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11 mars 2016 5 11 /03 /mars /2016 00:00

Si je n'ai pas dite ou pensée cette phrase 1000 fois dans ma petite vie alors...

Alors quoi?

Bien sur que je l'ai dite ou pensée cette phrase plus de 1000 fois dans ma petite vie.

Il y a des moments où je me sens si petite!

Ça vous arrive parfois de jeter un œil sur votre vie, juste prendre un peu de recul et vous dire: je suis trop petite pour tout ça?

Je suis trop jeune, trop ignorante, trop flippée, trop faible, j'ai trop de doutes sur moi pour être capable de vivre ça, d'assumer cette vie.

C'est le moment en général où je regarde dans les coins de la pièce où je me trouve espérant presque trouver une caméra et me confirmer que je suis dans the truman show et qu'on va m'annoncer que tout cela était monté de toute pièce et que je n'ai pas à m'inquiéter, on va me donner le scénario pour que je sache à l'avance ce que je dois jouer et comment cela va se passer.

Bien sur...jusqu'ici ce n'est jamais arrivé.

Ma vie n'est pas un brouillon hein?

Je veux dire que, si je merde, je peux pas vraiment effacer l'ardoise et recommencer un plus joli dessin?

Mais c'est super flippant ce truc!

Pourquoi on ne m'a jamais dit que la vie c'était du sérieux, pas du pour rire, pas pour de faux?

Non parce que...

J'aimerais tellement, parfois, donner le scénario de ma vie à quelqu'un, bon, de préférence quelqu'un de sympa et qui m'apprécie, pour que cette personne se charge d'écrire la suite de ma vie!

Et voilà je recommence...

J'ai la trouille!

Peur de tout rater, peur de ne pas être la fille que je dois être au moment où je dois l'être, peur de ne même pas savoir qui je dois être...peur de prendre les mauvaises décisions, de décevoir les autres, de me décevoir et de ne pas le supporter, peur de supporter de me décevoir et du coup pas faire d'effort pour ne plus me décevoir etc etc etc

J'ai des kilomètres de peur derrière moi.

Je me trouve dans une de ces phases pourries où je me demande même comment j'ai pu être parfois aussi confiante insouciante que je l'ai été pour prendre la décision de vivre.

C'est tellement effrayant!

Si au moins mes choix n'impliquaient que moi!

Je pourrais sûrement lâcher prise plus facilement quant aux conséquences de mes choix et actes.

Mais voilà ce n'est pas le cas, et je ne parle même pas des enfants, car en fait toute notre vie, on la passe à avoir peur de décevoir des gens qu'on aiment, ça commence par nos parents, ça continue par nos amants, ça ne finit même pas avec nos enfants!

C'est donc dans ces moments-là que je deviens un peu con et bornée.

Et pour contrecarrer l'effet de la trouille aigüe sur mon système nerveux, je passe en mode "je sais ce que je dois faire".

l n'y a rien de plus faux ni de plus vrai que cette phrase que je me répète en boucle dans ma tête, et c'est même cette phrase qui m'a faite me relever ce soir pour écrire ceci.

Car la suite de cette phrase est: "Je sais ce que je dois faire, je dois aller tout de suite me cacher sous ma couette et y rester jusqu'à que la fin du monde se produise et me libère enfin de toute cette angoisse/peur/phobie de la vie que j'ai en moi. Et comme heureusement je suis trop flippée pour affronter la réalité de cette idée, je sais que je dois faire exactement l'inverse de ce que je pense que je dois faire."

 

J'ai peur d'être la pire mère de la planète alors je vais tout faire pour être la meilleure et je vais finalement peut-être réussir à être la plus moins pire possible.

J'ai peur d'être la plus mauvaise amie alors je vais me plier en quatre et peut-être finalement n'être pas si pire que ça.

J'ai peur de ne pas être à la hauteur de l'homme que j'aime alors je vais scier mes talons et finalement me casser la gueule à ses pieds et finir le cœur en miette.

J'ai peur de ne jamais être celle que je voudrais être et pire que ça j'ai peur de passer à côté de qui je suis sans me reconnaitre.

 

Pffffffff.

 

Ça fait du bien de le dire!

Bon allez, c'est pas le tout mais j'ai peur d'être crevée demain et de ne pas pouvoir assurer alors faut que je dorme.

Je vais profiter que je n'ai pas encore peur des peurs de mon subconscient pour pouvoir me mettre sur off, juste un petit peu.

J'ai besoin de reprendre des forces pour lutter contre toutes ces peurs.

Évidemment...

Je sais ce que je dois faire.

 

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19 septembre 2015 6 19 /09 /septembre /2015 01:13

 

 

Choisir d'aimer qui l'on est

Sans jugement, sans réfléchir

Choisir d'aimer c'est abstrait

Pour moi qui n'sais qu'aimer choisir

 

Et je chois!

Du moins j'ai chu...

 

A quel moment exact sommes-nous en pleine possession de nos moyens?

Je veux dire, objectivement?

Parce que même en étant objective sur l'objet de nos émois

En vérité...

Plus je recule et plus je m'éloigne de l'objectif tout en gagnant de l'objectivité

Mais je crains d'arriver au point où tout devient flou

 

Et si choisir d'aimer nécessitait une modération de l'aimer choisir?

J'en suis là de ma réflexion...

Autant dire que je suis nulle part

Je suis une observatrice de l'observation

Mais je ne peux être vraiment sujet et action

Je suis donc l'objet de mon intro inspection

 

Et je crois!

Au moins j'ai cru...

 

En mal d'action mais de plus en plus passive

Voilà qui fait mâle!

Je voudrais que mes actions soit en accord avec mes choix

Mais un réel décalage perturbe mon imagination

 

Comme la sensation d'avoir les mains liées

Et mes pieds qui refusent de me porter

Là ou je ne suis pas sûre de vouloir aller

Aïe!

Trop d'incertitude dans tout cela

Je sais que je suis un peu nébuleuse

Mais je laisse mes mots ouvrir la voie

 

En plein désarroi quant à mes choix

Je réalise qu'à défaut de pouvoir

J'ai le choix d'aimer

 

Ok, je vais essayer

 

Mon corps ne me plait pas aujourd'hui

Mais comme je n'ai pas le pouvoir d'en choisir un autre

Je vais choisir de l'aimer

 

Ce que je fais ou plutôt ne fais pas me frustre

Alors je vais choisir d'aimer cette inaction

Et de la mettre au profit de ma réflexion

 

Il y a tellement de paramètres de ma vie que je ne maîtrise pas

Que je sens poindre en moi des sentiments indésirables

 

Je me sens vulnérable, fragile, instable, chiante, désagréable, inutile, irritable et même parfois carrément débile...

Alors que je voudrais être forte, agile, admirable, patiente, désirable, aimable, formidable et subtile...sans oublier modeste avec ça!

Et plus je me dis que je ne suis pas celle que je voudrais être, plus je m'enfonce dans une ironie du paraître et un rejet de moi-même...

Alors stop!

 

Je vais choisir d'aimer, quoi qu'il en soit, quoi qu'il arrive, je vais me laisser guider par l'amour

Je vais aimer mes peurs, mes contradictions, mes imperfections, mon inaction, mon insatisfaction, mon impatience...et j'en passe!

Je vais choisir d'aimer tout cela, même si cela ne me plait pas, car c'est la seule action concrète que je peux maîtriser.

 

Je vais choisir de m'aimer, même et surtout quand je peux pas me supporter.

 

 

 

 

 

 

Choisir d'aimer et aimer choisir
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16 mai 2015 6 16 /05 /mai /2015 02:27
Quand le songe ment...

Voilà 3 fois que j'efface mon texte, totalement insatisfaite de ce que j'écris.

Je me trouve lourde, maladroite, embrouillée, pompeuse, bref chiante!

Et pourtant j'ai une envie, que dis-je, un BESOIN irrépressible d'écrire!

Mais j'ai tellement de trucs dans ma tête que j'ai du mal à faire le tri...

Ok, vous vous en foutez de tout ça, je me cherche des excuses...

Oulala je sens que je vais encore appuyer sur delete...

Non!

Laissez-moi une seconde, je vais rassembler mes idées et tenter d'être un minimum cohérente...

C'est la faute à ma conscience en fait!

A force de vouloir prendre du recul, je suis tellement loin de moi-même que je m'éparpille dans toutes les directions!

Je crois que j'ai envie de faire un petit bilan de conscience.

Voilà deux-trois trucs que j'ai réalisé depuis peu et que j'ai envie de partager.

Tout d'abord, j'ai enfin compris ma vilaine habitude de mentir.

Oh, jamais sur des choses importantes, bizarrement, j'ai plutôt tendance à cacher des trucs futiles.

Du genre, j'avais rendez-vous avec vous, mais j'annule parce que finalement je n'ai plus envie ou la flemme, je vous raconte un bobard pour annuler.

C'est nul, je le reconnais totalement, et vous pourriez penser que je me fous de votre gueule, et que je m'en tape de vous.

Sauf que pas du tout!

La raison profonde qui motive ce mensonge, est que j'ai peur que vous me rejetiez.

J'ai peur de me montrer telle que je suis, ou encore de vous blesser et donc que vous ne m'aimiez plus.

Ben oui, j'ai beau avoir acquis un peu d'autonomie au niveau de mon amour-propre, je suis quand même encore un peu dépendante de vous, mes amis, ma famille, pour vous cacher parfois la vérité.

