends que ce gars est paumé, qu'il ne sais pas qui il est et que ma sœur est tombée à point nommé dans sa vie.

Je le juge pas, j'ai juste l'impression qu'il avait besoin d'une nana comme elle, qui le cadre et l'encense, et que de son côté, elle l'avait toujours gardé dans un coin de sa tête, en l'idéalisant sûrement avec le temps.Mais c'est que mon avis.

Bon, toujours est-il que depuis cette soirée où j'ai découvert ton existence, je n'ai pas cessé de penser à toi. J'en rêve même la nuit! Oh bien sur je ne sais pas tout de toi, mais quand j'écoutais ton ex parler, je voyais qu'il était toujours sous ton emprise, et cela m'a fasciné car je crois qu'à travers lui, eh bien, tu m'as ensorcelé aussi.

Avant-hier, j'ai accompagné mon neveu à l'école et en repartant, je suis passé devant la maternelle. Tu étais en train d'accrocher ton vélo. J'ai tout de suite su que c'était toi. Tu ne m'as pas remarqué, tu as sonné à l'interphone et tu es rentrée. A 10h30, je me suis arrangé pour passé devant la cour de récréation, et je t'ai observé parmi les enfants. Tu avais une robe rose avec "La Réunion" imprimé dessus, ce qui a confirmé mon impression première (il m'a aussi parlé de votre voyage) . Tu avais le soleil dans le dos, tu t'es assise près d'une petite fille qui pleurait, tu lui a fais le plus joli sourire que je n'ai jamais vu.

Ne t'inquiète pas, je ne t'ai pas espionné pendant des heures non plus, ces quelques instants m'ont suffit. Quand je t'ai revu hier sur ton vélo, alors que j'étais justement en train de retourner dans tout les sens ce casse-tête, et que tu m'as adressé ton sourire radieux, j'ai cru que la terre s'arrêtait de tourner. J'ai imaginé que tu savais qui j'étais, et...que tu te moquais de moi!

Bien sur c'était impossible. Mais, quand je t'ai rejoint à la plage, et que j'ai enfin osé t'approcher, j'ai un peu paniqué. J'ai cru que tu me trouverais inintéressant, ou encore dérangeant.

Je me suis vite repris, ce que je voulais surtout, c'est que cette rencontre soit aussi renversante pour toi que pour moi.

Pour finir, Julie m'a accompagnée aujourd'hui car elle se sentait un peu coupable et qu'elle voulait s'excuser du mauvais rôle qu'elle a eu dans cette histoire. Elle voulait m'aider, je crois qu'elle a ressentie que c'était important pour moi.

Bon maintenant si tu veux me traiter de taré, ou t'enfuir en courant je comprendrais. Mais je t'assure que je n'ai probablement jamais été aussi sincère de toute ma vie."

 

Je ne sais pas quoi répondre. Moi qui avais craint de t'avoir saoulé de parole la dernière fois! Tu m'as battu.

Ma tête me fait un mal de chien et j'ai l'impression de sortir d'une cuite de 6 semaines. Je me lève, un peu chancelante, monte sur mon vélo et m'apprête à mettre les voiles.

Tu restes assis sur ce banc, l'air navré.

Moi j'ai dans la gorge un truc qui coince. Je repars sans me retourner.

 

C'est juste que j'ai la trouille de t'avoir rêver.

 

Une semaine plus tard...

 

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commentaires

D
Bon démarrage pour un scénario. Pour la suite, je reste dubitatif... Drame ou vaudeville , j'attends d'entendre la musique de fond, Chabadabada ou à la queuleuleu. <br /> toujours une belle écriture tout de même<br /> Bises Dan
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C
Coucou mon ptit Dan, désolé de répondre maintenant mais depuis que j'ai fais la transition vers le nouveau over-blog j'ai eu un peu de mal à gérer! D'ailleurs j'ai perdu des com en chemin... Bref, je ne sais pas non plus trop où est-ce que je vais avec cette histoire mais ce qui est sur c'est que j'y vais allègrement! :D Merci d'être fidèle au poste, tu sais que je compte sur tes critiques constructives! Gros bisous!
F
Au secours! Sortez-moi de là! Je n'ai nullement mérité ça! Le seul truc vraiment intéressant (que j'ignorai jusqu' alors), c' est que tu possèdes un vélo à voiles!!!... Sont forts chez Decathlon!
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C
Mon ptit Nono accroches-toi, car la suite pourrait bien te faire mal aux yeux! hihihi :p

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