En fait, il m'est beaucoup plus aisé de dire la vérité à quelqu'un dont je me fous éperdument, alors qu'à l'inverse, plus je tiens à vous, plus il y a un potentiel pour que je vous mente un jour ou l'autre...

Bon ce n'est pas non plus une règle, il se peut que j'ai suffisamment confiance en vous et en moi pour me montrer telle que je suis.

Attention, je suis consciente que c'est nul de mentir, et je suis la première à ne pas aimer qu'on le fasse avec moi! Mais je me trouve toujours un tas d'excuses pour le faire, ben oui, avant de vous mentir, je me mens à moi-même...

Je me retrouve actuellement empêtrée dans un mensonge tout pourri qui risque d'être découvert incessamment sous peu.

Mon premier réflexe a été de me lamenter sur mon sort, à l'idée d'être prise à mon propre piège.

Et puis, après réflexion, je me dis que c'est une belle occasion de progresser sur moi-même, tout en sachant que ça va pas être simple.

Le mieux c'est que je vous raconte.

Je travaille dans des écoles, avec des enfants handicapés. Je viens en soutien de la maîtresse auprès de ces élèves particuliers, afin de les aider à apprendre et à gagner en autonomie.

Bon jusque là c'est cool, j'aime ce que je fais, je me sens utile, les mômes sont adorables...

Je bosse dans deux écoles.

Dans l'une d'elles, je ne travaille qu'un jour par semaine.

Sauf que l'enfant dont je m'occupe dans cette école est assez souvent absent.

Un jour, la directrice me propose d'aller dans l'autre établissement lorsque l'enfant n'est pas là, ne voyant pas l'intérêt que je reste dans la classe puisqu'il n'y a que lui qui nécessite un accompagnement.

J'accepte la proposition.

Je me rends donc à la seconde école, mais la directrice de celle-ci me répond que non, je n'ai pas le droit de changer même si l'enfant n'est pas là, qu'au niveau des assurances ce n'est pas possible, blablabla...

Je repars dans le sens inverse.

Et là en route je me dis, c'est trop bête, je vais donc être inutile pendant une journée.

Et je déteste me sentir inutile.

Non en fait c'est pire que ça, j'ai la phobie de me sentir inutile!

Alors je décide de ne pas retourner à l'école ce jour-là.

J’appelle une amie, qui vient d'avoir un bébé, mon filleul, je sais qu'elle ne sera pas contre un coup de main, et moi je serais ravie de l'aider et de profiter de mon loulou qui plus est.

Voilà comment commence l'histoire...

Par la suite, cela arrive assez souvent que cet enfant ne sois pas là, je continue donc ma supercherie...

Jusqu'au jour où...

La directrice de cette école me dit qu'elle va bientôt voir sa collègue et lui dire que ça risque de se reproduire régulièrement pour les deux mois d'école qui restent...

Aïe!

Si elle lui en parle, l'autre va lui dire que non, que je ne viens jamais ce jour-là, puisque c'est interdit...

Aïe aïe aïe...

Je repars de l'école la tête basse en me demandant comment me sortir de cette situation plus qu'embarrassante...

En premier, j'essaie de trouver un mensonge.

Sauf que...je suis suffisamment consciente que ça ne va qu'aggraver les choses.

Je peux aussi croiser les doigts pour que cette rencontre ne se fasse pas et qu'ainsi personne ne découvre le pot aux roses...Sauf que si ça se produit...

J'en arrive à me poser la question suivante:

Qu'est-ce que je crains le plus?

Parce que je vous assure que ça me prend vraiment la tête!

C'est le problème d'être conscient de ses actes, du bien et du mal...

Ce qui m'inquiète le plus, c'est la réaction de (on va l'appeler Katy) Katy, quand elle apprendra que ça fait des mois que je lui mens.

C'est une femme que j'apprécie, que j'admire même, elle a du caractère, des valeurs, elle est droite et honnête, elle est sensible aussi, elle a tendance à être trop gentille et a du mal à mettre des limites pour se protéger. On a eu des discussions assez intimes, sur divers sujets, et je me dis que la découverte de ma trahison risque de la blesser et surtout de la décevoir.

Hors...je ne supporte pas l'idée de décevoir.

Alors, ce qui me met le plus mal à l'aise dans tout cela, c'est que je crains qu'elle se culpabilise et regrette de m'avoir fait confiance, qu'en fait, elle se remette en cause par rapport à ce que moi j'ai fais.

Mais elle n'est en rien responsable de ça!

Pourtant, je sais que c'est l'une des premières réactions qu'on a quand on se sent trahi.

Alors quoi faire?

Évidemment, je n'ai pas besoin de réfléchir longtemps avant de trouver la réponse.

Je dois lui avouer la vérité, avant qu'elle ne la découvre par elle-même et se retrouve en plus dans une position plus qu'inconfortable en face de sa collègue.

Qui perdrait elle aussi le peu de confiance qu'elle peut avoir en moi...

Pfiou...

Là, j'ai envie de me lamenter sur mon sort, pauvre de moi, quelle idiote j'ai été d'agir ainsi!

Oui, sauf que ce n'est absolument pas constructif de me dire ça.

J'ai envie de saisir cette opportunité pour sortir de ma zone de confort.

Je vais prendre le risque de me montrer sous mon plus mauvais côté, et j'accepterais la punition, quelle qu'elle soit, sachant que le plus important est la leçon que je vais pouvoir en tirer.

En faisant un pas de plus vers l'acceptation de mon imperfection et en me rendant responsable et capable de m'améliorer, je vais utiliser ce moment comme marche pied pour m'élever vers la meilleure version de moi-même.

Parce que c'est mon but premier, progresser, m'améliorer, faire de mon mieux, chaque jour, en sachant que selon les jours mon mieux sera plus ou moins élevé.

Bon, mardi, va falloir que je mette les bouchées doubles...

 

 

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17 mars 2015 2 17 /03 /mars /2015 07:57
Confession et rédemption...sur la voie de la guérison

 

 

 

 

 

Je vais déposer sur le clavier ce que je n'ai plus besoin de porter.

Et déjà je sens les bienfaits de cette terre-happy, je dépose et je souris.

 

J'ai 14 ans. Dans mon ventre, un être en création, dans mon sein, un poison.

Je ne tenterais pas ici de comprendre la raison profonde de tout cela, car je n'ai pas besoin de tout comprendre pour lâcher prise.

Je me déteste.

Mon corps m'échappe, il enfle, proteste, je le malmène, je l'étouffe sous des montagnes de bouffe, je me vois perdre le contrôle que je n'ai jamais vraiment eu.

Je suis tellement mal que je provoque l’expulsion de ce corps étranger le plus tôt qu'il m'est permis de le faire. Car cet être doit venir sur terre.

Cet être c'est mon enfant.

C'est l'enfant de l'univers qui m'a choisit pour s'incarner ici.

Je n'en ai absolument pas conscience en ce moment présent, j'ai juste la sensation d'être dépossédée de moi-même.

Il naît à sept mois et demi de grossesse, je viens de fêter mes 15 ans à peine deux semaines plus tôt.

On me présente une créature chétive, un affreux gnome hurlant, je n'en garde aucun souvenir, si ce n'est la douleur de la mise à bas.

J'emploie ce terme volontairement car c'est la sensation que j'ai, je ne suis plus humaine, je ne suis pas une mère, je suis une vache, une éléphante...

Groggy, effrayée, dégoutée de moi-même, je suis dans ma chambre d'hôpital, seule.

L'infirmière m'a interdit de bouger, je dois actionner la sonnette au moindre prétexte.

Genre je vais demander la permission d'aller pisser?

Haha, je m'en fous de ces conneries, je me lève...

Je manque de me casser la figure plusieurs fois, je vacille, chancelle, mais ma volonté est plus forte que ce gros tas de graisse qui se prétend être mon corps.

Je l'entraine de force jusqu'à la salle de bain.

Quand je réintègre mon lit, après environ une demi-heure de galère, je ne réalise pas non plus que ce n'est que le début de mon auto-flagellation.

Le père de mon fils vient m'apporter une photo, c'est la nouvelle ère du numérique, l'impression est mauvaise, je distingue cependant un truc qui ressemble à un bébé.

A priori c'est le mien, enfin c'est ce qu'on me dit. Non parce que tout l’hôpital peut le voir sauf moi, sa mère. Son père a le droit d'être près de lui, de l'accueillir sur cette planète mais pas moi, moi je suis punie de je ne sais pas quelle bêtise, si ce n'est d'avoir eu l'idée saugrenue d'enfanter, je DOIS me reposer, je ne DOIS PAS être avec celui qu'on prétend être la chair de ma chair, le sang de mon sang.

Si j'insiste sur ce point c'est qu'il est important.

Le contact n'a pas eu lieu.

On pourrait me mettre n'importe quel nourrisson dans les mains que je n'aurais pas la moindre idée si c'est bien celui qui a squatté mon ventre pendant 7 mois et demi.

Ce que je vous raconte là est une bouillabaisse de souvenirs, de sensations, c'est extrêmement désagréable car d'une certaine manière, je revis ce calvaire en l'écrivant.

Mais c'est une libération car tout ce qui ne s'exprime pas s'imprime en nous.

Et je ne veux plus être la somme de mes souffrances.

Je veux être l'actrice de mes délivrances.

Enfin le jour se lève sur cette chambre, on m'autorise à venir voir mon fils.

Personne ne fais les présentations, je me sens totalement étrangère à ce bout de chair que je dois aimer, que je dois chérir, que je dois protéger pour les 18 années et plus à venir.

Je sens, je sais tout de suite, que ça va être compliqué.

La vue de cet être si petit, si frêle, si démunit...mon mental me dit que je dois l'aimer.

Le regard des gens qui m'entourent, son père, sa grand-mère, les infirmières, tous! M'envoie le message que je DOIS l'aimer.

Seul mon corps me dit la vérité, celle que je ne veux pas entendre, celle qu'il est interdit d'avouer...

J'en ai la chair de poule.

Cet enfant que l'on me dit être le mien me répugne.

Intérieurement, je me cabre et m’enfuis à toute jambes.

Extérieurement je passe ma main dans cette boîte ou il est tenu enfermé, je lui parle, je trouve les mots et tente le ton pour masquer mon désespoir.

C'est le début de l'acte I scène 1.

Du grand art...

Enfin, c'est ce que j'essaie de me convaincre, même si certains ne sont pas dupes de ma supercherie.

Mon mental raisonne ainsi: Ok, je ne l'aime pas, il m'inspire plutôt du dégoût à vrai dire.

Mais j'ai pas le choix, je l'ai voulu, j'ai une responsabilité envers lui, tout le monde me regarde, il faut que je gère.

Je veux à tout prix partir de chez ma mère, c'est une question de vie ou de mort, je ne peux pas l'expliquer, c'est mon instinct de survie qui parle.

Et cet enfant est mon ticket de sortie de cette prison familiale.

Même si cela doit me mener à une autre prison, au moins celle-là, c'est moi qui la choisit, et je vais pouvoir contrôler plus de paramètres.

Bien sur ce que je vous explique là est la somme de plusieurs années de réflexion sur le sujet, bien sur que je ne pensais pas de cette manière quand j'ai vécu cela, je naviguais à vue, ou plutôt je me noyais, avec comme seul objectif, tâcher de garder la tête hors de l'eau, même si j'étais aussi celle qui m'appuyais sur la tête pour me faire couler.

C'était le début d'une lutte acharnée ou ma pire ennemi était moi.

Tout mes souvenirs de cette période sont flous, c'est comme une grande tempête, avec des vents à 300 kilomètres/heures, et une visibilité nulle.

Aussi je vais me perdre en la racontant, je vais laisser venir à moi les souvenirs dans le désordre sans doute, mais on s'en fout. Je n'écris pas ce soir je vomis...

 

Je suis dans notre appartement, obtenu après un mariage obligé pour être considéré comme majeure et que ma mère me laisse quitter son domicile, sans cela elle refusait que je parte, ne voulant pas être tenue responsable des éventuelles galères financières que je pourrais vivre.

Et la suite prouvera qu'elle a eu raison!

Le mariage fut une formalité, ma sœur m'a quand même trainé le matin même dans une boutique pour m'offrir une robe.

Parce que moi je me voyais bien y aller en jogging et gros sweater, tout pour cacher ce corps qui me dégoutait.

Bref, une fois toutes ces formalités accomplis, le foyer plus ou moins construit, je dois encore me plier à la surveillance de la pmi, protection maternelle et infantile, qui s'inquiète tant de mon jeune âge et de mon inexpérience de la parentalité.

Comme si à trente ans on était naturellement plus apte à être mère...

Cette surveillance à contribuer à me renfermer un peu plus sur moi-même et à camoufler d'autant plus la détresse dans laquelle j'étais. Détresse qui porte un nom, dépression post-partum, que j'ai appris bien plus tard.

Ça m'énerve, obligée d'écouter cette conne me dire comment je dois coucher mon fils, à cause de son problème de reflux gastro-œsophagien, il vomit quasiment tout ce qu'il ingurgite, et voilà que madame me dit comment le nourrir, comment l'habiller...

Elle passe son temps à critiquer ce que je fais, le fait que je fume, même si c'est dans la cuisine à la fenêtre, c'est tout de même mauvais pour mon enfant...gnagnagna...

Elle me gave, je sais ce que je fais, je passe mon temps à bouffer du magazine pour jeune maman, à regarder les émissions sur le sujet, à engranger toutes les informations possibles et imaginables pour être la mère parfaite. A défaut d'être la maman parfaite. Ou juste la maman tout court.

Car je fais bien une distinction entre les deux.

Je suis sa mère, sa génitrice, il est dépendant de moi, j'ai un devoir envers lui de le laver, l'habiller, le nourrir...Je suis incapable de l'aimer mais je vais au moins assurer sur le reste.

De toute manière je sais que je suis une mauvaise maman, ma belle-mère me le fait savoir à chaque regard scrutateur qu'elle pose sur moi, mon mari aussi, ma sœur qui vit avec nous aussi, tout le monde sais que je suis une mauvaise maman, alors je dois être une bonne mère.

Je ne peux parler à personne de ce que je ressens au fond de moi car je m'interdis moi-même de creuser le sujet.

Je me punis en cachette, après l'avoir fais payer à mon fils.

Car je lui en veux tellement!

Je le hais, de tout les pores de ma peau, il est l'unique responsable de ma souffrance, et en plus!

En plus je n'ai pas le droit de lui en vouloir car il n'a rien demandé!!!

Je suis prise dans le tourbillon infernal de la culpabilité.

Chaque jour j'avance un peu plus dans le dégout de moi-même.

Quand je suis seule avec lui, ce qui arrive souvent puisque ma sœur et mon mari travaillent, je me venge...

Quand il se met à pleurer sans raisons, enfin je devrais dire que j'estime qu'il n'a pas de raisons de le faire, il a mangé, il est propre, il n'a pas de rot coincé...rien qui puisse justifier à mes oreilles de tels vagissements insupportables!

Je le pourris.

Je lui hurle dessus plus fort que lui.

Je l'insulte de tout les noms, je le regarde avec le regard le plus haineux que je sois capable d'avoir, il m'arrive même de le frapper.

Oh, la première fois je l'ai pas vu venir moi-même.

Il hurlait et gigotait dans tous les sens sur la table à langer, je tentais de le rhabiller, entreprise difficile.

Et là dans ma tête ça fait tilt.

Mais tu vas fermer ta putain de gueule???

Mais putain de bordel de merde qu'est-ce que tu veux??? (je lui hurle dans les oreilles)

Ha tu pleures? Ha t'es pas content?

Ben tiens (une gifle) maintenant t'as une vraie raison de pleurer!

Oh mon dieu qu'est-ce que j'ai fais, mais c'est pas possible d'être une connasse pareille, pardon mon bébé excuse-moi (évidemment il hurle de toute la force possible de ses petits poumons, il devait avoir à peine 3 mois) pardon pardon pardon....

Et je pleure comme une madeleine, et vas-y que je me colle une baffe de toute mes forces pour me punir d'avoir pu faire une chose pareille à mon enfant, celui que je dois protéger, nourrir, choyer, élever...

Je suis la pire salope du monde.

Ça va se reproduire, encore et encore, je me maîtrise de moins en moins quand je suis seule avec lui, je me fais peur, il m'arrive de le tenir à bout de bras en imaginant le balancer par la fenêtre et moi à la suite, pour que finisse enfin ce calvaire...pour tout les deux.

J'ai quand même la seule présence d'esprit de ne jamais le secouer, quand je le frappe c'est toujours des claques sur la joue ou sur les fesses, ça ne doit surtout pas se remarquer.

Et je m'inflige toujours le double de ce que je lui fais.

Jusqu'à me taper la tête dans le mur, de toute ma puissance, de toute ma violence, ne m'arrêtant que lorsque je manque de m'évanouir.

A l'heure ou j'écris ces lignes, il me reste de la honte, de la culpabilité, envers cette personne que j'ai été.

Bien sur, j'ai eu des raisons d'agir ainsi, qui peuvent expliquer pourquoi mais je ne m'attarderais pas dessus, je ne cherche pas votre pitié, ni votre pardon, mais le mien.

Parce que je sais aujourd'hui que nous avons tous toutes les raisons du monde d'être qui nous sommes et de faire ce que nous faisons.

Parce que ce je veux aujourd'hui c'est une absolution de mes crimes.

Et ce n'est pas à vous que je le demande, c'est à moi que je me l'accorde.

Car je suis la pire juge pour mon cas sur cette terre, parce que j'ai été au bout de ma folie, jusqu'à vouloir m'ôter la vie d'avoir fais tout cela.

Le récit est mélo-dramatique, j'aurais voulu adoucir le ton, mais j'avoue que je ne trouve pas.

 

Bien sur, mon couple bat de l'aile, je me débarrasse le plus souvent possible de mon fils, pour le protéger, me protéger, je me sens coincée, je voudrais disparaître, partir à l'autre bout du monde, mais cette idée m'est aussi insupportable que de rester.

Finalement, à force de déconner financièrement, car si je mérite la palme d'or de la mauvaise maman, mon mari mérite celle de l'irresponsabilité financière, notre ménage coule.

Nous ne payons plus notre loyer depuis des mois, nous sommes menacés d’expulsion, je finis par prendre la décision la moins pire dont je suis capable.

Je fais mes bagages et je retourne chez ma mère. Mon mari fait de même chez la sienne.

Et je leur laisse mon fils.

Inconsciemment, je fais le meilleur choix possible, même si je vais me détester de ça pendant de nombreuses années encore.

J'abandonne mon fils.

Bien sur, je me justifie en me disant que je ne veux surtout pas qu'il soit contaminé par ma mère, que je place comme coupable de toute cette histoire, elle qui m'entraine dans son sillage de dépression.

Je me dis que ce n'est que provisoire, que c'est le temps que je retrouve un appartement, un travail mieux rémunéré que le baby-sitting que je fais, et qui couvre à peine mes dépenses de clopes et de cochonneries à bouffer.

Je navigue entre boulimie et anorexie.

Au début, je veux croire que l'histoire d'amour (d'égo) avec mon mari n'est pas fini, alors je le vois régulièrement, et avec lui mon fils.

Mais les relations avec mon mari se compliquent, il s'enferme toujours plus dans des mensonges improbables, tout en continuant de claquer le pognon qu'on a pas, il se décharge complètement sur sa mère, qui le rabaisse plus bas que terre pour le ramasser ensuite à la petite cuillère et se sentir encore indispensable pour son grand bébé de 26 ans.

Elle a récupéré le premier rôle auprès de mon fils, c'est elle la vraie maman.

Elle qui lui donnera tout l'amour que je n'ai pas à donner.

Elle qui l'habillera, le lavera, le chérira, le protégera...

Puisque j'en suis incapable.

Je la déteste pendant des années, l'accusant de m'avoir empêché de prendre ma place.

Mais ce n'est qu'un écran de fumée bien pratique pour me cacher.

La vérité est bien plus déplaisante.

Petit à petit je m'éloigne de mon enfant, inconsciemment toujours, car je continue de prétendre à vouloir m'en occuper.

Mais mon mari et ma belle-mère se dresse entre nous de plus en plus, et quelque part en moi ça m'arrange.

Je peux jouer la victime, celle qui subit.

Cela m'évite de voir le bourreau que je suis.

Bien sur le regard des autres me pèsent, je vois bien que je ne prends pas la direction que je devrais, mais je fais de mon mieux pour m'en sortir, en passant par les chemins les plus obscurs possibles.

Je m'étourdis dans les bras des hommes, je me laisse glisser sur la pente de l'auto-mutilation, des tentatives de suicides que je cache aux personnes les plus proches de moi, ceux qui s'en apercevront ne comprendront pas les appels aux secours.

Jusqu'au jour ou la pression est trop forte, je fais l'ultime connerie, poussé par les avis des autres, qui me disent que je dois récupérer mon fils, que ce n'est pas normal que l'on m'interdise de le voir ou de le prendre comme je le veux...tant que le divorce n'est pas prononcé nous sommes dans un flou juridique concernant la garde de l'enfant.

Je pars donc le chercher à l'école, avec une amie, il ne m'a pas vu depuis des mois, il pleure presque tout le trajet qui nous ramène chez ma mère et moi aussi je ne peux retenir mes larmes devant sa détresse, même si je justifie mon acte par la nécessité.

Arrivé là-bas il se calme, il retrouve ses cousins, sa mamie qu'il n'a pas vu depuis longtemps.

Mais le soir même son père débarque, rentre de force chez ma mère, on se bagarre, ma belle-mère en profite pour aller chercher notre enfant qui est couché, elle parvient à partir avec lui pendant que mon mari m'empêche de l'arrêter, je me débat comme une furie.

 

Quand je comprend que ça ne sert plus à rien, je m'effondre et mon mari s'enfuit sans demander son reste.

Le lendemain je vais au commissariat, déposer une plainte contre mon mari et sa mère.

Quand je rentre dans le bureau du flic chargé de prendre ma déposition, et que mon mari est là avec un mauvais sourire aux lèvres, je comprends que je n'ai aucune chance.

Je tente quand même d'expliquer l'histoire au flic mais celui-ci me coupe la parole et m'enchaine:

Non mais vous vous rendez compte de ce que vous avez fais? Vous êtes totalement irresponsable, vous enlevez votre fils à l'école, vous voulez lui interdire de voir son père alors que vous il ne vous connait même pas??? Vous êtes une gamine, une mauvaise mère, laissez-le tranquille maintenant, et si vous voulez vraiment faire les choses bien commencez par saisir un juge pour régler les questions de garde.

 

Ce flic qui ne me connait pas, qui a juste entendu ce que mon mari a pu lui raconter, me juge en criant presque, il refuse de prendre ma plainte et c'est tout juste s'il ne me fout pas dehors.

 

Je suis en larmes, je rentre chez ma mère à pieds, tout le trajet je me répète en boucle: il a raison, je suis pire que tout, même lui, cet inconnu, a tout de suite vu comme je suis une mauvaise maman...

 

Je m'assois dans une ruelle, à quelques mètres de chez ma mère, je pleure pendant des heures. Jusqu'à ce que je n'ai plus de larmes.

Puisque je suis si affreuse que ça, je ne mérite pas de vivre.

Je dois mourir, par tout les moyens.

C'est ma seule issue, je suis trop épuisée, je ne veux plus de cette vie, je ne comprends pas ce que je suis venue foutre ici...

Je rentre chez moi, je marche au radar, j'esquive ma mère et m'enferme dans ma chambre.

Je commence par le plus simple, j'ai une bouteille de whisky, plusieurs boites de cachet, même si ce ne sont que des dolipranes et des somnifères léger, j'avale environ 6 boites de médocs avec le litre d'alcool. Je complète le cocktail en me tailladant les veines des deux bras au cutter, dans le mauvais sens mais c'est juste parce que c'est plus facile, et puis ça pisse bien le sang quand même.

Je perds connaissance.

Je me réveille plusieurs heures après, je suis dans le brouillard total, je regarde le sang autour de moi, j'ai même vomi sur mon lit, c'est ignoble, je me lève comme une automate, dans ma tête une rengaine, "putain, même ça j'y arrive pas"...

J'ouvre ma fenêtre, je m'assois sur le rebord, dos au vide, et sans réfléchir plus je me laisse tomber en arrière.

C'est là qu'arrive la scène rigolote (ben oui il en faut une quand même) ma fenêtre se referme sur mon pied...

(putain, y a qu'une nana qui chausse du 45 à qui ça peut arriver un truc pareil)

 

Je me trouve stoppé net en pleine action, suspendue à 3 ou 4 mètres du sol retenue par une fenêtre récalcitrante...

J'avoue que sur le moment je ne saisis pas le comique de la situation, je pense juste (ha non merde alors, ça suffit maintenant!) et dans l'énergie du désespoir, je parviens à déboiter la fenêtre de son axe (un double vitrage quand même) et reprends ma chute ou je l'avais laissée...

J'atterris durement sur la grille qui protège les escaliers du parking.

Non seulement je suis encore vivante, mais je suis incapable de bouger, je peux à peine respirer, la douleur me vrille dans la poitrine, pendant quelques interminables minutes j'ai encore l'espoir que je vais mourir étouffée.

C'est vous dire dans quel état mental j'étais...

Quand je finis par comprendre que je suis toujours bien vivante, que je commence à me les peler, et que à tout moment quelqu'un peut m'apercevoir de chez lui (je suis quand même au milieu de plusieurs immeubles), que même ça pourrait être un gosse qui me voit, et que ça pourrait le traumatiser pour le restant de sa vie...

Bon là je me dis qu'il faut que j'arrête de déconner...

Et me voilà en train d'essayer d'appeler au secours, d'abord en murmurant, un peu comme Kate Winslet, sur le radeau après le naufrage du Titanic, vous savez, elle est tellement congelée que sa voix est inaudible...ben moi c'est la même, sauf que c'est plutôt parce que j'ai 2 ou 3 côtes pétées...

Quelqu'un finit par m'entendre, les pompiers débarquent, galèrent au moins une heure à me faire descendre de mon perchoir étant donné que la grille n'est pas configurée pour résister à mon poids plus celui d'un ou deux pompiers, bref c'est la merde, je pourrais en rire si j'avais pas si mal et si je me sentais pas aussi stupide...

Bon en fait j'en ris quand même, parce qu'il n'y a plus que ça à faire.

C'est ça ou me tuer mais j'ai déjà grillé mes chances pour ce jour-là...

Pour épiloguer cette histoire, il vous suffit de savoir que j'ai passé quelques temps en service psychiatrique, que le médecin qui m'a fait signer mon accord pour l'internement à eu la bonne idée de me dire ceci: Vu votre geste mademoiselle, pour moi vous avez deux solutions. Ce n'était pas un appel au secours, vous avez vraiment voulu mourir, alors, soit vous considérez que vous êtes morte ce soir, et vous vous accordez le droit à une nouvelle vie, soit vous recommencez dès que possible et vous ne vous raterez plus.

Comme vous vous en doutez j'ai choisi la première option...

 

Ceux qui me connaissent savent la suite de l'histoire, pour les autres, faudra attendre la prochaine crise...d'écriture terre-happy!

 

Maintenant je voudrais rapidement expliquer pourquoi je viens de vous raconter cette histoire.

La première raison est pour moi, comme je l'ai dis plus haut, le fait de l'écrire m'aide à me pardonner, à déterrer les derniers vestiges de ma culpabilité qui m'empêchent de progresser. Et il m'a fallu 10 ans pour acquérir suffisamment d'amour, de compréhension et de compassion pour moi-même pour arriver à accoucher de cette sordide histoire, qui n'est qu'un épisode de ma vie mais tout de même très important.

La deuxième raison qui m'a poussé à écrire cela et à le partager, de cette manière, crue, sans concessions, sans romancer non plus puisque tout ce que j'ai écris est véridique, enfin de mon point de vue et dans les grandes lignes...la deuxième raison donc, est que je sais que je ne suis pas la seule à avoir vécue ça. Certainement qu'il y en a d'autres qui le vivent en ce moment même...

On a beaucoup pu lire des récits d'enfants maltraités, d'enfances brisées...

Il me semblait que le récit du bourreau pouvait être intéressant aussi.

Je veux surtout partager le fait que, tant que je me suis tue, trop terrorisée à l'idée du regard que l'on porterait sur moi, sur mes actes, trop terrorisée à la simple idée de reconnaitre quel monstre j'avais pu être...tant que j'ai refusé de demander de l'aide je suis resté coincée.

Je crois que la première personne qui m'a aidé à changer de vision sur moi a été Eric-Emmanuel Shmitt, dans son livre "la part de l'autre", sur Hitler. A un moment donné il dit un truc du genre: Il ne faut pas diaboliser Adolf Hitler, car en faisant cela, on croit le punir, on croit justifier ses actes. Alors qu'en vérité on ne fait que se cacher à soi-même que l'on serait capable de commettre de telles atrocités nous aussi, nous ne sommes que des êtres humains.

Bon c'est pas tout à fait ça mais c'est ce que j'ai retenu...

Puis il y a eu mon petit loulou, avec sa maîtresse de CP qui répétait: on a le droit de se tromper, on a le devoir de se corriger.

 

Alors voilà, même si je ne pourrais jamais effacer ce que j'ai fais, j'ai le pouvoir de ne plus le reproduire, mais le seul chemin pour cela est de me pardonner. D'accepter d'avoir été imparfaite, de reconnaitre que tout bourreau est avant tout une victime, et que tant que l'on a pas soigné ses plaies, on ne fait que de les infliger aux autres même si c'est la dernière chose que l'on souhaite.

Si je n'avais pas pu un jour discuté de cela à des oreilles amies, qui ne m'ont pas jugé, qui m'ont accepté avec mes casseroles et aimé malgré ça ou peut-être même grâce à ça, au fait que j'assume mes failles et que j'essaie de faire de mon mieux, chaque jour qui passe.

Et je n'ai pas fini de m'améliorer...

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28 février 2015 6 28 /02 /février /2015 05:34

 

 

 

 

Par quoi commencer exactement?

Y a-t-il un début et une fin? Comme toute bonne histoire...

Je suis désolée, mais je crois que je vais devoir écrire un roman.

Hormis mes amis proches, vous ne serez pas en mesure de démêler le vrai du faux, le réel de l'onirique, le spirituel du pragmatique, le sérieux de l'enjoué, le fantasme du consommé...

Mais c'est aussi ainsi que c'est intéressant!

Passons cette intro, et entrons dans le vif du sujet!

Je suis aussi impatiente que vous l'êtes (du moins je l'espère! :) de connaître cette nouvelle aventure!

 

 

-Ma bichette, tu feras attention! Tu me tiendras au courant le plus souvent possible s'il te plait! Et tu prends plein de photos! Et...

-Et je dois m'amuser sans modération! M'en mettre plein la vue, jouir intensément de chaque instant! C'est promis ma bichette...Et je penserais à toi, à vous, et je reviendrais plus gonflée à bloc que jamais!

-...Oh lala que j'aimerais venir avec toi!

-Tu seras auprès de moi ma bichette, dans mes pensées...

 

Mon amie m'étreint de toute ses forces, nous sommes dans la file d'attente pour l'enregistrement, mon excitation est à son comble. Je vais m'envoler pour Hawaï!

Martine m'envoie un dernier baiser, elle remplie à merveille le rôle d'amie et de maman de cœur que je lui ai confié. C'est à elle en premier que j'ai pensé, pour garder mes enfants pendant ses deux semaines où j'ouvre une parenthèse à ma vie.

 

Dans cette file indienne de gens épuisés par l'heure matinale, je trépigne et stresse, de tous les pores de ma peau.

Et si quelque chose clochait?

Si mon passeport, mes bagages ou autres n'étaient pas en règle.

 

Je consomme toute mon énergie à faire taire ce mental qui angoisse et cherche à m'entrainer dans les méandres de la peur...de l'inconnu.

 

Enfin je suis la prochaine à passer le check-in, quand un homme portant l'insigne de United Airlines, la compagnie que je dois prendre, m'aborde.

-Bonjour, (son accent américain est très prononcé) puis-je vous demander quelle est votre destination?

-Bonjour, oui bien sur, je vais à Honolulu.

-Vous avez donc un transit à San Francisco c'est bien ça?

-Oui, oui, qu'y a-t-il? Un problème?

 

Mon mental se jette sur l'occasion, et en l'espace de 3 secondes, il a fait le tour de tous les scénarios catastrophiques possibles.

 

-Non, United Airlines souhaite vous proposer de prendre le vol suivant pour San Francisco, en raison d'un surbooking. En dédommagement nous vous offrons 400 dollars de chèques cadeaux à dépenser dans tous les hôtels et restaurants partenaires. Et bien sûr, nous nous chargerons d'assurer une liaison différente pour votre destination...

-C'est gentil mais...voyez-vous, c'est mon premier voyage aux États-Unis, et je préfèrerais suivre le plan prévu en fait.

 

Une femme derrière moi enchaîne de manière à peine aimable, avant même qu'il ait eu le temps de lui poser la question.

-Non non, merci mais je souhaite rentrer chez moi au plus vite.

Elle me fait un clin d’œil alors que l'homme remonte la file pour questionner les autres passagers.

-Je reviens de 3 semaines de vacances ici, c'était bien mais ma plage et mes vagues me manquent, m'informe-t-elle.

-Je comprends.

 

Je ne cherche pas à poursuivre la conversation, car cette femme ne m'inspire pas des masses.

Elle semble avoir dans la cinquantaine, mais avec le look d'une surfeuse qui n'a pas envie de vieillir. Blonde décolorée, lèvres douteusement gonflées...

Je fais un effort pour stopper le début de jugement qui pointe son nez dans mon esprit, et heureusement c'est enfin mon tour de m'enregistrer.

 

Tout se passe très bien, et vite.

Tant mieux car l'heure tourne, et j'ai à peine le temps de griller une dernière cigarette dans un fumoir embrumé, avant de foncer vers la porte d'embarquement.

La nouvelle file d'attente pour le passage de la sécurité me semble durer une éternité.

 

Alors je commence à bavarder avec les gens qui m'entourent. Tous ne prennent pas le même avion, et je fais la connaissance d'un couple de retraités qui vont voir leur fille à Cuba, où elle s'est installée. Nous réalisons que l'embarquement à déjà démarré, pour leur vol comme le mien, et de nouveau mon angoisse surgit. Je vais rater mon avion! Je me console en me disant qu'il me restera toujours l'option que je viens de décliner, mais mon être se révolte à cette idée! C'est celui-là que je dois prendre, je ne sais pas pourquoi mais je le sais.

 

45 interminables minutes s'écoulent, et je suis rassurée de découvrir mon vol retardé.

Enfin je m'affale sur mon siège, 32A côté hublot...comme j'aime.

Déjà je me mets à l'aise, je retire mes grosses chaussures de rando, en priant pour que je n'ai pas eu le temps de transpirer, et que je ne sois pas responsable d'une évacuation de l'appareil pour cause d'asphyxie générale...

Ouf! C'est bon!

 

Je me renverse sur mon siège et exhale un profond soupir.

Je plonge mon regard sur le tarmac, offrant ainsi une prise à mon mental. Il se fait un malin plaisir à me torturer, se tournant vers mes loulous que j'ai le sentiment d'abandonner.

 

Une voix me fait sursauter.

-Pfiuuuu, j'ai cru ne jamais y arriver!

Un jeune homme s'assoit à mes côtés. Le look un peu intello, portant chemise et lunettes, mais avec un visage sympathique.

Il me sourit, je lui souris...

Et moins de 3 minutes plus tard, nous voilà en train de discuter et de rire comme de vieux amis.

 

Évidemment je suis ravie! Quoi de mieux pour esquiver mon mental et mes angoisses, qu'une charmante compagnie?

 

Les quelques 12h écoulées avec lui, sont passées comme dans un rêve, et je suis surprise de découvrir San Francisco sous nos pieds.

 

Nous avons parlé, ri, échangé sur nos vies, regardé des films pourris, lui en anglais et moi en français, en essayant de caler les images de nos écrans. J'ai même dormi sur son épaule...

 

Il m'a expliqué qu'il était chercheur scientifique, qu'il venait passé une semaine à San Francisco pour le travail, et qu'il avait des colloques de prévus, au sujet de laser contrôlant la pollution ou quelque chose dans ce genre. J'ai aussi appris qu'il était marié et séparé, avec une russe dépressive et alcoolique de surcroit...

 

Il vient de Grenoble mais vit sur Paris, actuellement en colocation, car il a laissé son appartement à sa future ex-femme. Il a 36 ans, même s'il en fait 25, n'a pas d'enfants. Je comprends qu'il est surbooké dans son travail, car il est en train d'essayer de monter sa propre société.

 

Nos discussions furent à la fois légères et profondes, intimes et impudiques, sérieuses dans le comique.

 

A un moment donné, alors qu'il me parlait, je remarque dans son œil gauche, au milieu du marron, une tâche qui semble jaune et verte à la fois. Je ne sais pas pourquoi mais elle m'est familière. C'est amusant car nous venons juste de regarder un film sur le sujet, "I Origins", qui évoque la possibilité de reconnaitre une âme réincarnée grâce à sa pupille, la couleur et la forme de celle-ci étant chaque fois unique et ne pouvant se trouver à deux endroits différents sur la planète en même temps.

 

 

-C'est joli cette tâche dans ton œil, je ne peux m'empêcher de lui dire.

-De quoi? Ah oui, c'est drôle que tu l'ai vu, car peu de gens y font attention.

 

Je change rapidement de sujet car j'ai peur qu'il me prenne pour une dingue si je lui dis qu'elle ne m'est pas inconnue. Et puis je ne veux pas qu'il pense que je le drague, surtout avec un truc aussi banale que : On ne se serait pas déjà rencontré dans une autre vie?

 

D'ailleurs, je n'ai pas l'impression qu'il y ait de la séduction entre nous, c'est juste que tout semble si naturel!

 

Descendu de l'avion, avant de se quitter, nous échangeons nos numéros, en toute amitié.

 

Je lui colle deux bises un peu rapides, car je veux avoir le temps de m'en griller une avant de sauter dans mon deuxième avion, qui m’emmènera à Honolulu.

 

Je le quitte sans me retourner, déjà toute entière absorbée par la suite de mon aventure...

A la recherche de moi-m'aime.
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Published by Cecyle - dans Récit de voyage
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28 février 2015 6 28 /02 /février /2015 05:26

 

 

 

 

Exactly where to start?

Will it have a beginning and an end? Like any good story ...

I'm sorry, but I think I'm going to write a novel.

Apart from my close friends, you will not be able to disentangle the true from the false, the real from the dream, the spiritual from the pragmatic, the seriousness of the playful, fantasy of the consumed ...


But it's also how interesting!

Let this intro and enter the heart of the matter!

 



-My Darling, you shall be careful! You shall stand at me as often as possible current please! And you take lots of pictures! And ...

-And I have fun without moderation! Me eyeful, intensely enjoy every moment! I promise my darling ... And I think of you, and my children, and I would more fired up than ever!

-... Oh lala I'd go with you!

- You will be with me my darling, my thoughts ...

My friend hugged me with all her might, we are in the queue for the record, my excitement was at its height. I'm flying to Hawaii!
 


Martine sends me one last kiss, she filled perfectly the role of friend and heart mom that I told her. It is her first I thought, to keep my kids for two weeks I digress to my life.

In the Indian line of people exhausted by the early hour, I prances and stress, from every pore of my skin.

And if something was wrong?

If my passport, my luggage or other were not in order?

I consume all my energy to silence this mental anguish and who seeks to lead me through the maze of fear of the unknown ....



Finally I go to the next check-in, when a man wearing the insignia of United Airlines, the company that I have to take up to me.

- Hello, (his American accent is very pronounced) can I ask you what is your destination?

- Hello, yes of course, I go to Honolulu.

- So you have a transit in San Francisco is that right?

- Yes, yes, why? A problem?

My mind jumps at the chance, and within 3 seconds, he made the rounds of all the possible catastrophic scenarios.

 

- No, United Airlines would like to propose you to take the next flight to San Francisco, due to overbooking. In compensation we offer you $ 400 gift voucher to spend in all hostels and restaurants partners. And of course, we will take care to ensure a different connection to your destination ...

- Well, that's nice ... but you see, this is my first trip to the United States, and I'd rather keep actually planned.

A woman behind me just connects so lovable, even before he had time to ask her.

- No, no, thank you but I want to go home quickly.

She makes me a nod as the man back in line to ask other passengers.

 

- I just returned from a 3 week holiday here, it was good but my beach and my waves I miss me, she informs.

- I understand.

I do not try to continue the conversation, for she does not inspire me confidence.

She seems to have in her fifties, but with the look of a surfer who does not want to grow old. Blonde discolored, swollen lips doubtfully ...

I make an effort to stop the early judgment shows its face in my mind, and fortunately it's finally my turn to register.

Everything is going very well, and quickly.

 

Good because the clock is ticking, and I barely have time to smoke a last cigarette in a smoking room, before rushing to the gate.

The new queue for passing security seems like an eternity.

So I start chatting with people around me. Not all take the same plane, and I met a retired couple who go to see their daughter in Cuba, where she is installed. We realize that boarding already started, for their flight as mine, and again my anxiety arises. I'll miss my plane! I console myself with the thought that I will always be the option that I have to decline but my being revolts at the idea! This is the one I have to take, I do not know why but I do.

 

45 endless minutes passed, and I am reassured to discover my delayed flight.

Finally, I slumped in my seat, 32 A side window ... as I like.

Already I put me at ease, I withdraw my big hiking boots, praying that I did not have time to sweat, and I am not responsible for evacuation of the aircraft because of General asphyxiation ...

Phew! This is good!

I spill my seat and exhaled a deep sigh.

 

 

I immerse my gaze on the tarmac, providing my mind made. There is pleasure in torturing me, turning to my children that I feel abandoned.

A voice startled me.

-Pfiuuuu I thought would never happen!

A young man sits down next to me. The look a bit highbrow, wearing shirt and glasses, but with a friendly face.

He smiled at me, I smile too ...

And less than 3 minutes later, here we are talking and laughing like old friends.

Obviously I'm thrilled! What better way to dodge my mind and my anguish, a good company?

The few 12 hours passed with him, rose like a dream, and I am surprised to discover San Francisco under our feet.

We talked, laughed, exchanged our lives, looked rotten films him in English and I in French, trying to synchronize pictures of our screens. I even slept on his shoulder ...

 

 

He explained that he was a research scientist, he had just spent a week in San Francisco for work, and had planned symposia on the subject of laser controlling pollution or something like that. I also learned that he was married and separated with a depressive and alcoholic Russian ADDITION ...

He comes from Grenoble but lives in Paris, currently co-location, as he left his apartment to his future ex-wife. He is 36 years old, even if he makes 25, has no children. I understand he is overbooked in his work because he is trying to start his own company

 

 

Our discussions were both light and deep, intimate and sexually immoral and serious in the comic.

At one point, while he was talking to me, I notice in his left eye in the middle of brown, a task that appears yellow and green at a time. I do not know why but it is familiar to me. It's fun because we just watch a movie on the subject, "I Origins." This film raises the possibility of recognizing a reincarnated soul through his ward, color and shape of the latter being every single time and can not be in two different places on the planet at the same time.

 

 

- It's nice that task in your eye, I can not resist saying it.

- What? Ah yes, it's funny that you've seen, because few people pay attention to this detail.

I quickly changed the subject because I'm afraid he takes me for a crazy if I tell him that it is not unknown to me. And I do not want him to think I want to seduce him, especially with something as mundane as: if we would not have met in another life?

 

Besides, I do not feel that there is seduction of us, it's just that everything seems so natural!

Off the plane, before leaving, we exchange numbers, in friendship.

I stick him two kisses a little faster because I want to have time to grill me a cigarette before jumping into my second plane that will take me to Honolulu.

I leave without looking back, already absorbed by the whole course of my adventure ...

 

 

 

Seeking love me-me.
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Published by Cecyle - dans Travelogue
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12 janvier 2015 1 12 /01 /janvier /2015 01:26
Aimer, rien de plus subtil

 

 

 

J'ai cru voir le spleen incrusté sur mes lèvres

Un vernis incolore sur mes rêves

La douceur du malheur

Mensonge de première heure

Qui s'achève

 

J'ai cru que l'amour était une maladie

Et j'ai choisi de mourir pour lui

La vie m'a rattrapé

Et sans aucune pitié

M'a appris

 

 

Je veux aimer comme une imbécile

Enfin marcher sans béquille

Jouir de ma vie indélébile

Je veux vivre un vrai conte de fille

Ne plus jamais mouiller mes cils

Avoir sans peine le rire facile

 

 

J'ai cru étreindre le jour dans ma nuit

Juste parce que c'était lui

Marchant dans l'hombre

J'ai perdu le nombre

Et l'envie

 

J'ai cru me noyer dans ma souffrance

J'ai juste apprivoisé la différence

Créant ainsi une force

J'épaissis l'écorce

D'innocence

 

Je veux aimer comme une imbécile

Enfin marcher sans béquille

Jouir de ma vie indélébile

Je veux vivre un vrai conte de fille

Ne plus jamais mouiller mes cils

Avoir sans peine le rire facile

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Cecyle - dans amour
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7 janvier 2015 3 07 /01 /janvier /2015 07:18

 

 

 

Je mis quelques instants à revenir de ma surprise.

C'était bien toi, et la scène qui venait de se produire ne sortait pas tout droit de mon imagination.

 

-J'ai reconnu tes chaussures à leurs pointures, m'informes-tu à voix basse, avec une mine de conspirateur. Et si on allait continuer ce conte de fée ailleurs?

 

Tu me lances un clin d’œil et sans me laisser le temps de te répondre, tu fais le tour du bar pour prendre ta veste.

 

Tu reviens ensuite me prendre le bras gentiment pour me faire descendre de mon perchoir sur lequel je semble scotché.

 

Un monsieur en costume, à la mine renfrognée, interrompt la scène en te hélant:

-Tu vas ou comme ça Aksel? Tu n'as pas finis ton travail!

-Si si m'sieur, pour ce soir ce sera tout! Le sauvetage d'une princesse en déroute est prioritaire à toute autre chose!

-Qu'est-ce tu racontes? Tu te remets au boulot immédiatement! Je n'aime pas ce genre de plaisanterie!

 

A ces mots, je sors enfin de ma torpeur et te murmures: Je peux attendre la fin de ton service tu sais? Ce serait bête que tu perdes ton job à cause de moi!

-Comment ça à cause de toi? Tu veux dire grâce à toi!

 

Puis, tu te tournes vers celui qui semble être ton futur ex-patron et lui lance:

-Désolé mais ce sera sans moi! Soit ça vous convient et je vous dis à demain, soit ...non en fait il n'y a pas d'autres options disponibles!

Et sans lui laisser le temps de réagir, nous quittons le restaurant en riant.

Nous marchons quelques mètres en silence, ne sachant plus trop quoi se dire, sans doute intimidé par cette surprenante aventure, qui n'en finit plus de rebondir.

Soudain, tu m'entraîne dans une petite rue, me plaque contre le mur avec douceur mais fermement. Tes lèvres rencontrent enfin les miennes.

Ce baiser m'a semblé duré une seconde et une éternité à la fois, le temps s'est arrêté, mon cœur a sauté un battement...

J'ai tout de même réussi à penser: C'est trop beau pour durer...

Et ça n'a pas loupé...

Il a bien fallu desserrer notre étreinte...

 

 

J'aurais aimé terminer cette histoire sur une belle note, un Happy End, vous dire que depuis ce moment magique, nos mains s'étaient soudés et que nos pas s'étaient accordés pour prendre le même chemin...

Je pourrais aussi vous conter, de nouvelles péripéties, des difficultés à marier nos vies, des embûches sur notre route, peut-être même une chute...

Qu'en pensez-vous chers lecteurs et lectrices?

Je me suis assise devant mon ordinateur ce matin, pour vous raconter la suite de cette histoire qui pourrait être la mienne.

Mais voilà que je me trouve devant un dilemme.

Pas facile d'éclairer un trou noir, de remplir une épuisette de vérité liquide ou même de mensonges ensablés.

Je dois vous avouer cependant, l'idée qui m'a traversée.

Dans cette histoire comme souvent, j'ai placé la quête de l'amour, de la moitié perdue, au centre des évènements.

Mais...

Tout ceci est du vent.

Durant ces quelques mois sans écrire, je me suis confrontée à cette partie de moi, qui croit que l'accomplissement viendra d'entre les bras de ce bel inconnu, quel qu'il soit.

J'ai fais quelques rencontres, mais aucune ne m'a enflammée.

Des histoires, je sais m'en raconter, je tâche aussi de les partager, mais celle-ci pour l'instant me mène à une impasse.

Mon imagination s'arrête aux frontières de mes connaissances.

Et je suis loin d'être un puits de sciences!

Je me suis si souvent abreuver aux fables de mon enfance, et je ne veux surtout pas blesser cette histoire en souffrance...

 

Alors

Je

Ne

Ferme

Pas

Les

Yeux

Sur

Mon

Ignorance.

 

Bien au contraire, je joue le jeu et ouvre grands mes yeux pour ne rien louper de cette aventure qui est la mienne. Vivre ma vie, en amour libre avec moi-même.

 

C'est pourquoi...l'histoire s'arrête la.

 

 

 

Je publie ce dernier texte, puis mets mon ordinateur en veille prolongée.

 

Je m'étale de tout mon long sur le lit en poussant un profond soupir.

Tu viens te coller à moi.

Juste à sentir ton souffle sur ma joue, je sais que tu m'observe et attends que je réagisse.

Quelques minutes s'écoulent ainsi, ce silence nous rapproche encore un peu plus.

Tu craques le premier:

-Et alors?

-Alors quoi?

-Oh allez!

-Mais allez quoi?

-Tu vas pas nous laisser en plan comme ça?

-C'est qu'une histoire!

-C'est notre histoire!

 

-Non non non, c'est la mienne! Et pis d'abord je fais ce que je veux!

 

-Non mais arrête quoi! T'as mis des mois avant de la continuer, tout ça pour nous pondre une fin aussi affamante! Tu peux pas nous faire ça! Ce serait comme...comme...je sais pas moi, c'est presque comme si tu me plaquais!

 

-Mais tu délires! Tu vas pas me dire que tu compares notre relation à ce que j'écris! C'est de la pure fiction! A peine inspirée de faits réels!

 

-T'as beau jeu de dire ça maintenant, toi qui répètes sans cesse qu'on crée ce que l'on vit, que nos pensées dirigent nos paroles puis nos actes et enfin nos vies! Si tu ne sais pas terminer les histoires que tu écris, ou au moins leur laisser l'espoir qu'elles nous survivent, alors ça ne m'étonne pas que ta vie ressemble à ces esquisses...inachevée!

 

Je me redresse d'un bond, furieuse et te repousse sans ménagement.

-Non mais pour qui tu te prends? Tu crois que tu peux te permettre d'atterrir dans ma vie comme une fleur, sorti de je ne sais quel jardin d'éden, et prétendre me montrer la route du paradis!

 

Je quitte la chambre avec fracas. J'enfile ma veste, prends mes fichus chaussures de pouf-princesse, qui n'auraient jamais dû quitter leur boite, et claque la porte de son appartement.

 

Et c'est à ce moment-là bien sur, que je réalise que j'ai laissé mon sac contenant mes clés,entre autres, à l'intérieur.

Je n'ai même pas pris mes clopes. C'est dire si je suis énervée!

Je fulmine en faisant les cent pas devant sa porte, je ne sonnerai pas, il en est hors de question, mais je ne peux pas non plus partir.

Je finis par me laisser glisser par terre.

Assise contre le mur, je tente de retrouver mon calme en mon concentrant sur ma respiration.Au bout de quelques minutes je ne sais même plus pourquoi je me suis mise dans cet état.

C'est le moment qu'Aksel choisit pour entr’ouvrir la porte timidement.

Il brandit ce qui ressemble à un mouchoir blanc.

-Je viens en paix, chuchote-t-il d'un air contrit.

 

Je ne peux pas m'empêcher d'éclater de rire.

Il me tend la main, pour m'aider à me relever, et nous rentrons dans l'appart' en gloussant comme des gosses.

Faut dire que depuis 6 mois qu'on s'entraîne, on est devenu performant à ce petit jeu.

C'est une espèce de sas de décompression, chacun son tour on tape notre esclandre, pour mieux en rire et se retrouver.

Pas facile de faire co-exister deux personnalités aussi éprises de liberté.

Autour d'un thé tu embrayes de nouveau sur le roman.

-Tu veux pas au moins raconter comme on s'est retrouvé à Hawaï, après cette première nuit ensemble? Quand tu m'avais laissé en plan au petit matin, avec un petit mot qui disait: C'était chouette, merci pour tout, je te souhaite un beau chemin... Si t'avais vu ma tête en lisant ça! J'avais l'impression que je venais de rencontrer mon double maléfique!

-Est-ce que tu crois que ça va intéresser les lecteurs? Ça ne passera jamais! On tombe dans le pur roman à l'eau de rose, le truc dégoulinant comme je déteste! C'est pas crédible cette histoire, comment imaginer que tu te rendes à l'autre bout de la planète pour me retrouver? Alors que tu me connaissais à peine et que j'avais tout fais pour te décourager?

-Et que si c'était à refaire même pas j'hésiterai?

-Chiche!

-Ah non, la prochaine fois c'est ton tour d'être le chat.

-Haha, ok, tu pars, n'importe ou, mais tu me laisses quand même quelques indices!

-Parfait, mais promets-moi que tu vas me chercher.

 

Je me jette à ton coup en criant: Trouvé!

 

 

 

 

 

 

Un peu de nous?
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11 décembre 2014 4 11 /12 /décembre /2014 01:12

 

 

 

Je suis désolée

 

Si je ne réponds pas à tes attentes, à tes espoirs, à tes désirs

 

Je suis désolée

 

Si tu te sens blessée, trahie ou humiliée, faible ou méprisée

 

Je suis désolée

 

De ne pas toujours te satisfaire, de parfois te taire ou pire de ne pas t'écouter

 

Je suis désolée

 

Pour toutes ces fois ou je t'ai détestée, négligée, harcelée

 

Je suis désolée

 

Car je sais que je recommencerai

 

 

 

S'il te plaît pardonne-moi

 

Je fais de mon mieux pour m'améliorer

 

S'il te plaît pardonne-moi

 

Car c'est ensemble qu'on peut avancer

 

S'il te plaît pardonne-moi

 

C'est ainsi qu'on apprend

 

S'il te plaît pardonne-moi

 

Car je sais que tu me comprends

 

S'il te plaît pardonne-moi

 

Même quand tu m'en veux

 

S'il te plaît pardonne-moi

 

Ça fait partie du jeu

 

 

Je t'aime

 

Envers et contre tout, et surtout contre moi

 

Je t'aime

 

Avec tes travers et même ta mauvaise foi

 

Je t'aime

 

Les jours de colères, les jours de nuit, les jours sans joie

 

Je t'aime

 

Et pourquoi plaire si ce n'est d'abord à toi

 

Je t'aime

 

Quoi qu'il arrive et même s'il n'arrive pas

 

Je t'aime

 

De plus en plus, de mieux en mieux, du cœur au corps

 

Je t'aime

 

Pourquoi le nier, à raisons comme à torts

 

Je t'aime

 

C'est un mystère que je veux percer mais sans combat

 

Je t'aime

 

Car de toute les manières, celle que je préfère c'est toi

 

 

Merci

 

De me supporter, vaillamment et sans faillir

 

Merci

 

Même si souvent j'ai pas les mots pour le dire

 

Merci

 

De ton soutien, de ta loyauté exemplaire

 

Merci

 

D'entretenir ta part de mystère

 

Merci

 

Des lendemains, de l'aujourd'hui, de ton sourire

 

Merci

 

Et même de rien, juste pour le plaisir...

 

 

Cecyle

 

Chère moi,
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Published by Cecyle - dans amour sourire
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22 octobre 2014 3 22 /10 /octobre /2014 02:47

 

 

 

Je suis dans mon appartement, je discute calmement, posément, avec celui qui pendant 3 longues année me fit vivre un calvaire.

Il est avec une jeune femme, qui l'a visiblement convaincu de venir ici. Un copain est à mes côtés et je me sens protégée.

Nous discutons de notre enfant, je lui apprends comme il a grandit, qu'il est en CE1, que tout va bien à l'école, et à côté aussi, c'est un petit garçon plein de joie de vivre, épanoui, mais à qui il manque un personnage essentiel dans sa vie...Son père.

 

Je guette les réactions de cet homme qui a partagé ma vie, que j'ai cru connaitre et qui, du jour au lendemain, m'a fais basculer dans un cauchemar. Je me demande, ce n'est pas à ce moment-là qu'il pète un plomb? Ce n'est pas là qu'il me dit que tout est de ma faute, que je suis la pire des connasses? Ce n'est pas là qu'il se lève et me tape dessus, comme si j'étais un punching ball et que ma seule fonction vitale était de le défouler?

Non.

Il ne bronche pas.

Il reste stoïque, mais je sens qu'il bout intérieurement.

Je me méprend. Peut-être a-t-il appris à discipliné ses émotions? A ne plus se laissé dominer par elles?

La jeune femme demande: Son papa lui manque?

Et moi j'embraye: Bien sur qu'il lui manque! Il lui manque un homme fort qui assume ses faiblesses. Il lui manque un confident quand maman déconne ou est la source du problème. Il lui manque un modèle qui lui montre la voie. Il lui manque des bras musclés et poilus qui chasse ses chagrins en l'enlaçant tendrement. Il lui manque le regard bienveillant posés sur ses pas, celui qui ne le juge pas mais l'accompagne sans lui barrer la route. Il lui manque tellement de toi. Bien sur j'essaie de combler les trous, comme je peux. J'ai tenté de trouver des remplaçants mais rien à faire, ils assurent un moment puis taillent la route et adieu.

Assis en face de moi, sur un fauteuil il fuit mon regard. Il semble tout petit, un petit garçon que sa mère serait en train de gronder.

Je me rends compte que je parle avec un peu trop de véhémence.

Je baisse d'un ton et change un peu de sujet.

Je lui demande comment vont les chiens, ils sont là près de nous, ils ont vieillis, comme nous, mais sur eux ça se voit plus.

Il me répond qu'il vont bien, oh bien sur ils trainent la patte, ne sont plus aussi fringants que dans le temps, Pista est presque aveugle et Chucky presque sourd. Il en profite pour placer une pique contre moi, insistant comme, heureusement, il a eu la merveilleuse idée de le récupérer après que je l'ai donné à un fermier.

J'encaisse le coup bas, je ne veux surtout pas rentrer dans le jeu des reproches.

D'ailleurs j'enchaine. Je lui répète combien notre enfant le réclame. Combien lui aussi a besoin de lui. Je le flatte comme je peux. Je lui dis qu'avant ses conneries, il était un excellent père, soucieux du bien-être de son enfant, qui savait prendre du temps pour lui, pour jouer, pour le câliner...

Je sens qu'en face de moi, imperceptiblement, il se referme. Mon copain prend alors le relais, il lui dis comme sa place auprès de son fils est préservé, qu'il ne tient qu'à lui de la reprendre. Il lui dis qu'il a de la chance, car d'autres mères n'auraient eu aucun scrupule à le descendre plus bas que terre, ce que je n 'ai jamais fais.

C'est alors qu'il se lève, en colère, subitement, sa copine tente de le faire se rassoir, d'ailleurs elle surenchérit sur ce que nous venons de dire, lui disant: Tu vois? Tu peux reprendre ton rôle de papa, il n'attend que ça!

Mais non, la trêve est finie, il prend ses chiens et gagne la sortie.

Sa copine le suit et mon ami aussi.

Il tente encore une fois de le raisonner, je les entends négocier sur le palier.

C'est alors que tout bascule.

Je le sens, je le sais.

Ma porte d'entrée s'est refermée derrière eux mais elle est vitrée sur toute la moitié supérieure et je vois mon ex au travers.

Son regard est rempli de haine et son sourire ressemble plus à une grimace. Une peur panique s'empare de moi.

Sa copine a également changé de comportement et même de faciès.

Elle qui tout à l'heure exprimait la douceur, se met maintenant à ricaner méchamment.

Ils restent tout deux devant la porte, à échanger des messes basses avec des mines de conspirateurs.

Je comprends que ça ne va pas en rester là.

Ils montrent à plusieurs reprises mon appartement du doigt, et ils passent des coups de téléphone, les bribes de conversations qui me parviennent, me laissent entendre qu'ils projettent de rentrer chez moi, de me défoncer la figure et de voler tout ce qu'ils peuvent.

Je perds pied, je commence à éteindre tout les appareils électriques qui fonctionnent dans la pièce principale, et je réalise à ce moment que j'ai au moins ou 4 ou 5 chaînes Hi-fi, sans pouvoir me l'expliquer. Peu importe, je les fais taire les unes après les autres.

Je me dis aussi qu'il faudrait que je ferme la porte à clé, mais je n'ose pas tant qu'ils sont devant.

A un moment il s'éloignent un peu, et je vois que c'est à cause de mon voisin qui rentre chez lui. Je vais pour en profiter et me boucler à double-tour mais quelque chose m'arrête net. Je vois mon fils, en bas des marches, qui discute avec son père. Il est souriant, ravi de le revoir après tout ce temps. Il montent ensemble les escaliers et entre dans mon appartement.

Une fraction de seconde j'espère que tout est réglé, que le père de mon fils, par sa présence, va se calmer. Mais il n'en est rien.

Mon fils me lance: Regarde qui est là maman!

Son père lui répond, t'inquiète, on s'est déjà vu, mais j'en avais pas fini avec ta salope de mère.

Notre fils rigole un peu, surpris d'entendre pareille grossièreté dans la bouche de son géniteur.

L'homme s'avance vers moi, menaçant.

J'ai tout juste le réflexe d'attraper une chaise, que je met devant moi en bouclier, et je dis d'une voix sourde à mon fils: Monte dans ta chambre, tout de suite!

Mon ex s'avance encore, mais mon fils m'obéit sur le champ.

Je lève la chaise au-dessus de ma tête, et contre toute attente, je m'avance, rageuse, avec l'énergie de celle qui se moque de la peur, qui choisit de la transformer en colère protectrice.

Il hésite un peu, recule en riant pour se donner une contenance.

Je parviens à le repousser jusqu'au sommet des marches, et grâce à cela, je lui claque la porte au nez et ferme tout les verrous possibles.

Ses yeux lancent des éclairs de haine et je sais qu'il ne va pas en rester là.

Je me rue sur le téléphone, compose le numéro de la police et m’agrippe au combiné en attendant une réponse, tout en surveillant les mouvements de l'extérieur.

Une femme me répond, me dit qu'elle est désolée mais qu'actuellement toute les patrouilles sont en service, que peut-elle faire pour moi?

Affolée, je parviens au prix de gros efforts à maîtriser ma voix chevrotante et à articuler de manière audible: S'il vous plait, je suis au 6 rue des ajoncs, à saint nazaire, mon ex est devant ma porte, il cherche à rentrer chez moi pour m'agresser, il a déjà été condamné pour violence contre moi, et il a fait de la prison pour ça. S'il vous plait, il faut que quelqu'un vienne au plus vite.

Pendant ce temps il me regarde à travers la vitre et se moque de moi, me fait des gestes obscènes, esquisse même des pas de danse, comme si tout cela l'amusait au plus haut point.

La secrétaire me répond gentiment, tente de me calmer.

Je vois mon ex faire demi-tour, descendre les marches à toute allure.

Il monte dans une voiture qui vient d'arriver, fait hurler le moteur et entreprend de défoncer le portail extérieur avant de commencer à gravir les marches.

Mon fils descend me rejoindre, apeuré, nous traversons la salle du côté opposé, sortons côté jardin et refermons soigneusement derrière nous, conscient que ces deux pauvres portes vitrés sont de bien maigres remparts entre nous et ce taré.

J'entends un déclic au téléphone et on me met en relation avec une patrouille, la femme qui me parle maintenant me dit que tout va bien, qu'ils sont en route et ne devraient plus tarder, elle me demande de répéter la raison de mon appel et le lieu ou je suis.

C'est alors que je vois la voiture de mon ex surgir dans le salon, démolissant tout sur son passage.

Le chaos total, des pans de murs chutent de tout les côtés, je m'entends hurler, un son inhumain sort de ma bouche et j'ai du mal à l'arrêter.

Je colle ma bouche au combiné, tout à coup persuadé de m'être trompé dans l'adresse que je leur ai donné...

Je suis plongé dans le noir et murmure: Allo madame?

J'ouvre alors les yeux, il fait nuit, j'entends ma respiration saccadée, je réalise que je suis dans mon lit, chez mon amie à Avignon. Ce n'était qu'un cauchemar et pourtant je répète: Allo madame?

Il est 03h30 du matin.

 

Le retour de celui dont on ne dis pas le nom
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Bernard Werber

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